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26/01/2013 à 15:15
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Une scène du film de l'Algérien Merzak Allouache (Le Repenti). Une scène du film de l'Algérien Merzak Allouache (Le Repenti). © DR

Pas moins de vingt films sont en lice pour le prix Étalon du festival panafricain de cinéma et de télévision de Ougadougou, le Fespaco. Les candidats de la 23e édition, dont le coup d'envoi sera donné le 23 février dans la capitale burkinabè, seront soumis au regard d'un jury entièrement composé de femmes, une première.

Michel Ouédraogo a eu peur. Alors que le délégué général de la manifestation espérait que certaines projections du Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (Fespaco) pourraient avoir lieu dans la salle qui jouxtera bientôt la cinémathèque, l'incendie d'un échafaudage en bois a ravagé en partie la toiture de l'établissement le 15 janvier, à un mois de la cérémonie d'ouverture, le 23 février. Plus de peur que de mal, nous a-t-il assuré à Paris où il se trouvait pour révéler la sélection de cette 23e édition du festival, qui présentera 101 films originaires de 35 pays du continent, retenus parmi les quelque 750 présentés en sélection.

C'est le 2 mars que sera décerné le très convoité Étalon de Yennenga à l'un des 20 films de fiction en lice pour cette récompense. Parmi les candidats, la part belle a été faite aux pays du Maghreb, en particulier le Maroc et l'Algérie (trois films chacun). Rien d'étonnant dans le cas du royaume chérifien, dont la cinématographie est aujourd'hui la plus dynamique du continent. En revanche, pour l'Algérie, c'est une bonne surprise. Le Sénégal et, moins attendu, l'Angola portent haut le drapeau des pays du sud du Sahara, avec deux films sélectionnés. Les pays lusophones font un retour en force avec au total quatre longs-métrages retenus. À l'inverse des anglophones, quasi absents avec en tout et pour tout une seule oeuvre pour chacun des deux plus grands pays du continent, le Nigeria et l'Afrique du Sud - si décevante après avoir suscité tant d'espoirs.

Innovation

Font figure de favoris les réalisateurs déjà primés ou remarqués lors des grands festivals internationaux, comme le Marocain Nabil Ayouch (Les Chevaux de Dieu), les Sénégalais Moussa Touré (La Pirogue) et Alain Gomis (Aujourd'hui), les Algériens Merzak Allouache (Le Repenti) et Djamila Sahraoui (Yema) ou encore le Tunisien Ridha Béhi (Always Brando). Mais rien, bien sûr, n'est joué d'avance et l'on attend avec beaucoup d'intérêt les oeuvres de cinéastes comme le Bissau-Guinéen Flora Gomes (La République des enfants), le Nigérian Newton Aduaka (One Man's Show) et l'Angolais Zeze Gamboa (Le Grand Kilapy).

Innovation marquante, inédite jusqu'ici dans les grands festivals internationaux, le Fespaco a décidé de confier la présidence de tous les jurys à des femmes. Lesquelles, souligne Michel Ouédraogo, « occupent de plus en plus de place dans le cinéma africain » et méritent d'être honorées et encouragées. Et c'est la Martiniquaise Euzhan Palcy (Rue Cases-Nègres) qui aura l'honneur de remettre l'Étalon de Yennenga.

À l'occasion de cette 23e édition, un important colloque se tiendra sur « les politiques publiques pour le cinéma en Afrique ». Un thème crucial alors même que le secteur vit des heures difficiles sur le continent, trop souvent incapable de « fabriquer » ses propres images. De fait, une grande partie des États africains, y compris certains qui avaient réellement soutenu l'activité cinématographique jusqu'aux années 1990, se sont désintéressés de l'avenir du septième art, hypothéqué par la faiblesse de la production comme par la fermeture accélérée des salles de cinéma. L'occasion de se demander comment remédier à une telle situation à un moment où l'irruption des technologies numériques devrait au contraire faciliter le développement de l'industrie.

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