Extension Factory Builder
23/01/2013 à 09:09
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Capture d'écran de la vidéo 'Wa Hiya Benkirane' de Cheick Sar, sur Youtube. Capture d'écran de la vidéo "Wa Hiya Benkirane" de Cheick Sar, sur Youtube. © J.A.

Jusque-là partisan du PJD, l'artiste marocain Cheikh Sar déchante. Il dénonce désormais l'immobilisme du gouvernement Benkirane.

La vidéo Wa Hiya Benkirane (« Hé Benkirane ! » voir ci-dessous) est apparue sur YouTube le 6 janvier. Largement reprise sur les réseaux sociaux, elle totalise déjà des dizaines de milliers de vues. Sur l'air de la célèbre chanson de pop coréenne Gangnam Style, elle apostrophe le chef du gouvernement marocain : « Hé Benkirane, Benkirane ! Agis ! Trouve une solution, montre-nous ce que tu sais faire ! Épate-nous ! Ça fait longtemps qu'on attend le changement, mais on ne voit rien venir ! »

Un an après la victoire électorale du Parti de la justice et du développement (PJD), c'est son leader qui est directement visé. « Allez Benkirane ! Le peuple t'a choisi, tu es responsable maintenant ! Débrouille-toi, tu t'es mis dans le pétrin tout seul ! Prépare-toi à l'opposition ! Hé le populiste ! » Cheikh Sar, qui moque aussi la métamorphose des islamistes, passés « de la djellaba à la cravate », ne s'est pas toujours opposé à eux.

"Muslim forever"

Au contraire, ce rappeur originaire d'Errachidia était, en novembre 2011, la coqueluche des meetings électoraux du PJD. À l'époque, il chauffait les salles pour les candidats barbus et appelait les jeunes à voter pour le changement. Au printemps 2012, arborant un tee-shirt « Muslim Forever », il lançait dans sa ville une opération de sensibilisation contre la « dissolution des moeurs ». Son arme ? Des flyers porteurs d'un sermon : « Ma soeur ! Je veux ton bien ! Demain, tu vas mourir. Sauve ton âme du Jugement ! Le changement est possible, dès maintenant. Signé : un bienfaiteur. » L'initiative n'avait pas fait grand bruit, mais elle semblait en phase avec les précédentes déclarations de Cheikh Sar. Jusqu'en octobre dernier, le jeune homme affichait un soutien sans fard au gouvernement dans sa chanson Benkirane est responsable ! Tu m'as compris ou pas ?, en référence à un tic de langage de l'intéressé. Abdelilah Benkirane, qu'il critique maintenant, avait reconnu son talent, lui remettant même un prix, en décembre 2011 : « Tu dis que c'est un honneur pour toi d'être en présence du chef du gouvernement. Moi, je te dis que je suis honoré de te connaître. » C'était avant.

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Réagir à cet article

Maroc

Abdelmalek Alaoui, l'homme qui murmure à l'oreille des puissants

Abdelmalek Alaoui, l'homme qui murmure à l'oreille des puissants

Sans renier l'héritage de son père, indéboulonnable ministre de Hassan II, Abdelmalek Alaoui ne doit sa réussite qu'à son talent. Fondateur de Global Intelligence Partners, il consei[...]

Réchauffement climatique : la carte des 15 lieux les plus menacés d'Afrique

À l'occasion du sommet sur le climat à New York organisé le 23 septembre par le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, "Jeune Afrique" publie sa carte des 15 lieux les plus[...]

"Les Tribulations du dernier Sijilmassi" : "burn out" sous le burnous avec Fouad Laroui

Qui n'a jamais eu envie de changer de vie ? Un ingénieur marocain, héros du dernier livre de notre collaborateur Fouad Laroui, en lice pour le Goncourt, y est bien résolu. Mais de la coupe aux[...]

À Paris, deux expositions réconcilient la France et le Maroc

Deux grandes expositions sont programmées au Louvre et à l'Institut du monde arabe sur le Maroc à partir de la mi-octobre. Rabat et Paris se reconnectent loin de la brouille diplomatique.[...]

Maroc : le rappeur Mouad Belghawat, alias Lhaqed, est sorti de prison

Le rappeur marocain Mouad Belghawat est libre. Lhaqued, de son surnom, est sorti de prison jeudi après avoir purgé une peine de quatre mois pour atteinte à agent des forces de l'ordre.[...]

Maroc : nouveaux appels a l'abandon des poursuites contre le journaliste Ali Anouzla

À l'occasion du premier anniversaire de l'interpellation d'Ali Anouzla, journaliste marocain poursuivi pour aide au terrorisme, son comité de soutien et 12 ONG tunisiennes ont de nouveau réclamé[...]

Maroc : la relève de l'Amazigh Power

Artistes, écrivains ou acteurs associatifs, ils incarnent une nouvelle génération de militants qui se battent pour que la composante berbère de l'identité nationale se traduise dans tous[...]

Maroc : Bouhcine Foulane, 34 ans, la musique amazigh

Ils veulent faire revivre la musique amazigh sous un aspect moderne. Ribab Fusion - le ribab est une sorte de violon à corde unique typiquement amazigh -, ce sont six musiciens âgés de 26 à[...]

Maroc : Brahim El Mazned, 47 ans, les festivals berbères

Derrière le manager culturel, connu sous la casquette de directeur artistique du festival Timitar d'Agadir, il y a l'ethnologue, celui qui a sillonné toute l'Afrique, allant à la rencontre des[...]

Maroc : Mounir Kejji, 42 ans, le désenclavement rural

Né à Goulmima, non loin d'Errachidia, il a été tour à tour militant universitaire, associatif et politique. Aujourd'hui, Mounir Kejji veut se consacrer au désenclavement des[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers
Buy VentolinBuy Antabuse Buy ZithromaxBuy Valtrex