Après vingt-six ans de recherches, Manille renonce à récupérer les milliards détournés par le dictateur défunt et sa veuve excentrique.
Évanoui, le magot de Ferdinand Marcos ! Le 1er janvier, Manille a renoncé à poursuivre les recherches engagées il y a vingt-six ans pour mettre la main sur les 10 milliards de dollars (7,6 milliards d'euros) détournés par le dictateur philippin (1966-1986). Il est vrai qu'il y a de quoi se décourager, seuls 4 milliards de dollars ayant été retrouvés à ce jour. La Commission présidentielle pour un gouvernement juste, chargée des investigations, va donc être dissoute. Depuis sa création, elle ne cesse de se heurter à un manque de moyens et, surtout, aux entraves de la famille Marcos. « Cela fait plus d'un quart de siècle, et les personnes visées sont de retour au pouvoir », a déploré Andres Bautista, le président de la Commission. Aux Philippines, les Marcos, rentrés d'exil après la mort du dictateur en 1989, ne sont plus des pestiférés : Imelda, la veuve excentrique, et Ferdinand Jr, le fils, ont même été élus députés en 2010.
Immobilier à New York, tableaux de maîtres... Marcos avait investi l'argent détourné et placé au moins 600 millions de dollars sur des comptes numérotés en Suisse. Quant à son épouse, elle s'était rendue célèbre pour ses 3 000 paires de chaussures et ses bijoux, d'une valeur estimée à 310 millions de dollars.
Broutille
Le pactole des Marcos reste auréolé de mystère. De quoi rendre pessimistes d'autres pays sur leurs chances de récupérer les avoirs détournés... Surtout quand on sait que la fortune de Zine el-Abidine Ben Ali, l'ancien président tunisien, a été évaluée par le magazine américain Forbes à 6,5 milliards de dollars. Presque une broutille à côté de celle de l'Égyptien Hosni Moubarak, qui, selon le quotidien britannique The Guardian, se situerait entre 40 et 70 milliards de dollars.
Quant aux 6,5 millions de dollars du maréchal Mobutu, ils ont été gelés à sa mort en 1997 avant que la justice suisse ne les restitue à sa famille, rejetant les demandes de l'État congolais en invoquant la prescription des faits. Dans le cas Marcos, la partie n'est peut-être pas perdue : la Commission présidentielle pour un gouvernement juste va transmettre ses dossiers au ministère de la Justice.
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