Extension Factory Builder
06/12/2012 à 07:48
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
À la conférence de Doha, le 26 novembre. À la conférence de Doha, le 26 novembre. © AFP

La conférence onusienne s'est ouverte dans la capitale qatarie sur un constat alarmant. D'ici à 2100, la hausse moyenne des températures mondiales pourrait atteindre 4 °C. Avec de lourdes conséquences pour le continent.

La conférence des Nations unies sur le changement climatique s'est ouverte le 26 novembre, à Doha, sur un nouveau constat catastrophique : le réchauffement global se poursuit, et ses conséquences sur notre planète s'annoncent épouvantables. « L'année 2012 sera l'une des plus chaudes jamais observées depuis cent soixante ans », a lancé Michel Jarraud, secrétaire général de l'Organisation météorologique mondiale, quelques heures après le début des travaux dans la capitale du Qatar. « Le climat évolue sous nos yeux et continuera de le faire à cause des gaz à effet de serre », a-t-il ajouté, souhaitant que « ces informations soient prises en compte à Doha ».

Les prévisions du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (Giec), autorité mondiale en ce domaine, montrent qu'une hausse des températures de 2,2 °C pourrait survenir d'ici à 2050 si les émissions mondiales de ces gaz nocifs se poursuivent au même rythme. Les 4 °C seraient même atteints d'ici à 2100. « Les communautés, les villes et les pays risquent d'être confrontés à de graves perturbations, dommages et bouleversements, et ces risques seront répartis inégalement. On peut supposer que les pauvres souffriront davantage et que la communauté internationale sera encore plus divisée et inégalitaire qu'elle ne l'est aujourd'hui », affirme pour sa part Jim Yong Kim, le président de la Banque mondiale.

Fonds vert

Quand ce dernier évoque « les pauvres » et le renforcement des « inégalités », les regards se tournent vers l'Afrique. Au cours des trente à quatre-vingt-dix années à venir, le sud du continent pourrait être affecté par des sécheresses plus fréquentes et plus intenses. En Afrique centrale, « les températures extrêmes deviendront la norme tout au long de l'année », peut-on lire dans le rapport « Turn Down the Heat : Why a Four Degree Celsius Warmer World Must be Avoided » (« Baissons la température : pourquoi un monde de 4 °C plus chaud doit à tout prix être évité »), cosigné par les experts allemands de l'Institut de recherche sur l'impact du changement climatique de Potsdam et l'ONG Climate Analytics. Des pénuries d'eau en Afrique de l'Est sont aussi à craindre, ajoutent les auteurs de ce document alarmant.

Les Africains voudraient être entendus et obtenir des moyens pour se préparer à affronter les bouleversements climatiques.

Face à ces conséquences tragiques dont ils seront les principales victimes, les Africains voudraient être entendus et obtenir des moyens pour se préparer à affronter ces bouleversements. Et c'est évidemment au niveau des financements que le bât blesse. « Ils sont essentiels pour se mettre d'accord sur quelque chose », souligne le Gambien Pa Ousman Jarju, président du LDC, qui groupe les 48 pays les moins avancés. Voilà pourquoi le Fonds vert pour le climat sera de nouveau sur la table des négociations à Doha. Cela fait trois ans qu'on attend sa mise en oeuvre. En 2009, à Copenhague, les pays industrialisés s'étaient engagés à mobiliser près de 100 milliards de dollars par an d'ici à 2020 pour aider les pays pauvres à limiter l'augmentation de leurs émissions de gaz à effet de serre et à s'adapter aux changements climatiques. Rien ou presque n'a été fait, notamment dans la mise à disposition de ressources financières en faveur de la prévention.

Négociations

Selon la Banque africaine de développement (BAD), « l'Afrique n'a reçu que 435 millions de dollars en 2009-2010 ». Or « moins les émissions de gaz à effet de serre seront réduites - comme c'est le cas aujourd'hui -, plus les dépenses d'adaptation continueront de croître », avertit Pierre Radanne, conseiller des pays africains sur les négociations pour le climat. C'est le serpent qui se mord la queue. « Il devrait y avoir un processus transparent pour encourager les financements », estime le Malien Seyni Nafo, porte-parole du groupe des 54 États africains pour les négociations des Nations unies, qui confirme l'unité du continent sur ce dossier. Une attitude dont se réjouit Radanne. « Aujourd'hui, aucun accord international sur le climat ne peut être conclu sans les pays africains », soutient-il. Parviendront-ils pour autant à convaincre les États industrialisés de leur garantir un accès effectif aux fonds conventionnels ? La mission paraît difficile en cette période de crise, où les pays du Nord sont de plus en plus réticents à mettre la main à la poche. Dès lors, « l'hypothèse de lancer un appel à contribution aux pays du Golfe n'est pas exclue », avance Radanne. Le fait que les négociations se déroulent au Qatar, de plus en plus enclin à sortir son chéquier pour élargir sa sphère d'influence, pourrait faciliter la chose. Réponse d'ici au 7 décembre, date à laquelle s'achèveront les travaux de la conférence onusienne.

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

0 réaction(s)

Réagir à cet article

Continental

Mode d'emploi et favoris : l'élection du président de la BAD en 5 questions

Mode d'emploi et favoris : l'élection du président de la BAD en 5 questions

Le 28 mai, la Banque africaine de développement élira un nouveau président. "Jeune Afrique" décrypte pour vous tous les ressorts de cette élection et livre une analyse exclusive des cha[...]

Abidjan : plus de 4 500 personnes aux Assemblées de la Banque africaine de développement

Six chefs d'État, un vice-président et deux Premiers ministres ont participé à l'ouverture officielle des Assemblées annuelles de la Banque africaine de développement, le 26 mai. Avec deux[...]

Technologies : quand WhatsApp bouscule les codes de la communication politique en Afrique

Lancée depuis bientôt cinq ans, l’application de messagerie internet WhatsApp a conquis les smartphones de millions d’utilisateurs dans le monde. Très utilisé en Afrique, l’outil[...]

C'est du vent !

Les voyages forment tout le monde, quel que soit l'âge de chacun. Il n'y a guère longtemps, je me suis retrouvé dans la capitale - que je préfère ne pas nommer - d'un pays[...]

Électricité : quel pilote pour la (future) Agence africaine ?

Pour la promotion de son "plan Marshall" électrique pour l'Afrique, Jean-Louis Borloo a rencontré trente-sept chefs d'État africains, qui, dans leur majorité, semblent adhérer au[...]

Maryse Condé : "Ma relation avec l'Afrique s'est fondée sur un mensonge"

L'écrivaine guadeloupéenne Maryse Condé publie une biographie culinaire. L'occasion de revenir avec elle sur sa relation avec l'Afrique et de dévoiler une facette aussi importante de sa[...]

Stromae, griot sarcastique malgré lui

Le chanteur belge Stromae est en tournée africaine. Ecoutées au premier degré ou pastichées, les chansons de son album "Racine carrée" illustrent la politique du continent.[...]

Esclavage : "Libres et sans fers", paroles captives

Dans un ouvrage récent, trois chercheurs explorent les archives judiciaires françaises à la recherche de témoignages d'esclaves. De très émouvantes voix d'outre-tombe.[...]

Comment la diaspora influence l'opinion politique africaine grâce aux médias en ligne

RFI, Jeune Afrique, Le Point Afrique, (ex-) Slate Afrique, Le Monde Afrique, Afrik.com, etc. En Afrique francophone, les médias panafricains les plus sérieux et les plus influents sont… basés en France.[...]

Mondial 2022 au Qatar : trois hauts dirigeants du football africain nommément accusés de corruption

Au mois de juin 2014, le "Sunday Times" publiait une enquête dénonçant l'existence d'un système de pots-de-vin ayant conduit à l’attribution de la Coupe du monde de football au[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers