Extension Factory Builder
06/11/2012 à 08:13
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Soumaya Ghannouchi est aussi l'épouse de Rafik Abdessalem, le ministre des Affaires étrangères. Soumaya Ghannouchi est aussi l'épouse de Rafik Abdessalem, le ministre des Affaires étrangères. © Nicolas Fauqué/ImagesdeTunisie.com

Fille cadette du chef d'Ennahdha, Soumaya Ghannouchi est une pasionaria tunisienne qui pourfend tous ceux qui ne partagent pas ses idées. Portrait.

Les proches des leaders islamistes sont en général très discrets. Exception à la règle, Soumaya, la fille cadette de Rached Ghannouchi, président du parti islamiste Ennahdha, et épouse de Rafik Abdessalem, le ministre des Affaires étrangères. Regard aguicheur et langoureux sur sa page Facebook, elle se montre beaucoup moins tendre dans ses écrits, où l'opposition et les progressistes tunisiens en prennent pour leur grade.

Encore inconnue il y a un an, cette diplômée en philosophie de 26 ans était apparue aux côtés de son père, telle une odalisque voilée, pour fêter la victoire d'Ennahdha aux élections du 23 octobre 2011. Depuis, si on ne connaît toujours pas le son de sa voix, elle exprime sur les réseaux sociaux des idées radicales, relayant les propos de son père et défendant son époux dès qu'il commet une gaffe.

"Pleurnichards"

Contrairement à sa soeur Intissar, avocate et chargée des relations internationales d'Ennahdha, Soumaya n'a pas de fonction officielle, mais entend jouer un rôle même si nul ne le lui demande. Chercheuse à la School of Oriental and African Studies de Londres, cette mère de deux enfants a connu un début de notoriété en publiant des analyses sur les révolutions arabes dans le quotidien britannique The Guardian.

Dans un brûlot fielleux publié un an après les premières élections libres, elle écrase de son mépris ceux qu'elle traite de mauvais perdants "pleurnichards"

Issue de la génération des Tunisiens de l'exil, ayant grandi à Londres dans le huis clos des cercles islamistes qui, sans connaître réellement leur pays d'origine, militaient pour les droits des peuples arabes et pour une certaine vision de l'islam, Soumaya s'en prend aussi bien aux médias qu'aux opposants et aux modernistes. Dans un brûlot fielleux publié un an après les premières élections libres, elle écrase de son mépris ceux qu'elle traite de mauvais perdants « pleurnichards ». « Mon père a souffert, au tour des autres de souffrir », assène-t-elle, revancharde. L'opinion en a le souffle coupé, les intellectuels la vouent aux gémonies. Pourtant, Soumaya, qui préfère porter le nom de son illustre géniteur, est l'auteure d'un mémoire sur « l'histoire de la subjectivité, de Descartes à Heidegger ».

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Réagir à cet article

Tunisie

La Tunisie à la veille d'élections cruciales

La Tunisie à la veille d'élections cruciales

La Tunisie était engagée samedi dans les derniers préparatifs pour ses premières législatives depuis la révolution de 2011, un scrutin crucial pour lequel un vaste dispositif de séc[...]

France : les ressortissants tunisiens de France votent pour les législatives

Les ressortissants tunisiens de France se sont présentés aux urnes vendredi afin d’élire dix députés de l’Assemblée du peuple à l’occasion des élections[...]

Tunisie : la campagne pour les législatives touche à sa fin

Dernier jour de campagne des législatives en Tunisie. En attendant la confirmation, ou pas, de la bipolarisation du paysage politique tunisien par les urnes, retour sur le terrain avec deux figures de Nidaa Tounes et[...]

Tunisie : six personnes, dont cinq femmes, tuées dans l'assaut contre la maison assiégée

Six personnes, dont cinq femmes, ont été tuées dans l'assaut contre la maison assiégée à Oued Ellil, dans la banlieue de Tunis. La police tunisienne avait auparavant lancé un[...]

Tunisie : le printemps des dircoms

Avec l'avènement des élections libres et pluralistes, plus aucun homme politique tunisien ne conçoit de faire campagne sans le concours d'une armée de communicants.[...]

Tunisie : la police va lancer un ultimatum aux hommes retranchés à Oued Ellil

La situation pourrait rapidement évoluer en Tunisie pour les hommes armés retranchés dans une maison de Oued Ellil, dans la banlieue de Tunis. La police tunisienne va en effet lancer un ultimatum et donnera [...]

Tunisie : tension sécuritaire à trois jours des législatives

Alors que des hommes armés sont toujours retranchés dans une maison d'une banlieue de Tunis, l'activité d'éléments jihadistes  fait monter la tension sécuritaire de plusieurs crans[...]

Tunisie : un policier tué lors d'affrontements entre la police et un groupe terroriste près de Tunis

Oued Ellil, une localité à 70 km de Tunis, est le théâtre d'échanges de tirs entre les forces de l'ordre et des éléments terroristes. Un policier a été tué.[...]

Tunisie : un ex-ministre de Ben Ali à Carthage ?

Caciques de l'ancien régime ou membres éphémères de l'équipe gouvernementale du président déchu, ils ont décidé de briguer la magistrature suprême le[...]

Tunisie : un scrutin placé sous le signe de la morosité

Quelques jours avant les élections législatives, la Tunisie semble se préparer à troquer la transition contre une situation aléatoire.[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers