Extension Factory Builder
14/01/2013 à 18:09
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Manifestation devant l'ambassade de France à Bangui, le 26 décembre 2012. Manifestation devant l'ambassade de France à Bangui, le 26 décembre 2012. © Sipa

Officiellement, Paris ne veut pas intervenir dans les affaires centrafricaines. Concrètement, les 580 soldats français compliquent la tâche des rebelles.

« Près de un militaire par Français, c'est une protection exceptionnelle ! » fait remarquer un diplomate en poste à Bangui. De fait, 580 soldats français veillent actuellement sur les quelque 800 expatriés encore présents dans la capitale centrafricaine. D'où l'inévitable question : à quoi joue l'armée française ? « Si nous sommes présents, ce n'est pas pour protéger un régime, c'est pour protéger nos ressortissants et nos intérêts, et en aucune façon pour intervenir dans les affaires intérieures d'un pays. Ce temps-là est terminé », a lancé François Hollande le 27 décembre.

Il reste que ce dispositif complique sérieusement la tâche des rebelles. 1 - La présence française à l'aéroport de Bangui M'Poko rassure les pays voisins (Cameroun, Congo-Brazzaville, Gabon), qui, du coup, envoient chacun une compagnie en Centrafrique pour « s'interposer ». 2 - En cas d'offensive rebelle sur Bangui, ces soldats français ne resteront pas qu'à l'aéroport. Ils tiendront les principaux axes de la capitale pour sécuriser l'évacuation des étrangers. Déjà en 1996, lors d'une mutinerie anti-Patassé, le chef des mutins, le capitaine Solé, avait lancé aux Français : « Laissez-nous un couloir pour aller jusqu'à la présidence. » Sans succès.

Le sort des opposants

En février 2008, la décision de Nicolas Sarkozy de tenir le périmètre de l'aéroport de N'Djamena avait bien aidé Idriss Déby Itno face à ses rebelles. Le scénario va-t-il se répéter à Bangui ? En fait, la différence de Hollande se situe sur le terrain politique. Le lendemain de la bataille de N'Djamena, Sarkozy s'était totalement désintéressé du sort des trois opposants - dont Ibni Oumar Mahamat Saleh - arrêtés par le pouvoir tchadien. Aujourd'hui, Hollande fait savoir au régime centrafricain qu'il est très préoccupé par la sécurité de l'opposition civile à Bangui. Sans doute l'a-t-il dit très directement à François Bozizé le 31 décembre. Lors de cet entretien téléphonique d'une vingtaine de minutes, le président centrafricain a répété qu'il ne serait pas candidat en 2016. C'est précisément ce que voulait entendre Hollande... 

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Réagir à cet article

Centrafrique

Desmond Tutu :  la Centrafrique est 'au bord du génocide'

Desmond Tutu : la Centrafrique est "au bord du génocide"

La Centrafrique est "au bord du génocide", s'est alarmé dimanche l'archevêque sud-africain Desmond Tutu, appelant ses habitants à pardonner pour "réapprendre à vivre ensemble[...]

Centrafrique : un prêtre assassiné dans le Nord

Un prêtre centrafricain a été tué vendredi dans la région de Paoua, dans le nord de la Centrafrique, par des hommes armés assimilés aux peuls et à l'ex-rébellion[...]

Centrafrique : Patrice-Édouard Ngaïssona placé sous contrôle judiciaire

Coordinateur politique autoproclamé des anti-balaka, Patrice-Édouard Ngaïssona a été placé jeudi sous contrôle judiciaire.[...]

Carte interactive : voyagez en Afrique sans visa !

En vertu d'accords bilatéraux ou dans le cadre d'organisations sous-régionales, plusieurs pays africains ont supprimé l'obligation de visa d'entrée sur leurs territoires. Grâce à une carte[...]

Misca : le Tchad annonce que tous ses soldats ont quitté la Centrafrique

Il n'y a plus de soldats tchadiens en Centrafrique. Mercredi, le Tchad a annoncé avoir achevé le retrait de ses troupes lors d'une cérémonie officielle présidée, à Sarh, dans le[...]

Rwanda - Centrafrique : à Bangui, le passé résonne dans l'esprit des soldats rwandais

Les violences intercommunautaires dans la capitale centrafricaine réveillent de douloureux souvenirs chez les soldats rwandais de la Misca. Qui tentent d'utiliser leur expérience pour apaiser les tensions.[...]

Jean-Yves Le Drian : "IBK doit négocier, Samba-Panza aussi"

Mali, Centrafrique, Libye... Le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian, reconduit à son poste le 2 avril, est sur tous les fronts africains. Entretien avec un Breton sans états[...]

Centrafrique : des habitants fuient après des violences au passage d'un convoi de musulmans

La majorité des 7 000 habitants de Boguila, dans le nord de la Centrafrique, se sont enfuis dans la brousse en raison d'affrontements armés au passage d'un convoi de la force africaine escortant plus de 500 [...]

Centrafrique : heurts à Bria, au moins deux soldats de la Misca blessés

La ville de Bria été le théâtre de heurts entre des éléments armés et militaires des forces internationales (Sangaris et Misca). Deux soldats congolais de la force africaine ont[...]

Sommet UE-Afrique : les entretiens de Samba-Panza

Retour sur le déplacement de Catherine Samba-Panza, la présidente de la transition centrafricaine, à Bruxelles et Paris, lors du sommet UE-Afrique.[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers