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28/03/2013 à 09:39
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Jürgen Trittin, le gauchiste, et Katrin Göring-Eckardt, la pragmatique. Jürgen Trittin, le gauchiste, et Katrin Göring-Eckardt, la pragmatique. © Steffi Loos/Sipa

Sociaux-démocrates du SPD ou chrétiens-démocrates de la CDU-CSU ? À six mois des législatives, les écologistes ne savent toujours pas avec qui ils vont s'allier ! Du coup, ils détiennent la clé du scrutin.

Les écologistes constituent une vraie force politique en Allemagne. Présent depuis trente ans au Parlement, le parti Bündnis 90/Die Grünen (Alliance 90/Les Verts) y détient actuellement 68 sièges. Selon toute apparence, il jouera un rôle central lors du prochain scrutin fédéral, en septembre. Les derniers sondages le créditant de 17 % des intentions de vote, contre 26 % pour les sociaux-démocrates du SPD et 40 % pour la CDU-CSU d'Angela Merkel, il est sollicité de toutes parts.

« Les Verts sont avant tout un parti centriste, voire libéral pour sa branche pragmatique, analyse Isabelle Bourgeois, chargée de recherches au Centre d'information et de recherche sur l'Allemagne contemporaine (Cirac). Ils sont donc compatibles aussi bien avec la CDU qu'avec le SPD. » Un positionnement que reflète l'évolution de leur électorat depuis quelques années. D'un côté, ils attirent nombre d'électeurs sociaux-démocrates désorientés par le virage à gauche du SPD. De l'autre, comme l'explique Michael Lühmann, auteur d'une étude sur ce thème, ils séduisent un nombre croissant d'électeurs conservateurs - agriculteurs et entrepreneurs, notamment - sensibles aux considérations environnementales

Ministre-président du Land du Bade-Wurtemberg depuis 2011, Winfried Kretschmann incarne à merveille cette dualité. Pur produit des Grünen, qu'il cofonda dans sa région au début des années 1980, il défend une ligne conservatrice, ce qui ne l'a nullement empêché de s'allier avec le SPD pour arracher à la CDU un fief qu'elle détenait depuis soixante ans !

Mais laisser toutes les portes ouvertes sans heurter la sensibilité de ses électeurs n'est pas aisé. Il y a un an, Horst Seehofer, chef de la puissante CSU (la branche bavaroise de la CDU), excluait toute alliance avec les Verts. Il est beaucoup moins catégorique aujourd'hui, mais continue de privilégier une alliance avec les libéraux du FDP. Le problème est qu'il est peu probable que ledit FDP obtienne beaucoup plus de 5 % des voix ! De même, les Verts inclinent plutôt pour la formation d'une coalition avec le SPD, comme ils le firent en Basse-Saxe, en janvier. Mais à Berlin, à l'inverse, une telle alliance n'a pas fonctionné. Du coup, Klaus Wowereit, le maire, a choisi de gouverner avec la CDU, alors que, au niveau national, une telle « grande coalition » est exclue, de part et d'autre. Au moins devant les caméras.

"Realos"

« Celui qui voudra s'associer avec nous devra accompagner le changement que s'efforcent de promouvoir les Verts », clarifie Katrin Göring-Eckardt (46 ans), tête de liste du parti pour les législatives. Née dans l'ex-RDA, elle est depuis 2005 vice-présidente du Bundestag et représente l'aile pragmatique du parti - les « realos », comme l'on dit ici. À l'opposé, Jürgen Trittin, qui fut ministre de l'Environnement dans le gouvernement de Gerhard Schröder (1998-2005), est le chef de file de l'aile gauche. De quel côté penchera la balance ?

Côté programme, « Bündnis 90/Die Grünen n'est pas seulement un parti d'opposition, poursuit Isabelle Bourgeois. C'est un vrai parti de gouvernement capable aussi bien d'entreprendre une réforme des retraites que de travailler à la réduction des déficits. » Au-delà du « tournant énergétique » (la sortie du nucléaire), on trouve dans ses propositions l'instauration d'un salaire minimum et l'amélioration de la compétitivité des entreprises. Même de possibles augmentations des impôts ne sont pas a priori exclues ! Un tel réalisme a de quoi séduire une large partie de l'électorat.

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