Extension Factory Builder
01/01/2013 à 14:48
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article

Ofer Bronchtein est président du Forum international pour la paix.

À ce jour, une seule initiative a apporté des éléments de réponse pour servir de cadre à une paix globale et durable au Proche-Orient : l'initiative de paix de la Ligue arabe, présentée à Beyrouth en 2002. Elle seule permettrait la fin d'un conflit qui n'a que trop duré entre les pays arabes et Israël.

Ce plan d'inspiration saoudienne propose à l'État hébreu la normalisation des relations avec les vingt-deux États membres de la Ligue arabe en échange d'un retour aux frontières de 1967. Les pays arabes demandent l'application des résolutions 242 (de novembre 1967 sur les territoires occupés) et 338 (d'octobre 1973 sur l'application de la résolution 242 et l'ouverture de négociations) du Conseil de sécurité de l'ONU, ainsi que la création d'un État palestinien ayant Jérusalem-Est pour capitale et une solution négociée au problème des réfugiés palestiniens.

D'Ariel Sharon à Benyamin Netanyahou en passant par Ehoud Olmert et Tzipi Livni, les Israéliens n'ont exprimé aucun intérêt pour cette initiative historique. Les citoyens de l'État hébreu ne la connaissent pas. Aucun débat public sérieux n'a été engagé dans le pays. De leur côté, les pays arabes ne se bousculent pas pour promouvoir leur propre initiative.

À l'heure où l'écrasante majorité des pays membres de l'ONU a reconnu la Palestine en lui donnant le statut d'État non membre et où toutes les grandes puissances dénoncent la poursuite de la colonisation, tout en soutenant Israël dans son aspiration à la sécurité et à la reconnaissance par ses voisins, le moment est venu de passer à l'action.

Audace politique

Le président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, a réaffirmé son attachement à la paix. La grande majorité des Israéliens et de leurs leaders politiques reconnaît le droit des Palestiniens à la dignité, à la liberté et à l'indépendance. Car l'évidence gagne du terrain : seule la paix peut apporter la prospérité, la sécurité, la croissance et le développement aux pays de la région.

Il est temps que les acteurs de ce conflit fassent preuve de courage et d'audace politiques, comme le fit, en son temps, le président égyptien Anouar al-Sadate quand il effectua sa visite historique à Jérusalem pour affirmer sa volonté de paix et de normalisation des relations avec l'État hébreu. En s'adressant directement à l'opinion publique israélienne, il a créé une dynamique, convaincu les plus sceptiques, inspiré et ouvert la voie vers la réconciliation.

Seule la paix peut apporter la prospérité, la sécurité, la croissance et le développement aux pays de la région.

La normalisation des relations des pays arabes avec Israël ouvrirait une nouvelle ère pour la région, permettrait des échanges économiques, culturels, environnementaux et scientifiques sans précédent. Les Palestiniens en seraient les premiers bénéficiaires. Davantage de sécurité et de prospérité économique, mais aussi un meilleur système d'éducation et de santé alimenteraient le désir d'une paix durable. Le conflit israélo-palestinien ne serait plus l'otage ni le prétexte des extrémistes de tous bords.

Le Printemps arabe, bien qu'engagé dans un processus de transition semé d'embûches, traduit une volonté de changement, de progrès, de démocratie et de liberté. Le mouvement des Indignés en Israël, de son côté, est l'expression d'une volonté de changement des priorités nationales. Les Israéliens aussi demandent plus de justice sociale et aspirent à la paix.

Espoir

L'Union européenne vient de recevoir à Oslo le prix Nobel de la paix pour avoir définitivement aboli la guerre et créé un espace d'échanges, de liberté, de démocratie, et pour avoir rendu libre la circulation des biens et des personnes.

L'Europe, renaissant de ses cendres après le pire massacre organisé de son histoire - la Shoah -, a créé une Union de vingt-sept pays rassemblant 500 millions de personnes vivant aujourd'hui en bonne intelligence. L'Europe peut nous inspirer. Elle le doit ! Cette même promesse de paix est contenue dans l'initiative de la Ligue arabe. Ne l'enterrons pas ! Retrouvons les valeurs de générosité et de solidarité inhérentes aux peuples arabes et aux pays du pourtour méditerranéen.

Forces vives des révolutions arabes ou du mouvement des Indignés israéliens, des milliers d'hommes et de femmes de tous âges et de toutes conditions sont descendus dans la rue pour réclamer plus de démocratie, de prospérité, un partage plus équitable du pouvoir et des richesses. Seule la paix peut - comme en Europe - leur redonner l'espoir et délivrer définitivement la région de ses démons.

C'est pourquoi mon voeu pour 2013 est que la Ligue arabe reçoive le prochain prix Nobel de la paix.

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

1 réaction(s)

1.
maxpan - 03/05/2013 à 18h:05

est un prophete , tout le monde en parle [...] Lire

Toutes les dépèches

Réagir à cet article

Maghreb & Moyen-Orient

Armée tunisienne : la grande désillusion

Armée tunisienne : la grande désillusion

Incapable de venir à bout des maquis jihadistes, minée par des querelles au sommet, gangrenée par la politique, la grande muette a beaucoup perdu de sa superbe. Enquête exclusive sur une institut[...]

Ciments du Maroc consolide ses positions

Dans un marché local toujours en berne, la filiale d'Italcementi se bat pour rester numéro deux. Et permettre au groupe italien de poser ses premiers jalons au sud du Sahara.[...]

Nabil Dirar (AS Monaco) : "Je ne regrette pas d'avoir choisi le Maroc"

À 29 ans, le milieu de terrain marocain est l'un des cadres de de l’AS Monaco, plus que jamais en lice pour disputer la prochaine Ligue des Champions après sa victoire à Lens (3-0) dimanche. Nabil[...]

Maroc : la polémique darija divise le royaume

Faut-il ou non introduire l'arabe dialectal dans les cursus scolaires ? La question divise le royaume. Éléments de réponse.[...]

Algérie : l'entraîneur du NAHD limogé après une altercation avec Anelka

L'entraîneur de l'équipe algérienne du NA Hussein Dey, Ighil Meziane, a été limogé après une "altercation" avec l'ancien international français Nicolas Anelka,[...]

Tunisie : 98 migrants perdus en mer arrivés au port de Zarzis

Trois bateaux de pêche ont amené samedi au port de Zarzis (Sud tunisien) 98 migrants africains en perdition en Méditerranée après avoir tenté de rallier illégalement l'île[...]

Moi, Fathy le Fou, maître du "trait pourri"

Mon pays, l’Algérie, a été pionnier dans la zone minée de la caricature politique en Afrique du Nord. J’ai fait partie de ses éclaireurs, envoyé à l’ombre avec[...]

Longtemps déserté, le Sahara marocain attire enfin les patrons

Fin mars, les provinces du Sud étaient au centre d'un nouveau forum de l'investissement à Laayoune. À la clé, soixante projets et 6 milliards de dirhams pour une région[...]

Algérie : la nouvelle Constitution, l'Arlésienne de Bouteflika

En avril 2011, le chef de l'État annonce son intention de faire réviser la loi fondamentale. Quatre ans et plusieurs consultations plus tard, le projet de réforme n'a toujours pas[...]

Tunisie : Ghannouchi tel qu'en lui-même dans "Au sujet de l'islam"

Rached Ghannouchi s'est livré dans un livre d'entretiens réalisé par le journaliste Olivier Ravanello : "Au sujet de l'islam". [...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers
Purging www.jeuneafrique.com/Article/JA2711p067.xml0 from 172.16.0.100 Purging jeuneafrique.com/Article/JA2711p067.xml0 from 172.16.0.100