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24/10/2012 à 08:54
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Bart De Wever à Anvers, le 14 octobre. Bart De Wever à Anvers, le 14 octobre. © AFP

La nette victoire des nationalistes du N-VA dans la capitale des Flandres lors des municipales du 14 octobre est une catastrophe pour l'unité du royaume : Bart De Wever, son chef, est un partisan de longue date de l'indépendance !

Bart De Wever a perdu quelques dizaines de kilos. Il ne ressemble plus à l'ogre qui, il y a un an, voulait dévorer les Wallons tout crus. Il ressemble plutôt à un manageur sérieux et posé. Mais tout cela n'est peut-être qu'apparence. Le leader du N-VA n'a rien perdu de son mordant et semble toujours aussi décidé à faire éclater la Belgique. Son triomphe lors des élections municipales à Anvers, le 14 octobre, a réveillé tous ceux qui avaient oublié l'existence d'un problème De Wever au coeur de l'Europe. Et les élections fédérales de 2014 prennent soudain un relief nouveau. Seront-elles les dernières à se dérouler dans un pays nommé « Belgique »

À Anvers, De Wever a obtenu 36,4 % des suffrages, contre 29,5 % pour Patrick Janssens, le maire socialiste sortant. Fort de ce résultat, il a immédiatement rappelé ses exigences : encore plus d'autonomie pour les Flamands, en attendant mieux. Elio Di Rupo, le Premier ministre « fédéral », a dû pousser un long soupir de dépit...

Poumon économique

La victoire du N-VA en Flandre est en tout cas incontestable. Alors que ses rivaux chrétiens-démocrates reculent presque partout, il arrive en tête dans une cinquantaine de municipalités et en deuxième position dans de nombreuses autres, alors qu'il partait souvent de rien. Cerise sur le gâteau, il conquiert Anvers, la plus grande ville de Flandre, deuxième port d'Europe et poumon économique du pays. Il y a de quoi pavoiser.

Il conquiert Anvers, la plus grande ville de Flandre, deuxième port d'Europe et poumon économique du pays.

Les éternels optimistes pourront toujours se consoler en répétant que la victoire du NV-A s'est faite au détriment du Vlaams Belang, le parti flamand d'extrême droite que dirige Filip Dewinter. Celui-ci l'a déploré amèrement : « Le Vlaams Belang a semé pendant des décennies afin que la N-VA et Bart De Wever puissent maintenant récolter. » Ce dernier a reconnu le fait mais l'a formulé autrement : « Notre ville a été pendant vingt ans la base européenne de la droite radicale. Cette ère est aujourd'hui révolue. » Autrement dit, les voix qui se portaient sur le Vlaams Belang (et son discours xénophobe à la lisière du racisme) sont bonnes à prendre pour faire avancer le projet d'indépendance de la Flandre. À chacun ses priorités.

Un de ses amis a été plus direct. Chef de file du N-VA à Gand, le député Siegfried Bracke a estimé que la victoire de son parti avait permis de « libérer la Flandre de la salissure de l'extrême droite » - rien que ça ! - et de placer le nationalisme démocratique sur l'échiquier. Voilà qui ne laisse pas augurer de sereines discussions entre les deux formations !

À ceux qui tenteraient de minimiser la victoire de De Wever en soulignant qu'il ne s'agissait que d'élections locales, il faut rappeler qu'en Belgique toutes les élections ont une dimension nationale : elles constituent un indicateur du degré de popularité de l'idée d'indépendance de la Flandre. Celles qui viennent de se dérouler sont donc un test national en prévision du scrutin fédéral de 2014.

Choc

Les Wallons ne s'y sont pas trompés. Leurs réactions vont de l'incrédulité au choc, en passant par la résignation : cela fait tout de même bien des années que De Wever joue avec leurs nerfs. S'il réussit à former une coalition (le Vlaams Belang lui ayant déjà offert ses services, les deux partis détiendraient ensemble la majorité au conseil communal anversois), il sera le prochain maire d'Anvers, soit un des personnages les plus importants du pays. Où s'arrêtera-t-il ?

En tout cas, pas en si bon chemin. Dans son discours de victoire, n'a-t-il pas immédiatement mis Di Rupo au défi de s'asseoir avec lui autour d'une table pour parler d'un nouveau modèle confédéral ? L'infortuné Premier ministre se souvient encore des longs mois de marchandage qu'avait coûté la mise en place de la coalition qui gouverne aujourd'hui le pays, au niveau fédéral. L'Histoire serait-elle, en Belgique, un éternel recommencement ?

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