Extension Factory Builder
12/02/2013 à 16:27
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
L'écrivaine zimbabwéenne NoViolet Bulawayo. L'écrivaine zimbabwéenne NoViolet Bulawayo. © D.R.

Le festival Étonnants Voyageurs se tient du 13 au 17 février dans la capitale congolaise. L'occasion de promouvoir de nouvelles plumes.

Au fond, c'est le propre d'un voyageur : ne s'arrêter nulle part, ne s'immobiliser qu'à l'heure de la mort. Et le festival Étonnants Voyageurs, dont la déclinaison africaine a lieu à Brazzaville (Congo) du 13 au 17 février, se tient bien droit sur ses deux jambes (en l'occurrence les directeurs Michel Le Bris et Alain Mabanckou). Longtemps, cette grande fête de la « littérature monde » fut associée aux eucalyptus du Palais de la culture, sur la rive du Niger, à Bamako. Cette époque est révolue. « Nous avons suivi les événements au Mali le coeur navré, confie Michel Le Bris. Tant de liens nous rattachent à ce pays, tant d'amitiés se sont nouées dans toutes les villes où nous sommes allés depuis la création du festival. N'oublions pas que celui-ci se déployait dans dix villes maliennes. La décision de renoncer à poursuivre l'aventure a été prise, à contrecoeur, il y a bien des mois. Compte tenu du non-respect de ses engagements par le pouvoir malien, il était illusoire d'espérer trouver un financement. »

Le Mali, c'est fini, mais vive le Congo ! Pourquoi ce choix ? « Parce qu'Alain Mabanckou », répond simplement Le Bris, qui refuse de « parachuter » sa manifestation dans un pays et préfère la concevoir en collaboration avec les acteurs culturels locaux. Sur le papier, c'est déjà réussi : 90 invités venus de 23 pays, 120 rencontres, 16 films, 4 expositions... Et il va sans dire que le festival, né à Saint-Malo (France), ne se limite pas au monde du livre : la peinture, la musique, le cinéma, le théâtre seront tour à tour convoqués pour célébrer la culture comme il se doit.

Goyaves

« Je rêve d'une belle fête : parce que la littérature est une fête, affirme Le Bris. Une manière de se maintenir debout. Mais à l'instant où j'écris, je ne puis qu'espérer : nous avons fait tout ce que nous pouvions. La suite appartient aux Brazzavillois. » Il y aura donc des concerts (le Malien Amkoullel, notamment), des projections (Sur la planche, de Leïla Kilani, Nairobi Half Life, de David Tosh Gitonga), des ateliers et des rencontres dans les écoles. Mais fête ne rimant pas forcément avec insouciance, certains débats seront des plus sérieux et des plus adaptés à la réalité du terrain. Le Congolais Emmanuel Dongala et l'Algérien

Boualem Sansal se retrouveront notamment pour évoquer le rôle des écrivains face à la censure.

Pour ceux qui ne pourraient pas profiter de ces cinq jours à Brazzaville « capitale littéraire », le festival innove en publiant un recueil de nouvelles - L'Afrique qui vient - réunissant 26 auteurs du continent. Des textes bien entendu inégaux - la nouvelle est loin d'être un genre facile - mais qui permettent de découvrir certains auteurs et d'en redécouvrir d'autres. En toute subjectivité, on conseillera la lecture d'En arrivant à Budapest, de la Zimbabwéenne NoViolet Bulawayo, lauréate du Caine Prize en 2011. « C'est ça l'ennui avec les goyaves ; tous ces pépins constipent si on en mange trop. Et quand arrive le moment de déféquer, on a très mal, comme si on essayait d'accoucher d'un pays », écrit-elle avec une verve enthousiasmante. 

La relève littéraire africaine s'annonce, et c'est ce que souhaitent mettre en avant les organisateurs. « Avec Alain Mabanckou, nous avions le sentiment qu'un cycle s'était achevé au Mali et qu'il fallait maintenant engager une autre aventure : dire l'Afrique nouvelle en train de naître, qui surgit sur la scène du monde, soutient Le Bris. Une nouvelle génération déboule, avec une folle énergie ! »

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

0 réaction(s)

Réagir à cet article

Congo (Brazzaville)

Assassinat de deux Congolais en France : un procès au goût d'inachevé

Assassinat de deux Congolais en France : un procès au goût d'inachevé

Un accusé absent condamné à 20 ans de prison, l'autre acquitté. Quatorze ans après l'assassinat mystérieux de deux Congolais en France, de nombreuses questions restent sans répons[...]

Congo : la fausse une de J.A. qui affole le web

Une fausse une de "Jeune Afrique" circule depuis vendredi sur les réseaux sociaux. Une manipulation que nous dénonçons avec la plus grande fermeté.[...]

Kabila, Ouattara, Bouteflika, Biya... Quels sont les diplômes de vos présidents ?

Votre président a-t-il le baccalauréat ? Un master ? À-t-il étudié l’économie ou le droit ? En France ou en Chine ? Toutes les réponses avec notre jeu interactif.  [...]

Lutte contre Boko Haram : Sassou et Obiang en mission en Afrique de l'Ouest

Après le Ghana et le Nigeria mardi, les présidents congolais et équato-guinéen, Denis Sassou Nguesso et Teodoro Obiang Nguema Mbasogo, se sont rendus au Tchad mercredi. But de ces trois visites de[...]

Sexe, mensonge, pouvoir : la trilogie infernale

Du Français Dominique Strauss-Kahn au Malaisien Anwar Ibrahim, on ne compte plus les responsables politiques dont les moeurs débridées, ou supposées telles, ont brisé la carrière.[...]

TV 

Le Congolais Vérone Mankou est l'invité du magazine Réussite

Retrouvez le sommaire et la bande-annonce de l'émission Réussite, diffusée sur Canal + Ouest et Centre le 20 février. Une émission qui vous emmène du Tchad au Nigeria.[...]

L'Afrique centrale apporte son soutien à la lutte régionale contre Boko Haram

Les chefs d’État de la CEEAC se sont réunis lundi à Yaoundé, au Cameroun, pour élaborer une stratégie commune destinée à "éradiquer" Boko Haram. Ils[...]

Classement 2015 de RSF : Congo et Libye en baisse, Côte d'Ivoire et Tunisie en hausse

La liberté de la presse a connu une “régression brutale” en 2014 selon Reporters sans frontières (RSF) qui a publié jeudi son classement annuel 2015. La zone "Afrique du Nord -[...]

Théâtre : Sony Congo, pièce pour un mort bien vivant

Dans sa dernière création, le metteur en scène Hassane Kassi Kouyaté donne à réentendre un illustre méconnu, le Congolais Sony Labou Tansi.[...]

Standard & Poor's dégrade la note du Congo-Brazzaville

Standard & Poor’s a abaissé d'un cran la note de la République du Congo à "B", en raison de la chute des cours du pétrole dont les effets sur l’économie du pays[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers

Jeune Afrique Emploi

Toutes les annonces
Purging www.jeuneafrique.com/Article/JA2718p140.xml0 from 172.16.0.100 Purging jeuneafrique.com/Article/JA2718p140.xml0 from 172.16.0.100