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15/11/2012 à 15:21
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Le footballeur Sanna Nyassi (à g.) à Montréal. Le footballeur Sanna Nyassi (à g.) à Montréal. © Reuters

D'origine gambienne, ce footballeur se fait remarquer dans le championnat nord-américain. Tout comme... son frère jumeau.

Arrivé de Gambie il y a à peine quatre ans, passé par les États-Unis avant d'atterrir au Canada, Sanna Nyassi a déjà fait ses preuves sur le terrain dans le championnat nord-américain de football. S'il est très volontaire en attaque, sa technique de jeu contraste avec sa personnalité, plutôt discrète.

« J'ai commencé à jouer dans la rue, vers l'âge de 5 ou 6 ans, devant chez moi, avec mes voisins », se souvient Sanna Nyassi. Depuis, ce jeune Gambien de 23 ans a fait du chemin et il évolue aujourd'hui au sein de l'Impact de Montréal, au Québec. Peu populaire au Canada, le football ? Détrompez-vous. Dès le mois de mars, avant même que la saison de hockey sur glace ne s'achève, la ville québécoise aux cent clochers commence à vibrer au rythme du soccer. L'aréna et les patins de l'hiver cèdent alors la place au stade et aux crampons. Le succès du ballon rond ne se dément pas en Amérique du Nord, bien au contraire...

Casquette vissée sur le crâne, voix discrète et fine carrure, Sanna Nyassi paraît surpris que l'on puisse s'intéresser à lui. Dans un très bon anglais et après un entraînement de deux heures au stade Saputo de Montréal, l'athlète originaire de Bwiam accepte avec timidité de nous raconter l'histoire de sa vie, celle - classique - d'un jeune venu chercher sa part du rêve américain. L'originalité de son parcours, il faut la chercher dans un détail, important, de son histoire familiale. En effet, depuis tout jeune, Sanna réalise tous ses exploits sportifs aux côtés de son jumeau, Sainey. Nés le 31 janvier 1989 dans le sud-ouest de la Gambie, les deux Nyassi pratiquent le football ensemble tout en assurant leur scolarité primaire et secondaire. Joueurs de rue devenus joueurs professionnels, ils atteignent rapidement le niveau senior, puis la seconde division dans leur pays natal. Cette ascension fulgurante les propulse dès 2004 en 1re division, et ils intègrent l'équipe de Gambie des moins de 17 ans, qui se qualifie puis gagne la Coupe d'Afrique des nations des moins de 17 ans en 2005.

Ce n'est qu'en 2007 que les chemins des deux frères se séparent. Sainey quitte le continent pour les États-Unis, où il veut tenter de percer. Il intègre dès son arrivée l'équipe Revolution de la Nouvelle-Angleterre et convainc son frère de le rejoindre. En 2008, Sanna arrive à Seattle chez les Sounders. Mais ce n'est que l'année suivante que cette équipe intégrera la Major League Soccer (MLS), la principale ligue professionnelle d'Amérique du Nord, une belle vitrine pour tous les joueurs.

À peine entré dans le championnat, Sanna se fait aussitôt remarquer grâce à sa vivacité sur le terrain et, en 2010, l'équipe des Rapids du Colorado fait appel à lui. Il y passera l'année 2011 avant d'être finalement recruté par l'Impact de Montréal.

« Je souhaite rester ici autant que possible, j'y suis très à l'aise », confie le jeune Gambien, qui s'estime chanceux de porter le numéro 7. « C'est une très belle ville, Montréal, les gens sont sympas, je profite de la vie, et j'ai une très bonne équipe. Dans les vestiaires, on parle toutes les langues, l'anglais, l'italien, le français... Je sais que le français est important ici et, de temps en temps, je m'y essaie un petit peu avec un ami. » Lors de son premier match de saison, où l'Impact s'est incliné 2-0 face aux Whitecaps de Vancouver, Sanna s'est fait remarquer par les commentateurs sportifs pour l'efficacité de ses actions, malgré la défaite de son équipe. Hasard : le calendrier des rencontres de la MLS a voulu que, le 18 juillet dernier, Sanna affronte l'équipe de son frère, qui évolue toujours en Nouvelle-Angleterre. Sanna a marqué le but de la victoire pour Montréal.

« C'était une belle expérience pour moi. Mon frère était très déçu pour son équipe, mais content pour moi. » Malgré l'éloignement géographique, les frères jumeaux restent très proches. « On s'appelle tous les jours, et même jusqu'à trois fois par jour. On se raconte nos journées... » Ce lien familial intense, le numéro 7 l'a aussi conservé avec la Gambie. « Toute ma famille est là-bas, et toutes les semaines j'appelle ma mère. Elle est contente pour moi. À chaque fin de saison, de novembre à janvier, je retourne en Gambie pour rendre visite à ma famille qui est restée là-bas. Mais j'ai aussi des frères et soeurs en Angleterre et en Allemagne... »

D'ailleurs, quand on lui demande pourquoi n'avoir pas choisi le championnat européen comme beaucoup de jeunes joueurs africains, Sanna ne ferme pas la porte à cette perspective : « À terme, j'aimerais jouer dans un grand club européen. C'est un rêve... dit-il du bout des lèvres. Je pense que c'est le but de pas mal de joueurs... »

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