Extension Factory Builder
26/04/2013 à 12:31
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Numéro deux de la Séléka, Noureddine Adam est l'un des tombeurs de Bozizé. Numéro deux de la Séléka, Noureddine Adam est l'un des tombeurs de Bozizé. © Vincent Fournier/J.A.

Ministre d'État chargé de la Sécurité, le nordiste Noureddine Adam paraît le seul à pouvoir garder un tant soit peu le contrôle de la situation dans une Centrafrique en proie à l'anarchie et aux pillages.

Si tant est qu'une coalition d'ex-rebelles, qui éprouve manifestement les pires difficultés à mettre un terme à l'anarchie un mois après s'être emparée du pouvoir, puisse avoir un homme fort, Noureddine Adam, 43 ans, est celui-là. Parmi les colonels et généraux autoproclamés qui ont mis en déroute François Bozizé et ce qui restait de l'armée centrafricaine, il est le plus ancien dans le grade le plus élevé, et sans doute le plus fiable. À l'hôtel Ledger où il a pris ses quartiers, aux côtés du nouveau président Michel Djotodia, le portable du ministre d'État chargé de la Sécurité et de l'Ordre public ne cesse de sonner. À l'autre bout du fil, les appels angoissés d'opérateurs économiques, d'ONG ou d'expatriés qui tous sollicitent son intervention pour sécuriser leurs biens menacés par les pillards. Autant dire que, depuis le 24 mars, cet homme rugueux et taiseux ne chôme guère.

Contrairement à la rumeur, qui voit en lui un Tchadien, Noureddine Adam est un Centrafricain, de ce Nord-Est longtemps oublié, là où il est souvent difficile de démêler un habitant de la Vakaga d'un originaire du Salamat. Nordiste d'ethnie rounga, né à Ndélé et musulman (son père a été l'iman du quartier Miskine à Bangui), donc doublement minoritaire, il opte très tôt pour l'expatriation. Au Soudan tout d'abord, puis en Égypte, où il intègre l'Académie de police du Caire dont il sortira diplômé au milieu des années 1990.

Noureddine Adam ne s'étend guère sur ses quatorze mois de formation d'élite au sein des forces spéciales israéliennes.

Suit alors un épisode étrange sur lequel Noureddine Adam ne s'étend guère : quatorze mois de formation d'élite au sein des forces spéciales israéliennes. Un label de professionnalisme qui lui permet d'être recruté en 2003 au sein de la protection rapprochée de Cheikh Zayed à Abou Dhabi. En 2007, il démissionne et installe à son compte une petite société de sécurité à Sharjah, toujours aux Émirats. Puis c'est l'appel du pays : de retour dans le nord de la Centrafrique via le Tchad, Adam rejoint fin 2009 la Convention des patriotes pour la justice et la paix (CPJP), un mouvement politico-militaire alors dirigé par Charles Massi.

Allégeances

Pendant trois ans, Noureddine Adam passe le plus clair de son temps entre le maquis et le Tchad où il connaît des fortunes diverses, un moment arrêté pour connivences supposées avec les rebelles qui combattent Idriss Déby Itno, puis soutenu au point de passer bientôt pour « l'homme de N'Djamena ». On le voit rarement à Bangui, où François Bozizé, qui n'est jamais parvenu à le « retourner », se méfie de lui. Numéro deux de la Séléka dès sa création en août 2012, il est l'un des signataires des accords de paix de Libreville de janvier 2013 avec le grade de général trois étoiles, sans cacher pour autant ses allégeances : c'est de N'Djamena qu'il débarque dans la capitale gabonaise pour participer aux pourparlers et c'est à N'Djamena qu'il s'en retourne, une fois ceux-là conclus. Début mars, ses troupes sont les premières à violer le cessez-le-feu en s'emparant de Sido, à la frontière tchadienne, puis de Bangassou. La suite est connue : feignant de négocier, Adam regagne Bangui mais roule tout le monde dans la farine avant de réapparaître à Sibut, d'où il déclenche l'offensive finale.

Depuis, cet arabisant au français heurté et qui ne se sépare jamais de sa canne de commandement s'efforce avec peine de ramener un semblant d'ordre. Celui qui dit être entré en rébellion pour lutter contre « les inégalités et les injustices » dont seraient victimes les Centrafricains du Nord fait déjà l'objet de bien des spéculations. En cause : ses relations distantes avec le président autoproclamé Michel Djotodia, à peine installé et déjà mal vu à N'Djamena...

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Réagir à cet article

AUTRES

Daniel Ona Ondo : 'L'économie du Gabon est assez solide pour résister au choc pétrolier'

Daniel Ona Ondo : "L'économie du Gabon est assez solide pour résister au choc pétrolier"

Nouveau mode de gestion, réduction des dépenses dans certains secteurs, diversification des modalités de financement des chantiers... Le Premier ministre explique les choix de l'exécutif. Et[...]

Algérie : sexisme et misogynie à l'Assemblée contre la réforme du code de la famille

Le député algérien Mohamed Daoui (islamiste) a déclaré mardi devant l’Assemblée populaire nationale (APN) que les Algériennes "étaient responsables des violences q[...]

Le Liberia annonce ne plus avoir aucun malade d'Ebola dans ses centres de traitement

Le gouvernement du Liberia a annoncé jeudi ne plus avoir de malades d'Ebola sous traitement dans ses centres de soin. Mais le pays n'est pas encore à l'abri d'une reprise de l'épidémie.[...]

Caricatures : Ali 9, roi du Gabon, adoube Pahé

Le dessinateur gabonais s'en donne à coeur joie pour brocarder les politiciens de son pays, y compris Ali Bongo Ondimba. Mais, habilement, le président a pris le parti d'en rire... en préfaçant [...]

Le favipiravir ou Avigan, une vraie piste thérapeutique contre le virus Ebola ?

Pour la première fois testé sur l'Homme, un antiviral aux résultats mitigés pourrait, somme toute, être une piste thérapeutique contre le virus Ebola.[...]

Madagascar : des inondations font 19 morts et plus de 60 000 sinistrés

La saison des intempéries se poursuit sur la Grande Île après l’épisode de la tempête Chedza en janvier dernier.  Depuis début mars, de fortes précipitations provoquent des[...]

La fondation Sindika Dokolo s'expose à Porto

L'événement est suffisamment rare pour être signalé : du 5 mars au 17 mai 2015, la galerie municipale Almeida Garrett de Porto (Portugal) accueille une partie de la collection d'art contemporain de la[...]

Sénégal : l'ancien joueur du PSG Aliou Cissé nommé sélectionneur

On le pressentait, la Fédération Sénégalaise l'a officialisé ce jeudi matin : Aliou Cissé a été nommé au poste de sélectionneur des Lions de la Teranga.[...]

Burkina : le gouvernement autorise l'exhumation du corps supposé de Thomas Sankara

Le gouvernement de transition burkinabè a adopté mercredi un décret autorisant l'exhumation et l'expertise de la dépouille supposée de Thomas Sankara. Mais la procédure s'annonce encore lo[...]

Les 50 personnalités qui font la Côte d'Ivoire

À quelques mois de la présidentielle, prévue en octobre, et bientôt quatre ans après la fin de la crise postélectorale, "Jeune Afrique" s'est penché sur celles et[...]

Mali : l'ONU appelle les groupes rebelles à parapher l'accord d'Alger

Le Conseil de sécurité de l'ONU a appelé mercredi les groupes armés du nord du Mali à signer l'accord de paix conclu dimanche à Alger. Cet accord encore inachevé a ét&eacu[...]

Le trône d'okoumé

Décidément, le Gabon ne changera jamais... Sa classe politique, en tout cas. Ici se joue une sorte de Game of Thrones à la sauce nyembwe, où premier et second rôles changent sans cesse de [...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers

Jeune Afrique Emploi

Toutes les annonces
Purging www.jeuneafrique.com/Article/JA2728p020.xml0 from 172.16.0.100 Purging jeuneafrique.com/Article/JA2728p020.xml0 from 172.16.0.100