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16/11/2012 à 17h:15
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À Libreville, le 22 août dernier. À Libreville, le 22 août dernier. © AFP

Le principal opposant au président Bongo Ondimba n'est pas apparu en public depuis la fin août. Serait-il malade ?

Depuis trois mois, les partisans d'André Mba Obame (AMO) n'ont pas de nouvelles de lui. Partie de Libreville, une rumeur annonçant son décès est parvenue à la rédaction de Jeune Afrique. Manifestement peu inspiré, un Ganga, grand prêtre du Bwiti - la religion traditionnelle locale -, avait déjà prédit que l'opposant mourrait le 15 octobre dernier, date anniversaire de la prestation de serment comme président de la République de son « frère ennemi », Ali Bongo Ondimba... Raté. AMO, 55 ans, est bien vivant. Mais il n'est pratiquement plus apparu en public depuis le meeting du 15 août tenu à Libreville aux côtés de Zacharie Myboto, Jean Eyéghé Ndong et Casimir Oyé Mba, les autres principaux animateurs de l'Union nationale - le parti d'opposition dissous par les autorités.

« Il se relève d'un accident vasculaire cérébral », confient des proches. « Il ne faut pas croire tout ce qu'on vous dit », dément Michel Ongoundou, ancien journaliste et visiteur régulier de la villa d'AMO, répondant pour le compte de l'intéressé, qui « se repose ». Le principal opposant gabonais n'aime pas se montrer quand il n'est pas au meilleur de sa forme. Et son bulletin de santé est aussi confidentiel que celui d'un chef d'État.

Suites d'opérations chirurgicales, accident vasculaire cérébral, diabète ? Le mystère plane...

« Que les gens se rassurent, il parlera bientôt », assure un membre de son entourage. En attendant, son absence se fait d'autant plus ressentir que ses camarades sont entrés en campagne pour obliger Ali Bongo Ondimba à convoquer une conférence nationale souveraine. Le pouvoir rejette catégoriquement cette idée, et l'ex-Union nationale et ses alliés ne parviennent pas à faire basculer le rapport des forces en leur faveur. Quand on connaît la pugnacité et l'envie d'occuper le devant de la scène du meilleur ennemi du président, il y a lieu de s'interroger. Pour l'instant, ce vide semble difficile à combler. D'autant que, après le ralliement de Paul Mba Abessole au régime et la mort, en octobre 2011, de l'opposant historique Pierre Mamboundou, l'opposition est orpheline de personnalités d'envergure. Avec sa troisième place lors du scrutin présidentiel d'août 2009, derrière Mamboundou, AMO était le seul à peser véritablement dans ses rangs.

Sortilège

Souffrant, Mba Obame l'est assurément depuis mars 2011. Il ressentait alors une douleur à la jambe, qu'il attribuait en plaisantant à un « fusil nocturne », ce sortilège bien connu au Gabon. Le 13 mai suivant, un examen radiologique effectué dans une clinique de la capitale révélait la présence d'une « hernie discale postéro-latérale ayant entraîné une sciatique paralysante et hyperalgique ». Il fallait opérer d'urgence. Selon le bulletin de santé, AMO était atteint d'une lombalgie chronique diagnostiquée en 1994. Le 14 juin, il s'envole vers l'Afrique du Sud où il sera opéré le 28 pendant trois heures. Le 4 juillet, il quitte l'hôpital. Quatre semaines de repos total lui sont alors prescrites. Mais, alternant relaxation et rééducation (quatre heures par jour), la convalescence se révèle plus pénible que prévu. Un médecin gabonais interrogé à Paris ne s'explique pas ces difficultés.

« Il s'agit d'une pathologie bénigne dont les complications postopératoires sont rares. Si c'est le cas, pourquoi ne l'a-t-on pas réopéré ? » s'interroge-t-il. Opéré pour une hernie discale en 2009, le chanteur français Johnny Hallyday (66 ans à l'époque) s'est finalement relevé, en dépit de complications consécutives à l'intervention chirurgicale. Pour le cas de Mba Obame, faut-il attribuer la dégradation de son état de santé à d'autres pathologies, dont le diabète qu'on lui a découvert en 2004 ? Ces questions demeurent sans réponse pour l'instant.

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