Éric Breteau et Émilie Lelouche, les deux responsables de L'Arche de Zoé, l'association qui, en 2007, tenta d'exfiltrer du Darfour vers la France 103 enfants prétendument orphelins pour les placer dans des familles d'accueil - ce qui leur valut de passer quelques semaines dans les geôles tchadiennes - n'étaient pas à Paris pour assister à leur procès qui s'est ouvert le 3 décembre. Le couple vit désormais en Afrique du Sud et encourt dix ans de prison.
Les conclusions des juges instructeurs sont accablantes. Lelouche et surtout Breteau sont dépeints comme des manipulateurs qui auraient caché leurs véritables intentions à tout le monde : aux familles d'accueil, qui croyaient en la légalité de la démarche ; aux autorités françaises et tchadiennes, qui n'avaient pas été informées du projet d'évacuation ; et aux villageois soudanais, à qui ils avaient demandé de leur amener leurs enfants sous le prétexte de leur prodiguer des soins. Même les autres membres de l'expédition affirment avoir été manipulés. « Nous n'employions jamais le terme d'"évacuation", mais celui de "vaccination" », reconnaît Nadia Merimi, une infirmière bénévole.

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