Extension Factory Builder
19/02/2013 à 12:58
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Abdelaziz Belkhadem, ancien secrétaire général du FLN. Abdelaziz Belkhadem, ancien secrétaire général du FLN. © AFP

« J'ai été trahi par les miens... » Une heure après le vote de confiance qui l'a destitué, le 31 janvier, de son poste de secrétaire général du Front de libération nationale (FLN), Abdelaziz Belkhadem est encore sous le choc.

Devant sa garde rapprochée, il explique que cette trahison est venue de ses proches, ceux-là mêmes qu'il a installés au comité central, instance suprême du parti, et qui devaient lui assurer la victoire ce jour-là, à l'hôtel Riadh de Sidi Fredj, sur le littoral ouest d'Alger. Ayant refusé de démissionner, comme le réclamaient ses opposants, Belkhadem a opté pour un vote de confiance tant il était convaincu d'obtenir la majorité. Sauf que 160 membres du comité central ne l'ont pas suivi, contre 156 votes favorables. Belkhadem, 67 ans, quitte donc la direction du parti comme il y avait été propulsé, par le biais d'un « mouvement de redressement ».

Guerre larvée

En huit ans, il a pourtant tout conquis : le FLN, le premier ministère, qu'il dirige entre mai 2006 et juin 2008, et surtout la confiance du président, qui en fera même son représentant personnel au sein du gouvernement. Une fois à la tête du FLN, cet ancien instituteur de langue arabe place ses hommes dans toutes les instances du parti, écarte ses rivaux sans ménagement, s'entoure d'hommes d'affaires à la réputation douteuse et affiche ouvertement son ambition de succéder à Bouteflika. Trop ambitieux, Belkhadem ?

« Il s'est écarté des principes du FLN, s'est inspiré du programme d'un parti islamiste soudanais, a imposé des femmes et des hommes étrangers à notre formation politique et introduit la culture de la chkara [« sac d'argent », NDLR], commente El Hadi Khaldi, ex-ministre de la Formation et de l'Enseignement professionnels. Il a mis le FLN au service de ses ambitions personnelles et se voyait déjà au palais d'El-Mouradia. » Belkhadem a transformé le FLN en zaouia (« confrérie ») dont il était devenu le chef, persifle de son côté le sénateur Salah Goudjil, ennemi juré de l'ex-secrétaire général, qui aura mené pendant plus de deux ans, aux côtés de pontes du parti, de ministres, de députés et de sénateurs, une guerre larvée pour « dégager » Belkhadem.

Tenace, celui-ci s'est accroché, se prévalant de la protection du chef de l'État. « Il a vainement attendu un geste, un coup de fil, un message de Bouteflika, nous confie un dirigeant du FLN. Il espérait en faire une carte pour se maintenir. » Le message de Bouteflika est arrivé le 9 janvier, quand huit ministres FLN somment Belkhadem, dans un communiqué pesé et soupesé par la présidence, de se démettre, l'accusant d'utiliser « les moyens de l'État pour assouvir ses ambitions politiques ».

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

0 réaction(s)

Réagir à cet article

Algérie

Algérie - Sonatrach : Chakib Khelil à découvert

Algérie - Sonatrach : Chakib Khelil à découvert

Soupçonné de corruption dans l'affaire Sonatrach, l'ancien ministre de l'Énergie a tenté en vain d'empêcher la justice suisse de transmettre à Alger des informations sur ses comptes[...]

Algérie : les manifestations se poursuivent contre l'exploitation du gaz de schiste dans le Sud

Les manifestants opposés à l'exploitation du gaz de schiste ne désarment pas. Ils ont repris jeudi leur sit-in à In-Salah, près du premier site d'exploration dans le Sahara algérien,[...]

Assia Djebar, une académicienne artiste

* Clothilde Monat est auteur, journaliste et professeur de Lettres au Lycée français d'Abu Dhabi. À l'annonce du décès de l’académicienne Assia Djebar, je me souviens de cette[...]

Algérie : sexisme et misogynie à l'Assemblée contre la réforme du code de la famille

Le député algérien Mohamed Daoui (islamiste) a déclaré mardi devant l’Assemblée populaire nationale (APN) que les Algériennes "étaient responsables des violences[...]

Algérie : non, Chakib Khelil n'est pas américain

Son mandat d'arrêt international a été levé pour vice de procédures, donc Chakib Khelil, l'ancien ministre algérien de l'Énergie, continue de couler des jours tranquilles aux[...]

Algérie : Bouteflika et les femmes

Célibataire endurci, le chef de l'État fait presque figure d'exception en Afrique et dans le monde arabe. De quoi alimenter depuis toujours rumeurs et fantasmes. Cette enquête est parue dans "Jeune[...]

Classement Forbes : 29 Africains dans le palmarès 2015

Le magazine "Forbes" a livré lundi sa cuvée 2015 de milliardaires en dollars dans le monde. Cette année, le chiffre record de 1 826 personnalités a été atteint (181 de plus qu'en[...]

Algérie : une manifestation anti-gaz de schiste dégénère

Une quarantaine de policiers ont été attaqués et deux bâtiments incendiés, ce dimanche, lors d'une manifestation contre le forage de puits d'exploration du gaz de schiste, à In Salah, dans[...]

Kabila, Ouattara, Bouteflika, Biya... Quels sont les diplômes de vos présidents ?

Votre président a-t-il le baccalauréat ? Un master ? À-t-il étudié l’économie ou le droit ? En France ou en Chine ? Toutes les réponses avec notre jeu interactif.  [...]

In Amenas : l'enquête britannique provoque la colère des familles de victimes

Selon les conclusions de l'enquête judiciaire britannique sur l'attaque du complexe gazier algérien d'In Amenas, il "est probable que la balle" qui a tué Stephen Green, l'un des sept otages, "a[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers

Jeune Afrique Emploi

Toutes les annonces
Purging www.jeuneafrique.com/Article/JA2718p048_01.xml0 from 172.16.0.100 Purging jeuneafrique.com/Article/JA2718p048_01.xml0 from 172.16.0.100