Extension Factory Builder
25/01/2013 à 16:42
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Officiers ouest-africains, à Bamako, le 16 janvier. Officiers ouest-africains, à Bamako, le 16 janvier. © Issouf Sanogo/AFP

La Force internationale d'intervention au Mali doit être composée de 3 300 hommes. Mais la mission demande à être précisée, et l'arrivée des soldats reste lente.

Mis à jour à 19h30.

À Bamako, il aura fallu attendre six jours après le déclenchement de l'opération Serval pour voir défiler les premières troupes africaines. Des Nigérians en l'occurrence, arrivés le 17 janvier, quelques heures avant les Tchadiens et les Togolais. Six jours, cela peut paraître long. « Pour nous, c'est en fait assez court », souffle un chef d'état-major d'un pays de la région.

Pour une fois, ce ne sont par les réticences politiques qui expliquent ce délai. Dès lors que les jihadistes ont lancé l'offensive, « tout le monde était d'accord pour intervenir », indique un ministre des Affaires étrangères de la zone. De fait, les voisins du Mali n'ont ainsi pas traîné pour annoncer l'envoi de soldats au sein de la Force internationale de soutien au Mali (Misma), pour un total qui pourrait aller jusqu'à 7 000 hommes - au lieu des 3 300 prévus au départ. Selon la Cedeao, les besoins de financement pourraient passer quant à eux de 500 millions de dollars à un milliard.

Dans la plupart des cas, les hommes engagés dans l'intervention représentent la crème des armées nationales. Les Nigériens, par exemple, ont été formés par des instructeurs français, et ils se trouvent depuis des semaines à la frontière avec le Mali. Quant aux Burkinabè, la plupart ont déjà effectué des missions de maintien de la paix, au Darfour notamment.

Misère logistique

Le commandant de cette force est un général nigérian. Son adjoint, un Nigérien. Chaque pays s'est vu confier une zone d'affectation. « En réalité, tout avait été décidé en amont », explique notre chef d'état-major.

D'un point de vue militaire, l'apport des soldats ouest-africains reste flou.

Ce qui a retardé l'arrivée de ces troupes, c'est tout simplement la misère logistique et la faible capacité de projection qui caractérisent les armées de la région. « C'est compliqué d'envoyer 500 hommes sans moyens de transport ! se défend un général ouest-africain. Même si des partenaires nous ont proposé des moyens aériens pour transporter les troupes, nous devons acheminer le matériel par la route. »

Autre explication, avancée par un diplomate ouest-africain : « Envoyer des hommes, cela signifie qu'il faut se réorganiser, à l'intérieur du pays, pour éviter des trous dans la surveillance du territoire. »

Renforts

Quel rôle peuvent jouer les soldats ouest-africains ? D'un point de vue militaire, leur apport reste flou. Officiellement, ils viendront en soutien de l'armée malienne, même si un général admet qu'il se peut « que [ils aient] un rôle plus offensif ». Les experts militaires français sont dubitatifs quant à l'apport que peuvent représenter ces soldats réputés peu formés et mal équipés. Leur arrivée est, en revanche, une bonne nouvelle diplomatique. « Cela permet de montrer que la France n'est pas seule dans ce combat », explique un diplomate ouest-africain.

L'apport tchadien est d'une tout autre nature. Les généraux français ont accueilli avec soulagement l'annonce, le 16 janvier, que N'Djamena enverrait 2 000 hommes au Mali (dont des membres de la garde présidentielle). Un renfort de poids. « Ce sont de bons soldats, qui connaissent bien le Sahel. Comme les Mauritaniens d'ailleurs », explique un expert africain. Après avoir longtemps tergiversé, Idriss Déby s'est décidé après avoir reçu une demande formelle du président malien par intérim, Dioncounda Traoré, mais aussi après un intense lobbying de certains de ses pairs, dont le Nigérien Mahamadou Issoufou. Les Tchadiens ne seront pas intégrés à la Misma, mais combattront à ses côtés, à l'image des Français. À l'heure où nous écrivions ces lignes, la Mauritanie n'avait pas encore pris sa décision, mais le président Mohamed Ould Abdelaziz n'y était pas opposé, à condition que les autorités maliennes le lui demandent. 

 

La carte de l'intervention militaire internationale au Mali :

 


Afficher L'intervention militaire étrangère au Mali sur une carte plus grande

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Réagir à cet article

Mali

Les mystères de la Corsafrique

Les mystères de la Corsafrique

Feliciaggi, Tomi, Pasqua, Foccart, Bongo Ondimba, Sassou Nguesso, IBK... Bienvenue en Corsafrique ! Dans son numéro double, "Jeune Afrique" consacre une enquête à l'ascension des Corses en Afrique, d[...]

Abdoulaye Diop : "La paix pour le Mali passe par l'accord d'Alger"

Abdoulaye Diop, le ministre malien des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, revient sur le préaccord d'Alger que la Coordination des mouvements de l'Azawad (CMA) refuse toujours de[...]

Mali : quand les mausolées des saints de Tombouctou ressuscitent

Trois ans après la destruction des mausolées de Tombouctou, classés au patrimoine mondial de l'Unesco, la "Ville aux 333 saints" a entamé leur reconstruction. Et renoué avec une[...]

Mali : remue-ménage onusien autour du préaccord de paix

À l'issue de sa réunion consacrée au Mali, le 9 avril, le Conseil de sécurité de l'ONU a appelé les groupes rebelles de la Coordination des mouvements de l'Azawad (CMA)[...]

Deux morts dans une attaque contre un convoi de l'ONU dans le nord du Mali

Deux personnes ont été tuées par balles près de Gao, au nord du Mali, dans une attaque contre un convoi de la Mission de l'ONU au Mali (Minusma) vendredi soir, trois jours après un[...]

Sahel : l'armée française multiplie les opérations contre les jihadistes

Les militaires français déployés au Sahel dans le cadre de l’opération Barkhane multiplient ces dernières semaines les frappes contre des bases jihadistes entre le Niger et le Mali. [...]

Méditerranée : des migrants musulmans accusés d'avoir jeté douze chrétiens à la mer

Un drame mêlant religion et immigration s’est produit mercredi en Méditerranée. Douze Chrétiens auraient été jetés par-dessus bord après une altercation avec des[...]

Attaque suicide dans le nord du Mali : trois civils tués et des blessés dont neuf Casques bleus

Trois civils ont été tués et plus d'une dizaine de personnes ont été blessées dont neuf Casques bleus, dans une attaque-suicide dans le Nord, à Ansango.[...]

Crise au Mali : nouvelle réunion à Alger, la médiation internationale dans l'impasse

Menée par l'Algérie, la médiation internationale sur la crise dans le nord du Mali pensait avoir trouvé un accord de paix. Mais si celui-ci a été paraphé par Bamako depuis le 1er[...]

Mali : la France annule pour 64,8 millions d'euros de dette

Le ministre français des Finances Michel Sapin a informé le président malien Ibrahim Boubacar Keïta l'annulation de 43 milliards de francs CFA, soit 64,8 millions d'euros, de la dette du Mali, ont[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers
Purging www.jeuneafrique.com/Article/JA2715p022-031.xml3 from 172.16.0.100 Purging jeuneafrique.com/Article/JA2715p022-031.xml3 from 172.16.0.100