L'Algérie, le Maroc et la Tunisie ont été éliminés dès le premier tour de la Coupe d'Afrique des nations. Est-ce une raison pour tout remettre en question ?
Ce n'est plus une simple impression, mais une implacable réalité. Depuis quelques années, le football nord-africain, toujours considéré comme étant économiquement le plus puissant du continent, perd du terrain au profit de l'Afrique subsaharienne. Mais contrairement à la théorie défendue par quelques observateurs aux conclusions définitives, ce n'est pas un effondrement. Après tout, la Tunisie (2004) et l'Égypte (2006, 2008 et 2010) ont remporté quatre des sept Coupes d'Afrique des nations (CAN) du XXIe siècle. Et les deux dernières Ligues des champions de la Confédération africaine de football ont été gagnées par l'Espérance de Tunis (2011) et Al-Ahly Le Caire (2012), après deux victoires du Tout-Puissant Mazembe (2009 et 2010), club de RD Congo.
Mais le triple échec de l'Algérie, du Maroc et de la Tunisie lors de la CAN 2013, en Afrique du Sud, fait mauvais genre. Déjà amputé de l'Égypte - éliminée sur le chemin toujours glissant des qualifications par la Centrafrique - et de la Libye - sortie par l'Algérie -, le contingent nord-africain n'existait déjà plus au soir du premier tour de la compétition. Le Maroc, qui pensait s'être acheté un peu de calme après la fin de la parenthèse Éric Gerets, l'ancien sélectionneur belge de l'équipe nationale, a regardé l'Afrique du Sud et le Cap-Vert - le seul novice de cette CAN - lui passer devant. « Rachid Taoussi, le sélectionneur, a fait ses choix en se passant de Chamakh, Kharja, Boussoufa et Taarabt », avait averti l'ancien international marocain Abdeslam Ouaddou à la veille du match décisif face à l'Afrique du Sud, le 27 janvier. Avant de poursuivre, pessimiste : « Si cela doit mal tourner, il va en entendre parler. Je sais comment cela se passe au Maroc. Mais il ne faut pas tout jeter, car le pays va organiser la CAN en 2015, et il faut construire une équipe. »
Renouvellement des cadres
Les choix sportifs de Rachid Taoussi, qui ne semble pas menacé, seront à n'en pas douter discutés. Ceux de Vahid Halilhodzic également. Le sélectionneur franco-bosniaque de l'équipe algérienne a entamé, depuis sa nomination en juin 2011, une politique de renouvellement des cadres pour s'appuyer sur une nouvelle génération. Juste après l'élimination, consommée dès le deuxième match, le 26 janvier, Mohamed Raouraoua, l'omnipotent président de la Fédération algérienne de football, a néanmoins maintenu sa confiance à Halilhodzic. Une décision sage, selon Abdeslam Ouaddou, qui constate : « Le problème des sélections nord-africaines, c'est le manque de continuité. Dès qu'il y a un mauvais résultat, on veut tout remettre en cause. »
Quant à Sami Trabelsi, son avenir à la tête de la sélection tunisienne se décidera cette semaine. « N'oublions pas qu'il dispose d'une génération moyenne et qu'il fait malgré tout du bon travail, dans un contexte pas toujours facile avec un championnat qui a régulièrement été interrompu à cause de la situation dans le pays », plaide Abdelmajid Chetali qui, lorsqu'il était lui-même sélectionneur de l'équipe nationale, avait conduit les Aigles de Carthage à la Coupe du monde en 1978. Ce soutien de poids sera-t-il suffisant ?

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