Extension Factory Builder
19/12/2012 à 17:38
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Des moines birmans protestent contre la répression des manifestations, le 1er décembre. Des moines birmans protestent contre la répression des manifestations, le 1er décembre. © AFP

Pour acheminer son pétrole sans passer par le détroit de Malacca, contrôlé par les États-Unis, la Chine a un besoin crucial de la Birmanie. Du coup, celle-ci fait monter les enchères...

«Même si nos relations sont placées sous le signe de "l'harmonie fraternelle", nous ne sommes pas redevables à la Chine, qui n'est qu'un voisin comme les autres. » Ces mots prononcés le 1er décembre par Aung San Suu Kyi ne sont pas passés inaperçus en Birmanie. Après la dure répression de manifestants réclamant la fermeture d'une mine de cuivre gérée par des Chinois à Monywa, l'ancienne opposante était demeurée silencieuse. Comme s'il était impossible de toucher aux intérêts de la Chine. Premier partenaire commercial, celle-ci achète des matières premières (gaz naturel, pierres précieuses, bois) et vend des armes et des produits manufacturés. Selon le site Irrawaddy, elle tient le gouvernement birman par un chantage aux sanctions financières en cas de rupture de contrat. Est-ce si sûr ? Comment expliquer alors qu'en 2011, après la suspension d'un projet de barrage censé lui fournir de l'électricité, la Chine s'en soit tenue à des menaces sans suite ?

Parce que, contrairement aux apparences, cette dernière a un besoin crucial de la Birmanie. Dans les années qui viennent, elle va devenir de plus en plus dépendante du pétrole du Moyen-Orient. Selon l'Agence internationale de l'énergie, elle importera en 2035 quelque 8 millions de barils/jour (contre 275 000 b/j actuellement). Une fois achevé, l'oléoduc qu'elle construit à travers la Birmanie lui permettra de rattacher sa province méridionale du Yunnan à l'océan Indien, sans passer par le détroit de Malacca, contrôlé par la marine américaine et susceptible d'être bloqué en cas de conflit.

Profil bas

Consciente de l'importance stratégique de son voisin, la Chine fait donc profil bas. Le 5 décembre, son ambassadeur est allé jusqu'à déclarer que son gouvernement « ne verrait pas d'inconvénient majeur à une éventuelle fermeture de la mine de Monywa ». Étrange humilité ! Hier encore sans rivaux, la Chine voit venir la fin de son monopole et repense sa stratégie.

Ce sont d'ailleurs moins les États-Unis qui l'inquiètent que le Japon, qui, depuis des mois, tisse discrètement sa toile. Après avoir effacé la dette birmane au printemps, il a, à l'automne, rouvert le robinet de l'aide. Résultat : c'est aux Japonais, et non aux Chinois, que le président Thein Sein a confié le colossal projet de construction d'une nouvelle zone industrielle et d'une ville nouvelle à la périphérie de Rangoon. Tout comme la rénovation de quatre centrales électriques ou l'étude du futur réseau de transports urbains. Le message est clair : le petit frère a choisi de se rebiffer. 

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Réagir à cet article

International

Les quatre journalistes français otages en Syrie sont libres, retour d'ici dimanche matin

Les quatre journalistes français otages en Syrie sont libres, retour d'ici dimanche matin

Les quatre journalistes français otages en Syrie depuis 10 mois ont été libérés samedi et sont "en bonne santé", a annoncé le président François Hollande, l&[...]

Chine : le baiser du Dragon

De Taïwan à Hong Kong et de Bangkok à Jakarta, la République populaire de Chine étend les tentacules de son économie surpuissante. Beaucoup lui reprochent d'avoir l'affection un brin[...]

Touche pas à ma graisse !

C'est une aventure ahurissante qui se déroule en ce moment dans une prison du Brabant. Ça commence comme ça : un détenu - on va l'appeler John - se met à grossir de façon[...]

Décès de Gabriel García Márquez : hommage à "Gabo" le magnifique...

L'écrivain colombien et prix Nobel de littérature Gabriel García Márquez est décédé à Mexico, jeudi. Il avait 87 ans.[...]

Espagne : le roi d'Espagne a-t-il comploté contre le gouvernement dans les années 1980 ?

Le roi d'Espagne a-t-il, en 1980, donné son feu vert à une tentative de coup d'État militaire ? C'est la thèse d'un livre qui fait scandale.[...]

Aïda Diarra, "Madame Afrique" de Western Union

La Malienne Aïda Diarra est vice-présidente Afrique de Western Union. Son défi : innover pour préserver le leadership du groupe américain dans les flux d'argent à destination du[...]

France : quand François Hollande oublie les "tirailleurs"

À la Grande Mosquée de Paris, sur la plaque gravée en hommage aux soldats musulmans mort pour la France, l'Élysée va devoir réparer son omission.[...]

Faïza Guène, écrivain à part et entière

Depuis le best-seller "Kiffe kiffe demain", paru il y a dix ans et vendu à 400 000 exemplaires, la jeune auteure n'a pas cessé d'écrire. Dernier opus : "Un homme, ça ne pleure[...]

La police de New York démantèle son unité chargée d'espionner la communauté musulmane

Vous ne saviez sans doute pas qu'elle existait. Pourtant, la police new-yorkaise a annoncé mardi qu'elle avait fermé son unité secrète chargée d'espionner la communauté musulmane de la[...]

Wilson Kipsang : "Le record du monde du marathon n'est pas une fin en soi"

Vainqueur du marathon de Londres dimanche 13 avril, le recordman du monde (2 h 03 ' 23) Wilson Kipsang Kiprotich a assis un peu plus sa domination mondiale. Impérial tout au long de la course, le Kényan de 32 ans[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers