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20/03/2013 à 17:50
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Dominique Da Silva assure que le racisme est moindre en Égypte qu'en Tunisie. Dominique Da Silva assure que le racisme est moindre en Égypte qu'en Tunisie. © DR

Recruté par Al-Ahly en 2011, l'international Dominique Da Sylva raconte son expérience atypique en Égypte, où le monde du ballon rond subit les contrecoups de l'instabilité politique.

Dominique Da Sylva, 23 ans, peut enfin renouer avec les plaisirs simples de la vie balisée d'un footballeur professionnel. Son quotidien n'est plus seulement fait d'entraînements ou de matchs amicaux, ponctuellement interrompus par les matchs de Ligue des champions. « Le championnat a repris le 2 février, après presque un an d'interruption, à la suite du drame de Port-Saïd [74 personnes avaient trouvé la mort après des violences perpétrées par des supporteurs d'Al-Masry lors d'un match de championnat face à Al-Ahly, en février 2012, NDLR]. J'étais blessé ce jour-là. Ceux qui y étaient ont été traumatisés, et ils n'en parlent pas. » Pour des raisons de sécurité, les autorités locales ont cependant décrété le huis clos pour les matchs de l'Egyptian League, « jusqu'à nouvel ordre ».

L'attaquant d'Al-Ahly a quitté en janvier 2011 le Club sportif sfaxien (CSS, Tunisie), où il évoluait depuis 2007. « Cela n'a rien à voir avec la révolution du 14 janvier, qui n'avait pas encore débuté, s'empresse de préciser le joueur mauritanien d'origine bissau-guinéenne né à Dakar. C'était pour des raisons sportives, car Al-Ahly est le plus grand club d'Afrique. Peu de temps après mon arrivée, il y a eu la révolution, et le championnat a été arrêté une première fois. Mais je voulais quitter la Tunisie, car j'ai été victime de racisme. De la part de joueurs et de supporteurs adverses, mais aussi d'un ex-coéquipier, à Sfax. » Da Sylva assure avoir été traité régulièrement de « sale nègre ». « Mais aucune mesure n'a jamais été prise, la fédération tunisienne minimisant ce type d'incidents. En Égypte, je n'ai jamais eu de problèmes ni par rapport à ma couleur de peau ni par rapport à ma religion - je suis catholique. Mais si un jour ce n'était plus le cas, je partirais sans attendre ! Oui, la montée de l'islamisme dans ce pays m'inquiète. »

Prudence

Pendant ces deux longues périodes où le football égyptien a tourné au ralenti, Da Sylva assure n'avoir pas craint pour son intégrité physique. « Je n'ai jamais eu peur pour ma sécurité. Il faut juste faire attention à ne pas se trouver au milieu d'une manifestation et prendre certaines précautions », précise-t-il, ajoutant que la situation politique du pays s'invitait régulièrement dans les conversations entre joueurs égyptiens. « À mon arrivée, je sortais un peu. Là, je reste la plupart du temps chez moi, avec ma femme et ma fille. Le seul moment où cela a été tendu, c'était avec nos supporteurs, après Port-Saïd. Ils ne voulaient pas que nous jouions le match de Super Coupe, qui a finalement été annulé. Et quand nous allions à l'entraînement, nous bénéficiions d'une escorte policière. »

Da Sylva s'interroge surtout sur la suite à donner à son engagement avec le club cairote - il a signé pour cinq ans et demi -, l'instabilité chronique du pays empêchant d'envisager l'avenir, même à court terme. « Al-Ahly respecte ses engagements financiers, explique l'attaquant. Mais le championnat peut de nouveau être interrompu. Les matchs de Ligue des champions, les rencontres amicales, les tournées à l'étranger, c'est bien, mais je veux jouer chaque semaine. Je dois aussi penser à mon avenir. »

Lors du dernier mercato hivernal, Da Sylva a reçu une offre venant de Turquie. Mais le manque de compétition du joueur a finalement refroidi les dirigeants turcs. « Il n'est pas impossible que je parte cet été. Mais pas n'importe où. En Europe, de préférence... » 

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