Le parti au pouvoir maintient sa domination à l'Assemblée. Mais - surprise - une nouvelle opposition s'installe.
Le score est provisoire, mais les jeux sont faits. Après un dépouillement validé à 90 % par la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) le 6 décembre, la physionomie de la nouvelle Assemblée nationale se dessine.
Avec au moins 58 sièges sur 127, le Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP) reste la première force politique, preuve que le renouvellement des cadres initié en mars 2011 s'est révélé moins déstabilisateur que prévu. Le parti au pouvoir n'en subit pas moins un recul par rapport à la précédente législature (74 députés).
Aux sièges du CDP s'ajoutent ceux obtenus par une multitude de partis satellites, notamment l'Alliance pour la démocratie et la fédération/Rassemblement démocratique africain (ADF/RDA) qui se maintient à l'Assemblée (15 sièges). Le parti de Gilbert Noël Ouédraogo, ministre des Transports, des Postes et de l'Économie numérique, devrait rester dans sa logique d'alliance avec la majorité présidentielle.
Maigre moisson
La vraie surprise vient du camp adverse, qui se recompose et gagne du terrain. Participant pour la première fois à ce scrutin national, l'Union pour le progrès et le changement (UPC) de Zéphirin Diabré fait son entrée à l'Assemblée avec au moins 15 députés. « Le parti du lion » devient ainsi le chef de file de l'opposition, et va pouvoir former son propre groupe parlementaire. La moisson est maigre, en revanche, pour le reste de l'opposition.
À l'heure où nous mettions sous presse, les résultats du Kadiogo, province qui englobe Ouagadougou, n'étaient pas encore connus. CDP et UPC (qui y dénonce des fraudes) revendiquent tous deux la victoire. Et pour cause : qui domine le centre peut dominer le pays.

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