Extension Factory Builder
22/01/2013 à 16:08
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Militaires français sur une base aérienne malienne, près de Bamako. Militaires français sur une base aérienne malienne, près de Bamako. © Reuters

Tiébilé Dramé (en photo ci-dessous) est un ex-ministre des Affaires étrangères du Mali et président du Parti pour la renaissance nationale (Parena).

« N'an laara, an saara » (« Si nous restons passifs, nous serons anéantis »), selon Joseph Ki-Zerbo. De loin, j'aurais préféré que la mission qu'accomplissent les soldats français au Mali soit assurée par une armée africaine. Mais la mise en place d'une telle opération aurait pris un temps que la coalition jihadiste allait mettre à profit pour s'emparer de la base militaire de Sévaré, dotée d'un aéroport, et de la ville de Mopti. Les conséquences psychologiques et politiques d'une telle déroute auraient été désastreuses.

La prompte intervention de l'armée française a empêché le Mali de plonger dans le chaos qu'aurait entraîné le renversement programmé du président de transition, Dioncounda Traoré, par une coalition hétéroclite de partis populistes et d'organisations extrémistes. La simultanéité de l'agression terroriste et des activités séditieuses et déstabilisatrices à Bamako laisse perplexe.

Disons-le haut et fort, l'intervention française au Mali n'est pas une guerre coloniale. Elle n'est pas non plus une guerre néocoloniale dans la pure tradition de la Françafrique. C'est une guerre juste visant à affranchir tout un peuple opprimé et humilié, et à libérer les trois quarts du territoire d'un État souverain tombés sous le contrôle de groupes armés étrangers qui y instaurent une dictature obscurantiste de type moyenâgeux : viols, mariages forcés, femmes « épousées » par plusieurs miliciens, amputations, lapidations jusqu'à la mort, privation des libertés, destruction du patrimoine culturel, plusieurs centaines de milliers de déplacés et de réfugiés...

Aider les Maliens, dont l'armée et l'État se sont effondrés, à rompre les chaînes de l'oppression et de la barbarie est un acte de liberté et de démocratie.

Tel est le sombre tableau du Mali sous occupation. Aider les Maliens, dont l'armée et l'État se sont effondrés, à rompre les chaînes de l'oppression et de la barbarie est un acte de liberté et de démocratie. Et bientôt, l'armée française sera rejointe par les armées africaines décidées à verser leur sang pour la libération du Mali. Le Mali sera alors réunifié. L'autorité et la souveraineté de l'État seront à nouveau exercées sur toute l'étendue du territoire grâce à une mobilisation sans précédent de l'Afrique et de la communauté internationale.

Alors viendra l'heure de vérité pour les Maliens qui n'auront plus droit à aucune erreur, la disponibilité et la patience du monde n'étant pas sans limites. Ils devront immanquablement, sous la forme d'un dialogue national, apporter des réponses aux questions suivantes : comment s'est brisée la « vitrine » de la démocratie africaine ? Pourquoi l'armée et l'État se sont-ils effondrés ? Où étions-nous quand la gangrène de la corruption métastasait ? Qu'avons-nous fait et dit quand le narcotrafic prenait l'État en otage ? Qu'avons-nous fait pour empêcher l'installation de groupuscules jihadistes dans les montagnes de l'Adrar ? Où étions-nous quand les colonnes d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) descendaient du Timétrine et se promenaient sur les rives du lac Faguibine et dans la forêt du Wagadu ?

Si nous ne jouons pas à l'autruche du désert, un nouveau pacte national définissant les relations entre toutes les communautés, égales en droits et en devoirs, et un nouveau pacte de refondation de la République régiront les contours d'un nouveau Mali, qui émergera de l'annus horribilis qu'a été 2012.

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Réagir à cet article

Mali

Mali : trois morts dans des accrochages entre soldats et bandits armés près de la frontière burkinabè

Mali : trois morts dans des accrochages entre soldats et bandits armés près de la frontière burkinabè

Trois bandits armés ont été tués mercredi au Mali dans un accrochage avec des soldats maliens à Boulkessi, près de la frontière avec le Burkina Faso,.[...]

Soumaïla Cissé : "Dans le nord du Mali, le processus de paix est bloqué"

Leader de l'Union pour la république et la démocratie (URD) et opposant numéro un au président Ibrahim Boubacar Keïta (IBK), Soumaïla Cissé va officiellement devenir le chef de[...]

Hôtellerie : bientôt un Sheraton à Bamako ?

 L'homme d'affaires ivoiro-malien Cesse Kome va signer un accord avec Sheraton, marque de l'américain Starwood Hotels & Resorts, pour la construction d'un hôtel à Bamako, a appris "Jeune[...]

Fatoumata Diawara, artiste sans frontières

À l'affiche de plusieurs films, la Malienne Fatoumata Diawara est aussi une chanteuse reconnue. Rencontre à Ouagadougou.[...]

Mali : le Mujao revendique le meurtre d'un employé du CICR près de Gao

Le Mujao a revendiqué lundi l'attaque dans le Nord-Mali d'un convoi du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), dans laquelle un chauffeur a été tué.[...]

Mali : l'ex-président ATT peut-il revenir à Bamako ?

Plus d'un millier de personnes se sont rassemblées jeudi à Bamako pour demander le retour de l'ex-président malien Amadou Toumani Touré, exilé au Sénégal depuis 2012.[...]

Lassana Bathily décoré de la médaille du courage par le Centre Simon Wiesenthal à Los Angeles

Lassana Bathily, le jeune Malien qui a sauvé quatre personnes lors de la prise d'otages de l'Hyper Cacher en France, le 9 janvier, a été décoré mardi de la médaille du courage par le[...]

Terrorisme au Sahel : la stratégie de Sisyphe

Peut-être a-t-on crié victoire un peu vite : il ne suffit pas de couper quelques têtes pour éradiquer la menace jihadiste. Soldats français et Casques bleus l'apprennent à leurs[...]

Mali : la résolution de la crise du Nord, thème officieux de la visite officielle d'IBK à Alger

Le président malien Ibrahim Boubacar Keïta a entamé dimanche un voyage officiel de trois jours en Algérie. Il sera particulièrement question du fragile processus de paix malien, dans lequel Alger[...]

Mali : en plein marché, Aqmi décapite un homme accusé de travailler pour les Français

Des combattants d'Aqmi ont tué par balle puis décapité jeudi un civil qu'ils accusaient de travailler pour les forces françaises au Mali. L'exécution s'est déroulée en plein[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers

Jeune Afrique Emploi

Toutes les annonces
Purging www.jeuneafrique.com/Article/JA2715p022-031.xml5 from 172.16.0.100 Purging jeuneafrique.com/Article/JA2715p022-031.xml5 from 172.16.0.100