Extension Factory Builder
15/02/2013 à 11:47
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Moaz Al-Khatib, patron de la Coalition nationale. Moaz Al-Khatib, patron de la Coalition nationale. © AFP

Le chef de l'opposition syrienne Moaz al-Khatib se déclare prêt, sous certaines conditions, à négocier avec le régime. Contre l'avis de ses camarades.

Initiative personnelle ou discrètement concertée ? Leurre ou réelle ouverture ? En se déclarant prêt, le 30 janvier, à négocier sous certaines conditions avec le régime contesté, Moaz al-Khatib, chef de la Coalition nationale syrienne (CN), a pris de court la plupart des membres de cette plateforme qui regroupe depuis novembre 2012 une majorité de l'opposition. Sa plus importante composante, le Conseil national syrien (CNS), a rappelé son immuable position de principe : le refus catégorique de tout dialogue avec Damas. Il a également mis au pied du mur Bachar al-Assad, qui avait appelé, le 7 janvier, à un « dialogue national ». « L'opposition a longtemps fait l'impasse sur la politique, permettant au régime d'en faire autant. Mais récemment, le régime a exploité cette lacune en offrant sa vision d'une solution politique qui, bien qu'irréaliste, lui donnait l'occasion de reprendre l'initiative politique », analyse Peter Harling de l'International Crisis Group.

En renvoyant la balle dans le camp du régime, cet ingénieur, ancien imam de la Grande Mosquée de Damas, cherche-t-il vraiment à tendre la main à l'ennemi ? Ou à prouver à la communauté internationale l'autisme du régime et l'impossibilité d'une solution politique ? Ou encore à diviser le clan au pouvoir ? Le 4 février, Khatib faisait un pas de plus, se disant prêt à discuter avec le vice-président Farouk al-Chareh, qui avait exprimé des positions conciliatrices en décembre. « Moaz al-Khatib prend le régime à son propre piège, l'ouverture politique proposée par Damas reposant justement sur l'absence de tout interlocuteur crédible, de toute alternative sérieuse. Il pose des conditions, engage le dialogue avec les alliés du régime et contourne la question de Bachar en envisageant d'autres interlocuteurs au sein du pouvoir », commente Harling.

Stratégie

Damas semble en effet désorienté, ne sachant trop quoi répondre entre le « pourquoi pas ? » d'un fonctionnaire cité par le site Al Monitor et le refus exprimé dans le quotidien proche du pouvoir Al-Watan, qui y voit une offre insuffisante arrivée avec « deux ans de retard ». C'est vers Moscou et Téhéran qu'il faut maintenant regarder, ces alliés de Damas étant probablement les seuls à pouvoir amener le régime baasiste à négocier. La rencontre inédite entre le chef de la CN et les ministres des Affaires étrangères russe et iranien les 1er et 2 février replace en effet la stratégie de Khatib dans une démarche à grande échelle. Et, le 28 janvier à Paris, l'échec de la coalition à obtenir des Amis de la Syrie des armes l'avait probablement convaincu de tenter cette initiative politique sans précédent. Sans suite ?

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

0 réaction(s)

Réagir à cet article

Moyen-Orient

Syrie : à Kobané, l'armée américaine largue des armes aux Kurdes

Syrie : à Kobané, l'armée américaine largue des armes aux Kurdes

L'armée américaine a annoncé dimanche soir avoir largué pour la première fois des armes aux combattants kurdes qui défendent la ville syrienne de Kobané, assiégée pa[...]

L'Occident et "les autres"

La croissance économique y est désormais plus faible que dans le reste du monde et il peine à sortir de la crise qui l'a frappé en 2008. Mais il continue de tenir le volant et de diriger la[...]

Kurdistan Irakien : Daesh, l'ennemi utile

Partenaire privilégié des Occidentaux dans leur guerre contre l'État islamique, le gouvernement autonome kurde n'en manoeuvre pas moins habilement pour tirer son épingle du jeu. Reportage.[...]

Finance : Dubaï est de retour !

Cinq ans après avoir frôlé la faillite, le petit émirat enchaîne les opérations boursières. Son ambition : devenir une passerelle vers l'Afrique et les pays émergents.[...]

Gaza : la communauté internationale paiera mais exige des négociations de paix

La communauté internationale a commencé à promettre dimanche au Caire des millions de dollars pour reconstruire Gaza mais, au diapason des États-Unis, elle exige des Israéliens et des[...]

Égypte : les donateurs se penchent au Caire sur la reconstruction de Gaza

La communauté internationale va tenter dimanche au Caire de réunir quatre milliards de dollars réclamés par l'Autorité palestinienne pour la reconstruction de la bande de Gaza, alors que[...]

Égypte : Kerry va plaider au Caire la relance du processus de paix israélo-palestinien

Le secrétaire d'Etat américain John Kerry va plaider dimanche pour une relance du processus de paix israélo-palestinien stoppé depuis avril, au cours d'une conférence internationale au Caire[...]

Lettre à un chrétien d'Orient

J'ai vu ce que les sanguinaires de Daesh et leur calife de pacotille vous ont fait subir. J'ai vu les têtes tranchées de vos fils et les corps criblés de balles de vos bébés. J'ai vu vos[...]

C'est "mal parti"

Nous vivons un de ces moments exceptionnels où, dans le monde entier, la plupart des gens se posent le même ensemble de questions. Qu'est-ce que cet "État ou califat islamique" qui tout d'un coup[...]

Google grimpe sur un dromadaire pour prendre des photos du désert

Google Street View a été explorer un nouvel endroit reculé de la planète pour en proposer une visite virtuelle aux internautes. Et a utilisé un moyen de transport original pour capter les[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers