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14/01/2013 à 13:14
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Un combatant jihadiste du Nord-Mali. Un combatant jihadiste du Nord-Mali. © AFP

Le mercredi 9 janvier, les jihadistes du Nord-Mali se sont emparés de la ville de Konna, à 70 km de Mopti. Deux jours plus tard, ils la perdaient à l'issue de violents combats contre l'armée malienne, appuyée par les forces françaises. Pourquoi, les jihadistes ont-ils décidé de se lancer dans une telle opération ? Éléments de réponse.

François Hollande l'avait dit et répété (voir son entretien dans J.A., octobre 2012) : il n'y aura « pas de troupes au sol françaises » dans le Sahel ; la France se contenterait d'appuyer une éventuelle force africaine. Mais ça, c'était avant le 10 janvier. Ce jour-là, la défaite de l'armée malienne à Konna, à 70 km au nord de Mopti, a en effet provoqué un vent de panique sensible jusqu'à Paris. Dès le lendemain, le chef de l'État français a promis de s'engager contre « les terroristes ».

Mais pourquoi les combattants d'Ansar Eddine (emmenés par Iyad Ag Ghali, venu en personne sur le terrain), du Mouvement pour l'unicité et le jihad (Mujao) et d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) sont-ils repassés à l'attaque ? « Parce que Iyad soupçonne Bamako de jouer un double jeu. Il veut contraindre le gouvernement malien à vraiment négocier, à Ouagadougou », explique le conseiller d'un chef d'État d'Afrique de l'Ouest [des pourparlers doivent reprendre le 21 janvier, NDLR]. Surtout, Konna est proche de Sévaré, où se trouve le QG opérationnel de l'armée malienne, pas très loin de Mopti. Si l'aéroport de Sévaré venait à tomber, cela compliquerait beaucoup une éventuelle opération de reconquête.

Coup soigneusement préparé

Les jihadistes ne s'y sont pas trompés et ont soigneusement préparé leur coup. Début janvier, plusieurs milliers de combattants et plus de 300 pick-up venus de Gao et de Tombouctou ont convergé vers la ligne de front. Au même moment, des témoins ont vu arriver dans les deux grandes villes du Nord plusieurs convois transportant des fûts de 200 litres de carburant en provenance de Bordj Badji Mokhtar, à la frontière algérienne - le tout en l'espace de quatre jours. Commentaire d'un autre conseiller : « Une telle quantité de carburant n'a pas pu quitter le territoire algérien sans le feu vert d'Alger. »

Bamako et Paris ont bien senti le danger. Quelques heures après la chute de Konna, des troupes d'élite françaises acheminées par avion C-160 et appuyées par des hélicoptères ont débarqué à Sévaré, avant même que Hollande ne réponde à l'appel au secours de Dioncounda Traoré. Ces hommes appartiennent aux forces spéciales stationnées notamment au Burkina et au Tchad.

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