Extension Factory Builder
24/01/2013 à 18:36
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
À Abidjan, cinq hebdomadaires et un mensuel se partagent le marché. À Abidjan, cinq hebdomadaires et un mensuel se partagent le marché. © Camille Millerand / J.A.

La presse people connaît un véritable engouement en Afrique de l'Ouest. Certaines publications remportent même un franc succès.

« Il y a vingt ans, on nous traitait de fous. Pourtant, on avait vu juste : le people, ça intéresse tout le monde ! » se réjouit Moses Djinko (45 ans), grand prêtre de la presse people en Côte d'Ivoire. En 1993, avec quelques amis, il lance le premier journal du genre, Top Visage, un tabloïd 100 % show-business. Sacré challenge dans un pays où même l'actualité culturelle était reléguée en fin de journaux. « Pour le premier numéro, on a tablé sur 13 000 exemplaires, se souvient-il. Mais très vite nous avons augmenté les tirages : le journal faisait un carton ! » Douze ans plus tard, en 2005, Top Visage tirait à 60 000 exemplaires - et avait, par la même occasion, ouvert la voie à d'autres initiatives. À Abidjan, il n'y a plus un, mais cinq tabloïds hebdomadaires, et un mensuel, Life, que dirige maintenant Moses Djinko. Quand l'hebdomadaire français Paris Match vend en moyenne 300 exemplaires à Abidjan, Life en écoule près de 10 000.

Cet engouement pour la presse people, on l'observe aussi à Cotonou, Lomé ou Dakar. Dans les capitales sous-régionales, lycéens, étudiants, fonctionnaires, cadres d'entreprises, tous se passionnent pour la vie trépidante des « stars » locales. Ils sont nombreux les patrons de presse qui se sont engouffrés dans la brèche... et se sont cassé les dents.

Scoop

À Dakar, Satellite, Icône Magazine et Facedakar sont les seuls survivants de la boulimie people qui s'est abattue sur le Sénégal au début des années 2000. « Le people est un business comme un autre, déclare Malick Seck, patron de presse sénégalais. Et comme pour tout business, il faut avoir un projet solide, crédible et bien ficelé », explique-t-il.

Mannequins, chanteurs, jet-setteurs n'hésitent pas à monter de faux scandales pour être vus.

Quand Icône Magazine - fondé par le journaliste Mansour Dieng -, préfère être policé, à la limite du culturel, Facedakar n'hésite pas à faire dans la polémique. « Nous sommes le Voici [hebdomadaire français, NDLR] du Sénégal », s'amuse Malick Seck, patron de presse et fondateur du titre. « On est constamment à la recherche du scoop, de l'info exclusive, du buzz », décrit-il, en soutenant que son hebdomadaire - vendu à 500 F CFA l'unité (environ 0,76 centime d'euro) -, s'écoule chaque semaine à plus de 20 000 exemplaires. Des scoops qui, selon la presse sénégalaise, lui ont valu un procès en diffamation et une condamnation à un an de prison avec sursis.

Cette recette réussit tout autant à Abidjan, pour Prestige Magazine. « Chez nous, il n'y a pas de tabous, on parle aussi bien des scandales qui émaillent la vie des artistes que de sexe », explique Guillaume Vergès, rédacteur en chef de l'hebdomadaire ivoirien.

Avenir

À Dakar, Lomé, Abidjan, de plus en plus de gens ont compris comment tirer parti de cette presse. Mannequins, chanteurs, belles de nuit, jet-setteurs, ils n'hésitent pas à monter de faux scandales ou de fausses « paparazzades » pour être vus. Mais ils ne sont pas les seuls à s'en servir. « Les politiciens aussi entrent dans la danse. Ils se tournent vers ces magazines qui sont souvent moins critiques que la presse politique », confie un patron d'agence de communication de Cotonou. Au Bénin par exemple, Réckya Madougou (ministre de la Microfinance) a fait la une du magazine béninois Vida loca. En Côte d'Ivoire, ce sont les ministres Hamed Bakayoko (à l'époque ministre des Nouvelles Technologies) et Anne Ouloto (à l'époque ministre de la Salubrité urbaine) qui ont fait la couverture de Life, respectivement en 2007 et 2011.

Parmi les professionnels, on est persuadé du bel avenir de la filière. « Entre les footballeurs, les artistes, les tops, les animateurs télé, il y a encore de quoi faire », s'exclame Guillaume Vergès. « Des lecteurs viennent des pays voisins pour acheter des exemplaires de la revue et les revendre dans leur pays. Et à Life, on commence à réfléchir sur la façon d'internationaliser le magazine », raconte Moses Djinko. Malick Seck, lui, a l'intention de lancer, d'ici à la fin du premier trimestre de cette année, sa chaîne de télévision, Facedakar TV.

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Réagir à cet article

Afrique de l'Ouest

Exclu : CFAO et L'Oréal se rapprochent à Abidjan

Exclu : CFAO et L'Oréal se rapprochent à Abidjan

 CFAO va acquérir l'ivorien Sicobel, spécialisé dans les produits d'hygiène et de beauté, a appris "Jeune Afrique". Une opération qui devrait permettre au groupe de distribu[...]

Après les délestages, la Senelec voit enfin le bout du tunnel

Avec le redressement de la Senelec, le pays sort de sa crise énergétique. Et mise désormais sur le privé pour augmenter sa production.[...]

Qui va reprendre les Aciéries de Côte d'Ivoire ?

Aciéries de Côte d'Ivoire, la première unité de transformation de ferraille dupays et de toute la zone UEMOA (Union économique et monétaire ouest-africaine) est sur le marché, a[...]

Sénégal : Mimran défend son sucre à coups de millions

Mis en difficulté par l'ouverture du marché local à l'importation en 2013, le groupe rénove la Compagnie sucrière sénégalaise pour faire face à la concurrence.[...]

Ngozi Okonjo-Iweala : "Les gens ont une perception tellement injuste du Nigeria !"

Cette fidèle de Goodluck Jonathan doit faire face à un défi sans précédent : préserver son pays de la chute du cours du pétrole. Courtoise mais offensive, Ngozi Okonjo-Iweala, la[...]

Ngozi Okonjo-Iweala : "Les gens ont une perception tellement injuste du Nigeria !"

La ministre des Finances nigériane, Ngozi Okonjo-Iweala, a accordé une interview à "Jeune Afrique", à lire dans l'édition n°2823 en kiosque du 15 au 21 février.  [...]

Elumelu : près de 10 000 candidatures au programme de soutien aux entrepreneurs

En un mois et demi, le programme de soutien de Tony Elumelu aux entrepreneurs africains, doté de 100 millions de dollars, a reçu 9635 candidatures, dont 20% provenant d'Afrique francophone. Les candidatures se[...]

Nigeria : le géant vacille, à qui la faute ?

À la veille de l'élection présidentielle, la première économie d'Afrique est très affectée par l'effondrement des prix du pétrole. Sa faute ? N'avoir pas su profiter[...]

Transport : MSC lance un géant des mers à Lomé

 À Lomé, l'armateur italo-suisse Mediterranean Shipping Company a lancé le plus gros porte-conteneurs jamais mis en ligne sur la côte ouest du continent[...]

Jean Kacou Diagou : "Français, soyez sincères avec vos partenaires"

Présent à Paris pour le forum franco-­africain pour une croissance partagée, Jean Kacou Diagou, président de la Confédération générale des entreprises de Côte[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers

Jeune Afrique Emploi

Toutes les annonces
Purging www.jeuneafrique.com/Article/JA2715p100.xml0 from 172.16.0.100 Purging jeuneafrique.com/Article/JA2715p100.xml0 from 172.16.0.100