Le 1er janvier, la Mauritanie et le Mali ont à leur tour interdit la production, la vente et l'usage de ce type d'emballages.
Le Rwanda a été pionnier, en 2004. Puis ont suivi, entre autres, le Gabon, le Togo, la RDC, le Congo, le Ghana, l'Afrique du Sud, le Tchad ou encore le Maroc, où l'ensemble de la grande distribution s'est mis aux sacs biodégradables. Aujourd'hui, c'est au tour de la Mauritanie et du Mali de s'attaquer au fléau du sac plastique, responsable de la souillure des paysages, de la pollution des sols et de l'empoisonnement de la faune. L'interdiction de les fabriquer, de les vendre et de les utiliser y est entrée en vigueur le 1er janvier.
Et ce n'est pas fini, puisque la Côte d'Ivoire et l'Algérie envisagent elles aussi de légiférer. « Il y a une vraie volonté politique », assure Philippe Michon, représentant pour l'Afrique de Symphony Environmental, une société britannique qui distribue un additif chimique rendant les sacs biodégradables en trois ans. Cette dernière technologie est l'une des solutions de substitution, avec le sac en papier et le sac végétal (à base d'amidon de maïs notamment).
Informel
Reste que la mise en oeuvre de l'interdiction n'est pas une sinécure, notamment dans le secteur informel, qui échappe bien souvent aux lois. De plus, certains domaines d'activité, comme l'agroalimentaire, peuvent difficilement se passer du plastique : ainsi, au Rwanda, l'utilisation de cette matière a été réhabilitée dans certains cas. Les États sont également soumis aux pressions des producteurs de sacs eux-mêmes, qui, à moins d'investir massivement, sont menacés de disparaître avec une telle interdiction. En Mauritanie, par exemple, on trouve une douzaine de lignes de production.
« Nous voyons avec tristesse nos emballages se répandre dans la nature. C'est la raison pour laquelle nous avons réduit l'épaisseur de nos produits et créé une filière de recyclage », explique un industriel à Dakar, où aucune législation n'existe.
Si, comme au Togo, de nombreuses campagnes de sensibilisation ont été lancées dans les pays ayant interdit le sac plastique, une législation sans contrôle ni sanction reste inutile, comme a pu le constater le Tchad. La Mauritanie prévoit donc jusqu'à un an de prison et 1 million d'ouguiyas (2 475 euros) d'amende pour les contrevenants. Le prix à payer pour faire disparaître ces si peu naturelles « fleurs du Sahel ».

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