Extension Factory Builder
24/10/2012 à 15h:57
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Le 17 octobre 1961, des manifestants algériens, en état d’arrestation, s’entassent dans un bus Le 17 octobre 1961, des manifestants algériens, en état d’arrestation, s’entassent dans un bus © AFP

Il y a cinquante et un ans, à Paris, une manifestation d'Algériens indépendantistes était réprimée dans le sang. François Hollande a officiellement reconnu les faits. Alger salue le geste.

Plus d'un demi-siècle que les Algériens attendaient cela. Dans un communiqué publié le 17 octobre, François Hollande a évoqué la même journée de 1961. « Des Algériens qui manifestaient pour le droit à l'indépendance ont été tués lors d'une sanglante répression. La République reconnaît avec lucidité ces faits », a écrit le président français. C'est la première fois qu'un chef de l'État engage la France sur ce sujet, sans toutefois présenter des excuses.

Ce 17 octobre 1961, à l'appel des indépendantistes du Front de libération nationale (FLN), des dizaines de milliers d'Algériens avaient manifesté pacifiquement à Paris. Selon les historiens, la répression - certains manifestants furent jetés dans la Seine - aurait fait entre 50 et 200 morts et près de 400 disparus. La préfecture de police, alors dirigée par Maurice Papon, prétendit, elle, que l'opération de « maintien de l'ordre » avait coûté la vie à deux personnes.

Si la déclaration de François Hollande a suscité un tollé en France, notamment dans les milieux de la droite, elle a été accueillie avec beaucoup de pudeur en Algérie. Nul triomphalisme, encore moins de surenchère ou de scènes de liesse populaire. Abdelmalek Sellal, le Premier ministre, a sobrement salué « les bonnes intentions de la France », se félicitant qu'elles précèdent la visite du chef de l'État français en Algérie - prévue pour le début de décembre -, dont on attend une redynamisation des relations bilatérales, empoisonnées par les questions mémorielles.

Hormis le FLN, qui s'est réjoui de cette initiative présidentielle, la classe politique, obnubilée par le prochain scrutin municipal, n'a pas jugé utile de commenter. Quant à la population, dont l'écrasante majorité a moins de 50 ans, elle l'a accueillie dans une relative indifférence. Preuve, s'il en était besoin, que les questions mémorielles, agitées de part et d'autre par lobbies et appareils politiques, sont moins insurmontables qu'ils ne le prétendent.

Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Réagir à cet article

Algérie

Santé de Bouteflika : Enrico Macias, l'interview qui dérange

Santé de Bouteflika : Enrico Macias, l'interview qui dérange

Faute d’informations, la santé d’Abdelaziz Bouteflika continue de faire jaser. Le 20 mai, au Qatar, c’est Enrico Macias, originaire de Constantine, qui met les pieds dans le plat, en déclarant &ag[...]

France - Safia Lebdi : verte de rage

Le militantisme est-il soluble dans la politique ? Pour cette fille d'immigrés algériens engagée auprès d'Europe Écologie-Les Verts et Femen pratiquante, la réponse est oui.[...]

Bouteflika : la santé entre les lignes

Les informations sur l’état de santé du président algérien sont aussi rares que laconiques.[...]

Algérie : Bouteflika et les autres patients africains du Val-de-Grâce

Avant Abdelaziz Bouteflika, de nombreux présidents africains sont allés se faire soigner au mystérieux hôpital militaire du Val-de-Grâce, à Paris. De Mathieu Kérékou à[...]

Henry Laurens : "Le Printemps arabe est une révolution de la normalité"

Dans toute le monde arabo-berbère, les conséquences des bouleversements politiques survenus en 2011 ne laissent pas d'inquiéter. Analyse en profondeur d'un grand spécialiste du sujet.[...]

Algérie : Bouteflika transféré à l'hôpital militaire des Invalides, incertitudes sur son état de santé

Mardi 21 mai, le président algérien Abdelaziz Bouteflika a été transféré de l'hôpital militaire du Val-de-Grâce, à Paris, vers celui des Invalides. Selon les[...]

Santé de Bouteflika : la presse algérienne fustige la communication officielle

La presse algérienne dénonce l’absence quasi-totale d’informations sur la santé du chef de l’État Abdelaziz Bouteflika, depuis qu'il a été hospitalisé à[...]

Algérie : Abderrezak Mokri, le Frère nouveau est arrivé

Élu à la tête du Mouvement de la société pour la paix (MSP, islamiste), Abderrezak Mokri incarne la rupture avec la stratégie de l'entrisme chère à son[...]

Le porte-parole d'Ansar Eddine détenu en Mauritanie

Senda Ould Boumama, porte-parole d’Ansar Eddine, s’est rendu samedi soir aux forces mauritaniennes, a affirmé une source sécuritaire lundi 20 mai.[...]

Algérie : quand Saïd Bouteflika orchestre le silence présidentiel

Depuis l'hospitalisation d'Abdelaziz Bouteflika à Paris il y a un peu plus de trois semaines, la présidence algérienne se montre extrêmement discrète sur l'état de santé du chef de[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers