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21/01/2013 à 09h:57
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La guerre qui se déroule sous nos yeux ne ressemble à aucune autre menée jusqu'ici. Elle implique un nombre impressionnant d'acteurs, chez les terroristes et autres trafiquants en tous genres, comme chez ceux qui veulent les détruire ou les neutraliser. Ces protagonistes, dans les deux camps, ne partagent ni les mêmes objectifs ni les mêmes méthodes. Voilà qui promet... Et pour rendre cet écheveau encore plus inextricable, ceux qui ont la charge d'informer le grand public, c'est-à-dire nous, les médias, ne contribuent pas à éclairer la situation.

L'attaque, et sa gestion, de la plateforme gazière et de la base de vie d'In Amenas, dans le Sud-Est algérien, est l'illustration la plus caricaturale de ce que sera réellement cette guerre, et de ce qui nous attend. À l'heure où ces lignes sont écrites, un véritable déluge d'« informations », non sourcées, non vérifiées, contredites dès leur publication ou contradictoires, s'est abattu sur nous. Une seule règle : balancer, publier, mettre en ligne le plus vite possible, occuper l'antenne ou remplir les colonnes. Sans parler des analystes et prétendus experts échafaudant à chaud et en direct moult théories qui ne reposent... sur rien. En cause, l'issue tragique de cette prise d'otages et, surtout, l'attitude d'Alger, accusé illico de violence aveugle et gratuite, mais aussi de n'en faire qu'à sa tête.

C'est occulter plusieurs paramètres, en attendant de connaître la vérité, quitte à demander des explications - et cela est légitime, bien entendu. On a longtemps dit que les Algériens se lavaient les mains de ce qu'il se passait au Mali et plus largement au Sahel. Faux : c'est leur préoccupation première, depuis longtemps et plus encore depuis l'intervention militaire en Libye. Ils y allouent des moyens considérables, humains et financiers. Mais ils le font seuls ou presque, se méfient des Français (moins depuis la visite de Hollande à Alger) et des Ouest-Africains, pensent, à raison - notamment parce que, historiquement, ils y sont plus impliqués -, mieux maîtriser le casse-tête malien et défendent d'abord, comme toutes les autres nations de la planète, Français et Américains en tête, leurs propres intérêts. En l'occurrence, l'opération s'est déroulée sur leur sol et visait leurs infrastructures. Personne, à part eux, ne connaissait le but réel des jihadistes : opération kamikaze destinée à faire le plus de dégâts possibles ou prise d'un très grand nombre d'otages occidentaux destinés à être déplacés ailleurs dans le Sahel de manière à rendre bien plus délicate qu'elle ne l'était déjà l'intervention militaire.

Dernier élément d'explication, non négligeable : les Algériens savent mieux que quiconque ce qu'est le terrorisme et qui sont ses adeptes. Ils en ont souffert pendant plus d'une décennie, au cours de laquelle les morts se sont comptés par dizaines de milliers, et pensaient en avoir (presque) fini avec ce fléau. Une seule préoccupation chez eux, qui n'ont jamais négocié quoi que ce soit pendant cette période sanglante (il semble d'ailleurs que cette fois ils l'aient fait) : frapper fort, détruire la menace et dissuader les terroristes de recommencer. Au-delà de l'intervention militaire française (en attendant son élargissement) à proprement parler, c'est bien à une sale guerre qu'il nous faut nous préparer. Par la faute d'une internationale terroriste qui multipliera ce type d'opération. 

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