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30/10/2012 à 16:18
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Le Béninois Boni Yayi (à gauche) et le Camerounais Paul Byia (au centre). Le Béninois Boni Yayi (à gauche) et le Camerounais Paul Byia (au centre). © Baudouin Manda pour J.A.

Le 13 octobre, en marge du sommet de la Francophonie, le président français François Hollande a rencontré ses homologues comorien, camerounais, congolais, et béninois

Quinze à vingt minutes chacun, dans le petit bureau réservé au président français au sein du Palais du peuple de Kinshasa... C'est ce à quoi ont été conviés, le 13 octobre, en marge du sommet de la Francophonie, les chefs d'État comorien Ikililou Dhoinine, camerounais Paul Biya, congolais Denis Sassou Nguesso et béninois Boni Yayi. Ces rencontres bilatérales avaient toutes été initiées par les homologues africains de François Hollande. Au-delà d'un échange formel sur l'état des relations entre les deux pays, ils permettent aussi aux dirigeants d'évoquer les sujets sensibles.

Avec Dhoinine, reçu en premier, il s'agissait de l'épineux problème des migrants comoriens vers le département français de Mayotte. Tandis que Dhoinine promettait de tout faire pour lutter contre l'immigration clandestine, Paris assurait à Moroni qu'une évolution du « visa Balladur », imposé aux Comoriens et accusé d'être indirectement à l'origine des nombreuses noyades, était à l'étude.

Le cas Thierry Atangana

Paul Biya, qui rencontrait Hollande pour la première fois, a abordé les réformes institutionnelles en cours dans son pays et précisé ses intentions (notamment la mise en place du Sénat et donc le processus constitutionnel de succession), avant que soit évoquée la relation très forte entre Paris et Yaoundé. En marge de ces échanges, François Hollande a tenu à faire savoir l'attention qu'il porte au cas de Thierry Atangana, le Franco-Camerounais emprisonné depuis quinze ans à Yaoundé pour détournement de fonds et à nouveau lourdement condamné au début d'octobre. Réponse de Biya : il ne peut évidemment pas interférer dans une affaire judiciaire...

Troisième chef d'État à être reçu, Denis Sassou Nguesso a commencé par exposer longuement à Hollande son analyse de la situation chez son grand (et parfois encombrant) voisin, la RDC. Il a décrit un pays heurté, en proie à des divisions internes et à des agressions extérieures dont le Congo-Brazzaville était souvent une victime collatérale, en raison des milliers de réfugiés qui traversent le fleuve à la moindre poussée de fièvre. Puis il a soulevé une question bien plus délicate, celle de l'affaire dite des biens mal acquis, que des ONG ont portée devant les tribunaux français. Sans cacher son agacement, le président congolais a expliqué se sentir victime d'un « acharnement » infondé de la part des plaignants et estime injuste que seuls trois pays africains soient dans le collimateur de la justice française, tandis que d'autres, étrangement, sont épargnés par cette vindicte. « Quel est l'intérêt de ces ONG à agir contre nous ? » s'est-il interrogé. Réponse de François Hollande : il ne peut évidemment pas interférer dans des affaires judiciaires...

Enfin, un entretien bilatéral a été improvisé à la dernière minute avec Boni Yayi, en sa qualité de président de l'Union africaine. Les deux hommes commencent à se connaître, puisque c'est la cinquième fois qu'ils se croisent depuis l'arrivée au pouvoir de l'hôte de l'Élysée. Avec, à chaque fois, à l'ordre du jour, la crise malienne, sur laquelle ils partagent le même point de vue : l'organisation continentale doit s'investir davantage aux côtés de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (Cedeao).

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Élise Colette, envoyée spéciale (@elizco)

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