Manifestation contre le chômage, organisée par les jeunes du SPD, à Berlin, en juin.
© Ipon-Boness/SIPA
La chancelière allemande briguera l'an prochain un troisième mandat. Seul adversaire à sa mesure : le social-démocrate Peer Steinbrück. Mais, pour l'instant, les choses se présentent au mieux pour Angela Merkel.
À un an des élections fédérales, qui déboucheront sur la désignation d'un nouveau chancelier, les partis allemands se mettent en ordre de bataille. Angela Merkel (Union chrétienne-démocrate, CDU), qui n'a jamais caché son intention de briguer un troisième mandat, connaît désormais le nom de son principal adversaire : Peer Steinbrück (65 ans), désigné par le Parti social-démocrate (SPD) le 28 septembre. Les deux autres prétendants, Frank-Walter Steinmeier et Sigmar Gabriel, ont renoncé pour laisser le champ libre au favori, dont les compétences en économie pourraient se révéler précieuses en ces temps de crise.
Agressif
Merkel et Steinbrück se connaissent bien, le second ayant été le ministre des Finances de la première dans le gouvernement de grande coalition CDU-SPD qui dirigea le pays de 2005 à 2009. Aujourd'hui député, Steinbrück, volontiers agressif et mordant, est un libéral proche de Gerhard Schröder, et un chaud partisan de la rigueur budgétaire. Ce qui ne manque pas de faire grincer quelques dents chez les militants les plus à gauche du SPD. Et de susciter des attaques contre lui.
En plus de ses émoluments de responsable politique, le candidat socialiste perçoit en effet divers « revenus annexes » : publication de livres, tenue de conférences, participation au conseil d'administration de plusieurs grandes entreprises... Sommé de faire la lumière sur le montant exact de ses gains, il a promis de s'astreindre à l'avenir à davantage de transparence et a quitté ses fonctions au sein du groupe sidérurgique ThyssenKrupp. Mais il reste membre du conseil de surveillance du Borussia Dortmund, le célèbre club de football.
Fait plutôt rare en Allemagne, le dernier sondage réalisé le 4 octobre par la chaîne publique ARD montre une nette prédominance des deux grands partis. La CDU/CSU est ainsi créditée de 39 % des intentions de vote, et le SPD de 31 %. Les autres sont loin, qu'il s'agisse des Verts (11 %), de Die Linke (gauche, 7 %), du Parti libéral-démocrate (FDP) ou du Parti pirate (4 % chacun). Les raisons de cette bipolarisation ? La focalisation de l'électorat sur les questions économiques.
Confiance
Pour l'heure, Merkel est la grande favorite. Sa gestion de la crise et sa fermeté à l'égard des pays européens en difficulté sont appréciées. 64 % des Allemands jugent par exemple que le gouvernement est actuellement « entre de bonnes mains » : les siennes. C'est à elle qu'ils font confiance pour les protéger des conséquences de la crise financière, assurer la stabilité de la monnaie, éviter une détérioration de la situation économique et garantir l'emploi. De son côté, Steinbrück apparaît comme le candidat de l'égalité sociale, de l'amélioration du système des retraites et de la gestion de la dette. Mais ces thèmes de campagne n'ont pas encore été vraiment développés.
Pour autant, l'élection n'est pas jouée. Steinbrück a d'emblée évoqué la possibilité d'une coalition avec les Verts, actuellement en pleine campagne des primaires. Quant à la CDU, elle ne peut compter que sur un faible renfort de députés libéraux, le FDP étant actuellement en pleine déconfiture.
La consultation aura lieu entre le 28 août et le 27 octobre 2013. Le chancelier n'est pas élu directement par les Allemands, mais au terme d'un processus complexe, par le Parlement (Bundestag). Il est rare qu'un parti soit assez fort pour gouverner seul. Le petit jeu des coalitions est donc une spécialité allemande.

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