Sélectionneur des Super Eagles, champions d'Afrique le 10 février, il n'hésite pas à mettre des stars au placard et milite pour que les équipes du continent soient entraînées de préférence par des Africains.
Il ne faut pas trop se fier à sa bouille toute ronde et à son regard parfois mélancolique. Stephen Keshi dissimule rarement ses sentiments. Et ne s'embarrasse pas davantage de tournures diplomatiques, qu'il s'agisse de défendre ses idéaux, au risque d'agacer une partie de sa corporation, ou d'annoncer sa démission au lendemain de la finale de la Coupe d'Afrique des nations (CAN) 2013, remportée face au Burkina (1-0) grâce à un but de Sunday Mba, l'une de ses trouvailles, déniché à Enugu Rangers... Il est finalement revenu sur sa décision quelques heures plus tard, après l'intervention du ministre des Sports. « J'ai reconsidéré ma position et décidé de poursuivre mon travail », a-t-il sobrement expliqué.
Né à « Lagos la dingue » il y a cinquante et un ans, Stephen Keshi a beau avoir fait l'essentiel de sa carrière de joueur (Côte d'Ivoire, Belgique, France, États-Unis et Malaisie) et de sélectionneur (Togo et Mali) à l'étranger, il connaît trop bien son pays, turbulent et violent, pour feindre de s'étonner des réactions hostiles que suscitent ses choix. Depuis sa nomination en novembre 2011, le Big Boss - son surnom du temps où il était l'un des meilleurs footballeurs du Nigeria, et que le sacre de Johannesburg devrait pérenniser - s'est beaucoup fait allumer par la presse et l'opinion. « Si l'équipe se rate, tout le pays te tombe dessus », confiait-il au quotidien français L'Équipe le 5 février. Son choix d'écarter de sa liste définitive pour la CAN Orange 2013 quelques célébrités (Taye Taiwo et Peter Odemwingie notamment) lui a valu une attaque en piqué de ses opposants, et surtout d'Odemwingie, qui a déversé son fiel sur les réseaux sociaux.
Deuxième Africain, après l'Égyptien Mahmoud el-Gohary, à gagner la CAN en tant que joueur (en 1994) et sélectionneur, Keshi aime bousculer les évidences. La mise au placard, sans doute temporaire, de quelques stars locales le prouve. « Il est très ouvert au dialogue, se souvient Jean-Paul Abalo, qui fut son capitaine au Togo d'avril 2004 à février 2006, puis quelques semaines en 2007. Il est à la fois cool et rigoureux, c'est un mélange d'entraîneur à l'ancienne et de coach moderne. En revanche, c'est lui qui décide. Il a une forte personnalité et aime bien tout contrôler. » Cédric Kanté, l'international malien, évoque un homme « certes autoritaire, qui sait s'imposer, mais aussi proche des joueurs ».
Boulot
Le sélectionneur des Super Eagles n'hésite pas à utiliser les médias pour faire passer ses messages. En janvier 2012, il avait expliqué à L'Équipe Magazine que les entraîneurs blancs « viennent en Afrique [nous] voler [notre] boulot », visant à l'évidence Manuel Amoros et Didier Six, alors fraîchement nommés au Bénin et au Togo malgré un CV de coach pas assez étoffé à son goût. « Quand je l'ai croisé à Durban pour le tirage au sort de la CAN, il m'a dit que ses propos avaient été déformés », explique le sélectionneur des Éperviers. Pourtant, le 6 février dernier, en Afrique du Sud, Keshi a récidivé. « Le problème, si tu as la peau noire, c'est qu'au pays on va s'interroger sur ta capacité. Si tu es blanc, on va te laisser le temps de faire tes preuves », a-t-il lâché, avant d'ajouter qu'il n'a « rien contre les entraîneurs blancs, qui sont formidables », à condition qu'« ils aident le football africain »...

Dlamini-Zuma place le sommet des 50 ans de l'UA sous le signe du "panafricanisme"
RDC : dans la zone de Goma, les déplacés pris entre deux feux
Algérie : Bouteflika et les autres patients africains du Val-de-Grâce







Découvrez le catalogue 2013 des Éditions du Jaguar
La campagne Pub de Jeune Afrique

Le responsable aux relations extérieures du MNLA, Ibrahim Ag Mohamed Assaleh (d), le 9 juin 2012 à Ougadougou
L'entraîneur du Mali Patrice Carteron, lors d'une conférence de presse pendant la CAN, le 8 février 2013 à Port Elizabeth
Un homme court sous la pluie, le 27 novembre 2007 Ã Astawali dans la banlieue ouest d'Alger
Deux casques bleus de la mission des Nations unies en RDC observent aux jumelles les déplacements de rebelles du M23, le 18 novembre 2012
Des milliers de Congolais fuient les combats entre l'armée et la rébellion, près de Sake et Goma, le 22 novembre 2012
Ban Ki-moon (g) en compagnie du président congolais Joseph Kabila (c) et du président de la Banque mondiale Jim Yong Kim, à Kinshsa, le 22 mai 2013
Jean-François Delfraissy, directeur général de l'Agence national de recherche sur le sida, le 24 septembre 2009 à Paris
Des chercheurs réunis, le 21 mai 2013 à l'Institut Pasteur de Paris, pour les 30 ans de la découverte du VIH











