Extension Factory Builder
25/02/2013 à 14:46
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Obsèques d'Abderrazak Bouhara, le 11 février, à Alger. Obsèques d'Abderrazak Bouhara, le 11 février, à Alger. © Sipa

Avec la mort soudaine d'Abderrazak Bouhara, la perspective d'un secrétaire général consensuel pour diriger le premier parti du pays jusqu'à la tenue du prochain congrès semble s'éloigner.

Pressenti pour succéder à Abdelaziz Belkhadem, secrétaire général du Front de libération nationale (FLN, ex-parti unique), destitué le 31 janvier après un vote de défiance du Comité central, Abderrazak Bouhara, 79 ans, ancien coordonnateur de l'appareil du parti dans les années 1980, est décédé dix jours plus tard, emporté par une crise cardiaque. Un scénario catastrophe pour la première force politique du pays au lendemain de deux échéances électorales qu'elle a largement remportées et à un an d'une présidentielle (prévue en avril 2014) cruciale pour l'avenir de l'Algérie.

La destitution de Belkhadem a été des plus démocratiques, le secrétaire général sortant ayant été battu de quatre voix (160 contre 156) lors d'un vote à bulletin secret. La majorité du Comité central a ensuite opté pour un successeur consensuel jusqu'à la tenue du 10e congrès ordinaire, prévu au second semestre 2013. Dans un parti éclaté en trois grandes tendances, Abderrazak Bouhara était la seule personnalité répondant à ce profil : ancien officier de l'Armée de libération nationale (ALN), historien et jouissant d'une grande expérience au sein du sérail, il aurait pu être ce fédérateur dont le FLN avait grandement besoin. Sa disparition a plongé le parti, direction et militants, dans un grand désarroi, car l'option du candidat consensuel est définitivement enterrée. « Le FLN est aujourd'hui contraint de revenir au sandouq [l'urne, NDLR] pour se choisir un nouveau secrétaire général, déclare Abdelhamid Si Affif, membre du Bureau politique, d'autant plus que nous venons d'adhérer à l'Internationale socialiste, une institution pointilleuse en matière de pratique démocratique. » Si Affif était « comptabilisé » parmi les soutiens du secrétaire général sortant, le camp des « redresseurs » n'a pas tardé à répliquer. « Nous poursuivons nos concertations, a réagi Abdelkrim Abada, ancien bras droit d'Ali Benflis, prédécesseur de Belkhadem, pour tenter de trouver une personnalité qui puisse fédérer l'ensemble de la famille FLN. »

Le fonctionnement du parti étant quasiment gelé depuis le 31 janvier, cette quête de l'oiseau rare devra se faire très vite, soit avant la tenue de la prochaine session du Comité central, dont la date devait être fixée lors d'une réunion du Bureau politique, le 14 février. Deux options se présentent, toutes deux pleines d'incertitudes. L'une découlerait d'une quête fructueuse du fameux candidat de consensus, l'autre d'une décision par la voie des urnes.

Anciennes figures

Pour la première, le FLN devrait puiser dans ses réserves d'anciens dirigeants, parmi lesquels figurent Rabah Goudjil, 78 ans, actuellement membre du Conseil de la nation (Sénat), ex-ministre de Chadli Bendjedid (c'est dire son ancienneté) et l'un des plus farouches opposants de Belkhadem, ou Abderrahmane Belayat, 79 ans, doyen des membres du Bureau politique. Autre solution préconisée dans la recherche d'une personnalité consensuelle, le choix d'un membre FLN du gouvernement. La candidature d'Amar Tou, ministre des Transports et animateur du mouvement de redressement qui a emporté Belkhadem, a été envisagée, mais l'intéressé s'est défilé.

Le nom d'Abdelaziz Ziari, titulaire du maroquin de la Santé et incarnation du courant moderniste au sein du FLN, est de plus en plus évoqué.

Parmi les ministres d'Abdelmalek Sellal, le nom d'Abdelaziz Ziari, titulaire du maroquin de la Santé, ancien président de l'Assemblée populaire nationale (APN, chambre basse du Parlement) et incarnation du courant moderniste au sein du FLN, est de plus en plus évoqué. Une telle éventualité constituerait une seconde défaite pour Belkhadem tant les deux hommes se détestaient cordialement. Une troisième personnalité pourrait faire consensus : Abdelkader Hadjar, ambassadeur d'Algérie à Tunis, et surtout grande gueule du FLN et agitateur permanent devant l'Éternel. Mais ce « singulier diplomate » compte de nombreux adversaires au sein du Comité central, d'autant qu'il tient à son poste d'ambassadeur.

La voie des urnes

Reste la seconde option : la voie démocratique et le choix par l'urne. Quelques heures après la destitution d'Abdelaziz Belkhadem, une commission de candidature a été installée. « Pour l'heure, nous avons enregistré huit candidatures », affirme Abdelhamid Si Affif, sans autre précision sur le nom des postulants, si ce n'est la présence de deux députées. Une femme à la tête du FLN ? Peu probable tant les structures du parti ont toujours été déficitaires en matière de représentation féminine. L'atout jeunesse ? « Plus de 80 % de nos militants ont moins de 60 ans et disposent de diplômes supérieurs », assure Si Affif. Dans un parti de dinosaures, être jeune signifie avoir moins de 60 ans. On a les critères qu'on peut.

Consolation pour le FLN, il n'est pas la seule formation politique à connaître des problèmes de direction. Le Rassemblement national démocratique (RND) traverse une bourrasque, le Front des forces socialistes (FFS) vit une crise de succession, et même le très stable Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD, laïc) est secoué par une dissidence qui exige le retour de Saïd Sadi, président démissionnaire en mars 2012, après vingt-trois années passées à la tête du parti. 

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Réagir à cet article

Algérie

Algérie : le gendarme de la Bourse suspend l'entrée de Cevital au capital de NCA Rouiba

Algérie : le gendarme de la Bourse suspend l'entrée de Cevital au capital de NCA Rouiba

 La Cosob justifie la suspension par l'attente de la décision de l'État algérien d'exercer (ou pas) son droit de préemption. Une décision liée au statut étranger du céda[...]

Signature d'une convention franco-algérienne sur la formation des imams

Bientôt les imams algériens envoyés en France seront formés pour être en "harmonie avec les exigences de la République" française. C'est ce que stipule, entre autres, la[...]

Infrastructures : les 10 projets africains qui ont marqué 2014

Le cabinet d'audit et de conseil KPMG vient de publier l'édition 2014 de son classement des 100 projets d'infrastructure de "classe mondiale". Une dizaine d'entre eux se trouvent sur le continent. Revue de[...]

Internet : Bouteflika, Kabila, Bongo... Noms de domaines en solde !

Alibongo.com, josephkabila.com, abdelazizbouteflika.com… Des noms de domaine de premier niveau (les .com) de certains chefs d'État africains qui n'ont pas eu la diligence de les réserver à temps sont en[...]

Algérie : El-Para et l'argent des otages du GSPC

Abderrazak el-Para, l'ex-émir du GSPC, a finalement confirmé que l'Allemagne avait versé une rançon de 5 millions d'euros en 2003.[...]

Devant la chute des cours du pétrole, l'Algérie change de ton

La chute du cours du pétrole en dessous de 60 dollars et la perspective d’un prix bas à moyen terme ont ébranlé l'assurance de l'Algérie. Le ton est désormais à l'urgence et[...]

Algérie : au Val-de-Grâce, un Bouteflika peut-il en cacher un autre ?

La santé d'Abdelaziz Bouteflika a une nouvelle fois fait parler d'elle mardi. Selon des médias algériens, le président algérien aurait été hospitalisé une nouvelle fois au[...]

Cameroun - Me Bertrand : "On nous cache quelque chose sur la mort d'Albert Ebossé" en Algérie

Le 23 août dernier, quelques minutes après la rencontre entre la JS Kabylie et l’USM Alger (1-2), l’attaquant camerounais de la JSK Albert Ebossé (24 ans) trouvait la mort à la sortie du[...]

Algérie : un maire assassiné, "acte terroriste" selon la gendarmerie

Le maire de la commune algérienne de Bordj El Emir Abdelkader (nord) a été assassiné vendredi par des "terroristes", qui l'ont tué par balles et égorgé, a annoncé[...]

Assassinat d'Hervé Gourdel : l'armée algérienne annonce avoir tué un deuxième suspect

Un deuxième membre du groupe islamiste impliqué dans l’enlèvement et la décapitation du touriste français Hervé Gourdel, en septembre, a été tué par[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers