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05/12/2012 à 15:47
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Le chef de l'État sortant vote le 17 novembre à Freetown. Le chef de l'État sortant vote le 17 novembre à Freetown. © Sipa

Réélu pour un second mandat, le président sierra-léonais Ernest Bai Koroma promet de continuer sur la voie des réformes. Mais, au Parlement, il devra compter avec l'opposition, qui lui conteste la victoire.

« Change your attitude, change your life » : madré agent d'assurance - son métier dans le civil - doublé d'un habile politique, Ernest Bai Koroma, 59 ans, a le sens de la formule. Ce slogan, leitmotiv de sa première campagne présidentielle, il l'avait répété à ses partisans venus assister à son investiture, le 15 novembre 2007, dans le stade national de Freetown. Ce jour-là, le champion du Congrès de tout le peuple (APC), qui l'avait emporté au second tour avec 54,6 % des voix sur Solomon Berewa, le vice-président sortant, avait vécu sa victoire comme une revanche sur son échec de 2002.

Grands travaux

Dix ans plus tard, Bai a eu la partie beaucoup plus facile face à Julius Maada Bio, le candidat du Parti du peuple de Sierra Leone (SLPP) : il a été élu dès le premier tour avec près de 59 % des voix, franchissant sans problème la barre des 55 % nécessaires. Durant la campagne, le président sortant s'est largement appuyé sur son bilan pour demander aux électeurs de lui accorder un second et dernier quinquennat destiné à lui permettre de poursuivre ses réformes.

« EBK » peut en effet se prévaloir d'avoir engagé un programme de reconstruction du pays, attirant ainsi les investisseurs. Sa politique de grands travaux a permis d'améliorer le réseau routier et la fourniture en électricité, même si celle-ci reste très déficiente. Il a également institué la gratuité des soins pour les femmes enceintes et les enfants en bas âge.

Un leurre pour le camp d'en face, qui juge ces réalisations insuffisantes. Durant la campagne, Julius Maada Bio a tenté de démontrer que Bai Koroma ne s'était nullement attaqué aux véritables problèmes du pays : la misère (70 % des habitants vivent en dessous du seuil de pauvreté), la corruption, et surtout le chômage, qui touche plus de 60 % des jeunes. Avec ce discours, ce militaire à la retraite âgé de 48 ans est parvenu à séduire les milieux défavorisés, se posant également en garant de la démocratie. Après avoir participé à deux putschs, en 1992 et en 1996, le tombeur de la junte de Valentine Strasser avait remis le pouvoir aux civils. Cela n'a pas suffi à convaincre les électeurs, qui lui ont préféré un président moins martial, plus rassurant. Koroma cultive en effet une image d'homme tolérant, assistant en bon chrétien à la messe dominicale tout en se rendant aux prières du vendredi à la mosquée. Mais, dans ce pays ravagé de 1991 à 2002 par une terrible guerre civile et resté très pauvre malgré ses immenses réserves (diamant, or, fer, bauxite, pétrole offshore...), la vraie gagnante de ce scrutin est la paix, préservée durant cette élection qui était couplée à des scrutins législatifs, régionaux et municipaux. On craignait que la campagne ne dégénère. Des affrontements ont bien eu lieu, mais peu nombreux et localisés.

Félicitations

Même si Maada Bio continue de dénoncer des fraudes massives, l'élection de son rival est bel et bien entérinée. Conforté par les messages de félicitations de Barack Obama, de l'ancienne puissance coloniale britannique, du Nigeria, de l'Afrique du Sud et de l'Union africaine, EBK a déjà prêté serment. Dans son discours de victoire, il s'est posé en rassembleur : « Que tous les partisans de l'APC embrassent ceux du SLPP et des autres formations politiques, s'est-il écrié. Je les invite à se joindre à nous afin de faire avancer le pays. Pour la tâche qui nous attend, nous avons besoin de la bonne volonté et de l'énergie de tous. » Il en faudra, car si l'APC a obtenu la majorité au Parlement (67 sièges sur 124), il aura besoin des deux tiers des voix pour faire passer ses nouvelles lois et réformes.

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