Avant de passer le relais à John Kerry, la secrétaire d'État a lancé une ultime mise en garde contre le terrorisme islamiste en Afrique du Nord. Et prôné la plus grande fermeté.
Après 112 pays visités et plus de 1,5 million de km parcourus en quatre ans, Hillary Clinton ne voulait surtout pas rater sa sortie. Tour à tour combative, chaleureuse, professorale et à l'écoute, la secrétaire d'État américaine a visiblement réussi son grand oral devant les commissions des Affaires étrangères du Sénat et de la Chambre des représentants, le 23 janvier. Cette audition vient clore le « Benghazigate », qui avait éclaté après la mort, en septembre 2012, de l'ambassadeur Christopher Stevens et de trois autres Américains. L'attentat de Benghazi avait lourdement pesé sur la campagne présidentielle et au-delà, réduisant à néant les ambitions de Susan Rice, actuelle ambassadrice à l'ONU, qui se voyait succéder à Hillary Clinton.
Le département d'État échoit finalement à John Kerry, dont la nomination a été confirmée par le Congrès le 29 janvier et que Clinton a officiellement adoubé le 24 janvier. Une formalité pour celui qui présidait, jusque-là, la même commission des Affaires étrangères du Sénat.
Boîte de pandore
Lors de son audition, Clinton a prévenu que la lutte « contre la menace jihadiste galopante » en Afrique du Nord serait longue et difficile. Prenant la guerre française au Mali en exemple, la secrétaire d'État a souligné qu'Al-Qaïda s'est renforcée et réarmée dans la région, dans la foulée des révolutions arabes.
Elle a cité deux pays alliés des États-Unis, directement visés : le Nigeria et la Libye, qui disposent d'importantes réserves d'hydrocarbures. « La boîte de Pandore que constituent les armes provenant de ces pays est l'une des principales menaces qui pèsent sur notre sécurité », a-t-elle ajouté. Selon elle, il ne fait « aucun doute » que les terroristes qui ont pris d'assaut le site gazier d'In Amenas en Algérie ont récupéré des armes en Libye et que des éléments d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) ont également puisé dans l'arsenal de guerre du régime de Kaddafi. « Il est essentiel que les États-Unis continuent à prendre les devants au Moyen-Orient et en Afrique du Nord. Nous ne pouvons pas nous permettre de reculer. Quand l'Amérique est absente, l'extrémisme s'enracine, nos intérêts en pâtissent et notre sécurité intérieure est menacée. »

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