Charismatique et populaire, Charles Blé Goudé ne brillait cependant pas par la finesse de ses aphorismes.
Charles Blé Goudé (dont l'histoire de la capture est retracé ici) , leader des Jeunes Patriotes et séide parmi les séides de Laurent Gbagbo, s'est vu affublé de multiples surnoms. « Général de la jeunesse » ou de « la rue », « génie du Kpô », pour ses partisans les plus zélés ; « Blé la machette » ou « le Buffle », pour ses détracteurs.
Charismatique à défaut d'être brillant (une dizaine d'années pour obtenir une licence d'anglais, en trichant !), hâbleur et populiste, il s'est évertué tout au long de sa carrière à multiplier les contre-pieds et à brouiller son image de boutefeu, acquise dès 2002 lors du déclenchement de la rébellion. Notamment après les accords de Ouagadougou, signés en mars 2007, censés conduire à la paix et aux élections. Il ne cessa alors de proclamer son nouveau credo : réconcilier les Ivoiriens. Pour finir, en décembre 2010, par les inciter à se soulever, sans oublier de distribuer des armes à ses Jeunes Patriotes.
Grand adepte de l'emphase dans ses interviews, où il n'hésitait pas à parler de lui à la troisième personne, Blé Goudé n'avait pas une petite opinion de lui-même, citant sans ciller des modèles incongrus pour un homme de sa trempe, de Gandhi à Mandela en passant par Martin Luther King, tous chantres de la non-violence. Parmi ses pensées les plus profondes, tirées d'entretiens qu'il a accordés, on distingue le style bestiaire : « Je suis assez intelligent pour comprendre que, quand on frappe le margouillat, le lézard doit s'apprêter », « une poule qui se respecte ne pond pas ses oeufs en public ». La fausse modestie : « Je ne suis pas ébloui par la grande popularité dont je jouis. » Ou encore, quand il s'agit de fustiger la politique néocoloniale de Paris : « La France doit arrêter de décider pour nous. Voyez nos filles qui souffrent pour maigrir parce qu'on leur a dit qu'une belle femme doit être mince, alors qu'en Afrique, celle qui est belle a des rondeurs. »

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