Extension Factory Builder
10/01/2013 à 19:32
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Le secteur de la pêche représente 17% du PIB et 35% des emplois locaux. Le secteur de la pêche représente 17% du PIB et 35% des emplois locaux. © Vincent Fournier pour J.A.

Les autorités préparent un nouveau plan de développement régional. De quoi donner une vraie substance au projet d'autonomie.

Le 6 novembre dernier, Mohammed VI avait demandé au Conseil économique, social et environnemental (Cese) de préparer un « modèle de développement régional intégré et rigoureux » pour les provinces du Sud. Une commission ad hoc s'est donc attelée à la tâche et vient de produire un rapport préliminaire. Ce document d'une quinzaine de pages a été présenté au roi le 2 janvier par Chakib Benmoussa, le président du Cese, en présence d'Abdelilah Benkirane, le chef du gouvernement, de Mohand Laenser, son ministre de l'Intérieur, et de quatre membres du cabinet royal : Omar Azziman, Zoulikha Nasri, Fouad Ali El Himma et Abdeltif Menouni.

Cette « note de cadrage » livre un premier diagnostic sans complaisance de la situation économique et sociale des provinces sahraouies. Si l'effort d'investissement de l'État du Maroc est patent - ce dont témoigne l'indice de développement humain au Sahara, supérieur à la moyenne nationale -, la région « n'a pas connu de réel décollage économique ». La création locale de valeur ajoutée reste très faible, en dépit d'exonérations fiscales censées encourager l'investissement privé. On est loin du discours lénifiant sur le « bond en avant », ce qui constitue un premier indice du sérieux de la démarche des rapporteurs.

Malgré les investissements, ces provinces ne connaissent pas encore de réel décollage.

Sur le plan social, souligne le document, les provinces sahraouies sont affligées d'un chômage « persistant », touchant plus particulièrement les femmes et les jeunes, de « difficultés de cohésion sociale et d'intégration » alimentant les « tensions sociales ». Une allusion à peine voilée aux incidents de ces dernières années à Laayoune (2005, 2010), Boujdour et Dakhla (2011).

Démarche participative

Bref, le constat invite à repenser en profondeur l'action des services de l'État, dont la « gestion locale reste déterminée par des considérations d'urgence plutôt que par une vision à moyen et long termes ». D'ailleurs, la réflexion engagée par le Cese s'inscrit dans une perspective relativement lointaine mais « réaliste, se situant entre dix et quinze ans ». D'ici à la remise du rapport définitif, prévue en octobre 2013, le Conseil prévoit de rencontrer un large éventail d'acteurs, au-delà des membres du gouvernement, de l'administration territoriale et des présidents des régions et collectivités locales déjà auditionnés ces dernières semaines. Il est ainsi prévu de multiplier les rencontres avec les chioukh (chefs) des tribus, les acteurs économiques et des membres de la société civile, dans une démarche participative.

Au moment où le processus de règlement politique - et notamment les pourparlers directs sous l'égide du représentant onusien, Christopher Ross - semble au point mort, Rabat entend reprendre la main en donnant plus de substance à sa proposition d'autonomie élargie présentée en avril 2007 pour régler le conflit au Sahara occidental. 

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Article suivant :
Touche pas à mon chameau !

Article pr�c�dent :
CAN 2013 : les seize équipes à la loupe

Réagir à cet article

Maroc

SOS Fifa

Fifa : un sigle qui sent de plus en plus le soufre. Principale institution sportive mondiale, avec le Comité international olympique (CIO), la Fédération internationale de football association gè[...]

Maroc : Baha, l'irremplaçable stratège de Benkirane

La mort accidentelle de son bras droit Abdellah Baha prive le chef du gouvernement marocain, Abdelilah Benkirane, d'un confident, d'un conseiller et d'un stratège. Amputé de son éminence grise, il[...]

Classement 2014 : Algérie, Tunisie et Sénégal au sommet des sélections africaines de foot

Après l’Égypte (2010), la Côte d’Ivoire (2011), la Zambie (2012) et le Nigeria (2013), l’Algérie, huitième de finaliste de la Coupe du monde et facilement qualifiée pour[...]

Maroc - Scandale du stade de Rabat : camouflet royal pour Mohamed Ouzzine

La décision est tombée comme un couperet. Le roi du Maroc vient de désavouer le ministre de la Jeunesse et des Sports et demande l'ouverture d'une enquête approfondie sur le scandale de la pelouse du[...]

Côte d'Ivoire - Burkina : Soro, visiteur discret de Compaoré à Casablanca

Guillaume Soro, le président de l'Assemblée nationale ivoirienne, a profité fin novembre d'un déplacement officiel au Maroc pour discrètement rendre visite à l'ex-président[...]

Infrastructures : les 10 projets africains qui ont marqué 2014

Le cabinet d'audit et de conseil KPMG vient de publier l'édition 2014 de son classement des 100 projets d'infrastructure de "classe mondiale". Une dizaine d'entre eux se trouvent sur le continent. Revue de[...]

Le Maroc envoie ses F-16 en Irak contre l'État islamique

Le Maroc a confirmé à "Jeune Afrique" avoir envoyé plusieurs F-16 avec leurs pilotes lutter contre l'État islamique en Irak.[...]

Tunisie - Cinéma : la guerre de l'Étoile

Parmi les quinze longs-métrages en compétition au Festival international du film de Marrakech, plusieurs belles surprises. Comme "L'Orchestre des aveugles", de Mohamed Mouftakir.[...]

Maroc : la plus grande ferme éolienne d'Afrique entre en service

 L'exploitation commerciale du parc éolien de Tarfaya, au Maroc, a démarré. D'une capacité globale de 300 mégawatts, cette ferme éolienne peut produire environ 1 000 Gwh[...]

Marocains et Sénégalais, frères spirituels

Témoins des solides liens cultuels et commerciaux entre le royaume chérifien et le Sénégal, des milliers de Marocains vivent à Dakar. Et ils y sont bien dans leurs babouches.[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers