Soumaya Ghannouchi est aussi l'épouse de Rafik Abdessalem, le ministre des Affaires étrangères.
© Nicolas Fauqué/ImagesdeTunisie.com
Fille cadette du chef d'Ennahdha, Soumaya Ghannouchi est une pasionaria tunisienne qui pourfend tous ceux qui ne partagent pas ses idées. Portrait.
Les proches des leaders islamistes sont en général très discrets. Exception à la règle, Soumaya, la fille cadette de Rached Ghannouchi, président du parti islamiste Ennahdha, et épouse de Rafik Abdessalem, le ministre des Affaires étrangères. Regard aguicheur et langoureux sur sa page Facebook, elle se montre beaucoup moins tendre dans ses écrits, où l'opposition et les progressistes tunisiens en prennent pour leur grade.
Encore inconnue il y a un an, cette diplômée en philosophie de 26 ans était apparue aux côtés de son père, telle une odalisque voilée, pour fêter la victoire d'Ennahdha aux élections du 23 octobre 2011. Depuis, si on ne connaît toujours pas le son de sa voix, elle exprime sur les réseaux sociaux des idées radicales, relayant les propos de son père et défendant son époux dès qu'il commet une gaffe.
"Pleurnichards"
Contrairement à sa soeur Intissar, avocate et chargée des relations internationales d'Ennahdha, Soumaya n'a pas de fonction officielle, mais entend jouer un rôle même si nul ne le lui demande. Chercheuse à la School of Oriental and African Studies de Londres, cette mère de deux enfants a connu un début de notoriété en publiant des analyses sur les révolutions arabes dans le quotidien britannique The Guardian.
Dans un brûlot fielleux publié un an après les premières élections libres, elle écrase de son mépris ceux qu'elle traite de mauvais perdants "pleurnichards"
Issue de la génération des Tunisiens de l'exil, ayant grandi à Londres dans le huis clos des cercles islamistes qui, sans connaître réellement leur pays d'origine, militaient pour les droits des peuples arabes et pour une certaine vision de l'islam, Soumaya s'en prend aussi bien aux médias qu'aux opposants et aux modernistes. Dans un brûlot fielleux publié un an après les premières élections libres, elle écrase de son mépris ceux qu'elle traite de mauvais perdants « pleurnichards ». « Mon père a souffert, au tour des autres de souffrir », assène-t-elle, revancharde. L'opinion en a le souffle coupé, les intellectuels la vouent aux gémonies. Pourtant, Soumaya, qui préfère porter le nom de son illustre géniteur, est l'auteure d'un mémoire sur « l'histoire de la subjectivité, de Descartes à Heidegger ».

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