Assigné à résidence à Niamey, le fils du défunt "Guide" libyen Saadi Kaddafi boude et proteste. Sans savoir gré au Niger de s'opposer à son extradition.
Les nouvelles autorités libyennes ne désespèrent pas d'obtenir de Niamey l'extradition de Saadi Kaddafi, 39 ans, ex-footballeur de seconde zone, fils du « Guide » défunt et enfant prodigue de la tout aussi défunte Jamahiriya. Accompagné de son ministre de la Justice et d'une imposante délégation, Ali Zeidan, le Premier ministre libyen, a profité de sa première visite officielle au Niger, les 11 et 12 décembre, pour demander une nouvelle fois à Brigi Rafini, son homologue nigérien, de livrer à Tripoli le fils Kaddafi ainsi que la centaine de fidèles qui l'avaient suivi dans sa fuite, parmi lesquels les généraux Abdallah Mansour et Ali Kana.
Et, une nouvelle fois, le président Mahamadou Issoufou a opposé un refus catégorique, Rafini se chargeant de rappeler à son hôte qu'aucune convention d'extradition ne lie leurs pays. Mais le vrai motif de ce refus est ailleurs. « Pour le moment, précise Mohamed Bazoum, ministre nigérien des Affaires étrangères, rien ne nous garantit que ces hommes auraient droit à un procès équitable à Tripoli. »
Devoir de réserve
La résistance du régime nigérien aux pressions libyennes ne lui vaut pas pour autant le moindre sentiment de reconnaissance de la part du fils Kaddafi. Il boude, se plaint de ne pouvoir circuler dans Niamey ni recevoir des invités dans la résidence qui a été mise à sa disposition. Alors que ses compagnons d'exil peuvent se promener comme bon leur semble, Saadi vit reclus depuis son interview à la chaîne Al-Arabiya, en février dernier, dans laquelle il avait annoncé qu'il s'apprêtait à organiser la résistance contre « les valets de l'Otan ».
Pour non-respect de son devoir de réserve, l'exilé a été privé de sorties et de moyens de communication : son ordinateur et ses téléphones ont été saisis. Après qu'il a agoni ses hôtes d'insultes et multiplié les grèves de la faim sans lendemain, son ordinateur lui a finalement été restitué à la condition expresse qu'il ne fera plus de vagues. « Au moindre message ambigu, la connexion internet sera coupée », promet l'officier chargé de sa surveillance. Saadi continue donc de bouder. Mais en silence.

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