Remarqué pour son émission sur le soulèvement de Sidi-Bouzid en 2010, Elyes Gharbi est devenu un journaliste très convoité.
On avait l'habitude de voir son air de grand frère tranquille et de gendre idéal dans les pages people des magazines. Il faut dire qu'avec la comédienne Saoussen Maalej, ils forment l'un des couples les plus glamours et les plus en vue de Tunis. Mais depuis quelque temps, Elyes Gharbi a su s'imposer dans un monde en pleine (r)évolution. Dès le 30 décembre 2010, il a joué son va-tout. Ce soir-là, sur Nessma TV, Elyes Gharbi dirige sans filet une émission sur le soulèvement de Sidi Bouzid. Ce sera le premier et le dernier débat non censuré diffusé sous Ben Ali. Cet exercice sur le fil du rasoir fait du producteur animateur d'émissions de divertissement, dès le 14 janvier, un modérateur de débats à succès. Pendant toute une saison, il slalome entre intox et rumeur, vulgarise l'information et l'analyse sans langue de bois, fidélise le public du Grand Journal de la révolution en imposant « une éthique journalistique, une ligne éditoriale claire et du bon sens ».
Popularité
Originaire du nord-ouest du pays, ce journaliste, formé à l'Institut de presse et des sciences de l'information (Ipsi) de Tunis, qui avait démarré à Canal Horizons il y a tout juste vingt ans, est attaché à la notion dite de service public. Même les chaînes privées doivent avoir une ligne éditoriale claire et ne pas franchir la ligne jaune. Elyes Gharbi souhaite une télévision en prise avec l'actualité, au diapason des attentes du public mais sans populisme. Mais l'enfant de la télé a besoin de changer d'air. Il renoue avec la radio sur Express FM puis prend en charge la ligne éditoriale de Shems FM avant de revenir à la télévision avec Hadith Essaa, une lecture de l'actualité en prime time sur la chaîne nationale El Wataniya 1. L'émission cartonne et lui vaut le prix Akademia pour la liberté d'expression, décerné par l'université de la Manouba, à Tunis.
Sous ses dehors placides, ce cinéphile averti est toujours en mode flux tendu et gère sa popularité en adoptant une neutralité courtoise. « Journaliste avant tout », mais aussi citoyen qui exprime les préoccupations des Tunisiens, « il est rassurant », selon une fan. Très sollicité, Elyes Gharbi écoute et discute volontiers avec l'homme de la rue et soutient des associations de handicapés et de jeunes chômeurs. Des menaces lui ont appris à gérer sa surexposition en ne mêlant jamais vie publique et vie privée. Dans les coulisses familiales, ce sont ses deux filles, Ghalia et Zeïneb, qui assurent l'animation. La question de leur avenir taraude ce père de famille de 40 ans. Cette sincérité en fait l'animateur que convoitent toutes les chaînes. Mais à un moment où les médias sont pris à parti par le pouvoir, Elyes Gharbi a préféré revenir à l'espace de liberté de Nessma TV.

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