Extension Factory Builder
20/01/2013 à 18:45
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Claude Le Roy, entraîneur de l'équipe nationale. Claude Le Roy, entraîneur de l'équipe nationale. © AFP

Face au Niger, mais surtout au Ghana et au Mali, les Léopards devront batailler ferme. Ils pourront compter sur l'expérience de leur sélectionneur. Interview.

À 64 ans, il fait partie des entraîneurs qui ont marqué le continent. De retour depuis 2011 en RD Congo, Claude Le Roy vient aider les Léopards à sortir de l'anonymat. En six phases finales de la Coupe d'Afrique des nations (CAN) - disputées avec le Cameroun, le Sénégal, le Ghana et, déjà, la RD Congo -, le technicien français a toujours franchi le premier tour, remportant même le tournoi en 1988 avec les Lions indomptables. Pour Jeune Afrique, il revient sur ces douze années passées sur un continent qui le fascine.

Jeune Afrique : Quand vous avez été nommé sélectionneur du Cameroun en 1985, imaginiez-vous que vous commenciez une si longue relation avec l'Afrique ?

Claude Le Roy : Je n'y pensais pas. Même si l'Afrique était depuis mon enfance très présente chez moi, puisque mon père était très engagé politiquement et défendait les volontés d'indépendance de l'Algérie ou du Congo. Ça vient de très loin ! À l'école, en sixième, je parlais de Patrice Lumumba à mes camarades et ça les amusait car ils ne comprenaient pas très bien.
Au Cameroun, les premiers mois ont été compliqués. Les gens se demandaient pourquoi on confiait une partie de leur patrimoine national - les Lions indomptables - à un jeune entraîneur sans aucune expérience internationale.

Vous n'avez pas mis longtemps à vaincre ce scepticisme...

Très vite, nous sommes partis en tournée plus de deux mois en France, en RFA [République fédérale d'Allemagne, NDLR] et au Brésil. Cela a constitué l'acte fondateur d'une génération, et cette équipe a réussi à atteindre la finale de la CAN 1986 contre l'Égypte au Caire [0-0, 5-4 aux tirs au but en faveur des Pharaons], alors que personne ou presque ne croyait en nos chances. Deux ans plus tard, au Maroc, nous avons remporté la compétition. Après, je suis parti car je n'entretenais pas les meilleures relations avec le ministre des Sports de l'époque. Alors que Paul Biya, le président de la République, me proposait un contrat de six ans !

Vous avez ensuite entraîné le Sénégal (1989-1992), puis vous êtes parti en Asie et en Europe avant de revenir au Cameroun (1998). Faut-il parfois quitter l'Afrique pour mieux la retrouver ?

Oui. C'est un continent fascinant. Il y a un potentiel humain extraordinaire - et ce n'est bien sûr pas valable que pour le football -, mais l'Afrique demande une énergie énorme. J'ai vécu dans tous les pays où j'ai travaillé, en Afrique, en Asie [Émirats arabes unis, Malaisie, Chine, Oman, Syrie] ou en Europe. On ne peut pas être sélectionneur et ne venir que cinq jours tous les deux mois. En Afrique, un sélectionneur doit s'occuper de beaucoup de choses. Et rien ne m'énerve davantage que d'entendre des gens dire que les Africains ne sont pas travailleurs ni disciplinés. À partir du moment où on leur propose un projet cohérent, c'est un bonheur de travailler avec eux.

Votre victoire lors de la CAN 1988 est-elle votre meilleur souvenir sur le continent ?

Non, même si elle fait partie des meilleurs. Je réponds toujours par une pirouette en disant que le meilleur est à venir. Mais une de mes plus grandes fiertés, c'est que certains pays, comme le Cameroun ou la RD Congo, m'ont rappelé. J'ai toujours ressenti une vraie proximité avec les supporteurs. Jamais je ne me suis senti menacé. Et j'ai conservé des liens étroits avec des joueurs que j'ai eus sous ma direction.

Peut-être parce que vous obtenez des résultats. En six phases finales de CAN, vous avez toujours passé le premier tour...

C'est vrai. Cette fois-ci, ce sera compliqué, avec le Ghana et le Mali, qui semblent nous être supérieurs. Mais on va essayer de bien jouer, de faire quelque chose. Et aussi d'être exemplaires dans le comportement. 

Revenir en RD Congo, est-ce un de vos défis les plus osés ?

Peut-être. La RD Congo devrait faire partie du top 5 africain - et pas seulement pour le foot. Le président Kabila m'a demandé de revenir dans l'urgence il y a un peu plus de un an. L'équipe ne gagnait plus, certains joueurs refusaient de venir en sélection. J'ai accepté, avec l'objectif de participer à la CAN 2013. Nous y sommes.

 

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Réagir à cet article

RD Congo

RDC : l'UDPS favorable au dialogue proposé par Kabila

RDC : l'UDPS favorable au dialogue proposé par Kabila

L'UDPS, formation d'opposition très affaiblie, estime que le dialogue avec l'administration Kabila "doit mener à de bonnes élections".[...]

Technologies : quand WhatsApp bouscule les codes de la communication politique en Afrique

Lancée depuis bientôt cinq ans, l’application de messagerie internet WhatsApp a conquis les smartphones de millions d’utilisateurs dans le monde. Très utilisé en Afrique, l’outil[...]

C'est du vent !

Les voyages forment tout le monde, quel que soit l'âge de chacun. Il n'y a guère longtemps, je me suis retrouvé dans la capitale - que je préfère ne pas nommer - d'un pays[...]

RDC : pourquoi Kabila veut négocier avec l'opposition

Après avoir dépêché un émissaire - Kalev Mutond, le patron de l'Agence nationale de renseignements - auprès de ses opposants "radicaux" (Vital Kamerhe, les partisans[...]

RDC - Neeskens Kebano : "Je vis ma meilleure saison depuis que je suis professionnel"

Neeskens Kebano, qui a renoncé à la possibilité de jouer en équipe de France pour porter le maillot des Léopards, a été élu Soulier d’Ebène du championnat de[...]

Stromae, griot sarcastique malgré lui

Le chanteur belge Stromae est en tournée africaine. Ecoutées au premier degré ou pastichées, les chansons de son album "Racine carrée" illustrent la politique du continent.[...]

RDC : pourquoi l'hommage de Zoé Kabila aux "kadogo" fait polémique sur Twitter

Le député congolais Zoé Kabila, frère du président de la RDC, a tenu à rendre un hommage samedi sur Twitter aux "kadogos qui ont fait le choix de laisser leurs stylos pour les[...]

RDC : la justice sud-africaine abandonne les poursuites contre le pasteur Mukungubila

Le tribunal de Johannesburg a décidé vendredi d’abandonner les poursuites engagées contre le pasteur Paul-Joseph Mukungubila, qui était accusé d'avoir fomenté les attaques du 30[...]

RDC : Henri Mova Sakanyi succède à Evariste Boshab à la tête du PPRD

Jusque-là ambassadeur de la RDC à Bruxelles, Henri Mova Sakanyi a été désigné vendredi secrétaire général du Parti du peuple pour la reconstruction et la[...]

RDC : la contestation gagne du terrain dans l'Est, 23 morts dans un nouveau massacre à Beni

Dans le territoire de Beni, où 300 personnes ont été tuées depuis octobre dans des massacres, la contestation contre les autorités se propage, alors que 23 personnes ont été[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers