Plusieurs personnalités ont joué un rôle déterminant dans la relation particulière qui s'est instaurée depuis cinq ans entre Bangui et Pretoria - elle s'est concrétisée récemment par l'envoi de quatre cents militaires sud-africains en Centrafrique. Côté centrafricain, c'est l'ancien ministre d'État Sylvain Ndoutingaï, installé à Ouagadougou depuis sa disgrâce, qui, en 2008, a conclu un accord de défense avec Patrick Lekota, le ministre de la Défense de Thabo Mbeki. Le président Bozizé a ensuite confié ce dossier sensible à Jean-Francis, son fils, et à Fabien Singaye, son conseiller spécial d'origine rwandaise - l'un et l'autre se sont rendus à Pretoria en novembre 2012. Côté sud-africain, deux femmes sont à la manoeuvre : Nosiviwe Mapisa-Nqakula, la ministre de la Défense, et Maite Emily Nkoana-Mashabane, sa collègue des Affaires étrangères, laquelle a fait un voyage éclair à Bangui en pleine crise, début janvier. Côté business, enfin, l'homme d'affaires congolais Didier Pereira, qui effectue de fréquents allers-retours entre les deux capitales, est incontournable. Ce proche de Bozizé est l'un des fils du colonel Roger Pereira, ancien directeur du protocole de Denis Sassou Nguesso puis de Pascal Lissouba, devenu un entrepreneur prospère en Guinée équatoriale, où il est lié à la famille du président Obiang Nguema Mbasogo.

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