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20/11/2012 à 08:53
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Le cyberactiviste australien au balcon de l'ambassade de l'Équateur à Londres. Le cyberactiviste australien au balcon de l'ambassade de l'Équateur à Londres. © SIPA

Pour défier les États-Unis, le président équatorien Rafael Correa avait, au mois d'août, accordé l'asile politique au fondateur de WikiLeaks, Julian Assange. Il ne détesterait pas aujourd'hui trouver une porte de sortie honorable.

Alors que Julian Assange, son cofondateur, est toujours réfugié à l'ambassade d'Équateur à Londres, le site WikiLeaks a, le 25 octobre, publié de nouveaux documents militaires américains, notamment un manuel détaillant la manière de traiter les détenus incarcérés sur la base de Guantánamo, à Cuba. Ce qui n'est pas de nature à apaiser les craintes du journaliste australien, qui redoute d'être livré à la justice suédoise, laquelle pourrait l'extrader vers les États-Unis - où il est convaincu de risquer la peine de mort.

Tout a commencé en juillet 2010 avec la publication par WikiLeaks d'une série de documents secrets concernant la guerre en Afghanistan et le voyage d'Assange à Stockholm pour une série de conférences. Le 21 août, il est accusé d'avoir, la semaine précédente, violé et agressé sexuellement deux jeunes femmes. Il nie formellement les faits qui lui sont reprochés et, le 15 septembre, est autorisé à quitter le pays. Mais l'affaire ne s'arrête pas là. Le mois suivant, WikiLeaks publie dans divers organes de presse internationaux puis met en ligne d'innombrables documents secrets relatifs à la guerre en Irak. En novembre, il met en ligne 250 000 câbles diplomatiques américains. Le 30 de ce même mois, la Suède lance un mandat d'arrêt international contre Assange. Le 7 décembre, celui-ci est arrêté par la police britannique. Coïncidence ?

Encombrant

Le cybermilitant est bientôt remis en liberté conditionnelle. Mais en mai 2012, la Cour suprême du Royaume-Uni donne son feu vert à son extradition vers la Suède. Le 19 juin, il se réfugie à l'ambassade d'Équateur et, deux mois plus tard, obtient de ce pays l'asile politique.

Régulièrement accusé de dérive autoritaire, Rafael Correa, le très antiaméricain président équatorien, voit dans cette affaire l'occasion d'améliorer son image, d'occulter le fait que son pays est tout sauf un modèle en matière de liberté d'expression et de contester au Vénézuélien Hugo Chávez son rôle de leader régional. Il découvre bientôt que son hôte est bien encombrant et que la CIA est en train d'investir des dizaines de millions de dollars pour empêcher sa réélection, en février 2013. Il cherche désormais une porte de sortie et insiste pour que les autorités suédoises dépêchent à Londres un magistrat afin d'interroger Assange - dont l'état de santé, semble-t-il, se dégrade - et qu'elles donnent la garantie formelle qu'il ne sera pas extradé vers un autre pays. 

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