Extension Factory Builder
25/10/2012 à 13:17
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Mohammed VI en visite dans le camp de réfugiés syriens de Zaâtari en Jordanie. Mohammed VI en visite dans le camp de réfugiés syriens de Zaâtari en Jordanie. © Salah Malkawi pour J.A.

Au menu de la tournée moyen-orientale du roi du Maroc Mohammed VI, les investissements et la crise syrienne. Avec un fil rouge : renforcer le partenariat entre Rabat et le Conseil de coopération du Golfe.

En mai 2011, l'offre faite au Maroc et à la Jordanie de rejoindre le Conseil de coopération du Golfe (CCG) avait fait jaser, puis sourire. On se demandait alors ce que viendraient faire ces deux États dans le club très fermé des pétromonarchies. Pourtant, le royaume chérifien a finalement ouvert, quelques mois plus tard, un partenariat stratégique avec le CCG. Ce cadre de coopération prévoit notamment le financement de projets de développement à hauteur de 5 milliards de dollars (3,8 milliards d'euros) sur cinq ans.

C'est donc sans surprise que la visite de Mohammed VI dans la région a fait la part belle aux affaires. L'importante délégation marocaine, composée de conseillers royaux et de membres du gouvernement, a parlé infrastructures, énergie, nouvelles technologies, banque et industrie. Dans un contexte de crise économique en Europe, Rabat cherche des relais d'investissement et s'appuie pour cela sur ses bonnes relations avec les monarchies du Golfe, notamment les Émirats arabes unis et l'Arabie saoudite - dont le roi, Abdallah, qui séjourne régulièrement au Maroc, était encore à Bouskoura en septembre dernier. L'ampleur de la tournée menée par Mohammed VI en Arabie saoudite, en Jordanie, au Qatar, aux Émirats arabes unis et au Koweït autorise à parler de véritable offensive diplomatique.

Cinq pays visités en dix jours par un roi tour à tour VRP, pèlerin, humanitaire et diplomate…

Première étape : Djeddah, où le souverain est arrivé le 16 octobre au soir. L'occasion de tirer quelques leçons sur le fonctionnement du premier cercle entourant Mohammed VI et sa stratégie d'influence. Lors des entretiens à haut niveau, le conseiller Omar Azziman était au centre, flanqué de ses collègues du cabinet royal : Zoulikha Nasri, Fouad Ali El Himma et Yassir Zenagui. Légèrement en retrait, sept membres du gouvernement Benkirane représentaient les principaux ministères concernés (Affaires étrangères, Affaires islamiques, Économie et Finances, Agriculture, Équipement et Transport, Santé, Énergie). Le pouvoir d'orientation et de coordination de l'entourage royal, jusqu'ici discret, apparaît donc aujourd'hui au grand jour.

Deuxième image, celle de Zoulikha Nasri, voilée pour se conformer à l'étiquette locale, mais au premier rang de la suite du souverain. Elle était à ses côtés à La Mecque, où le roi a accompli la omra, le petit pèlerinage, sous les vivats de badauds à l'accent marocain reconnaissable.

Plus discret, le patron des renseignements extérieurs marocains, Yassine Mansouri, était aussi du voyage. On ne saura rien sur sa rencontre avec le prince Bandar Ibn Sultan, le nouveau chef des services secrets saoudiens, mais la coopération sécuritaire entre les deux pays est certaine.

Bain de foule

À Amman, ensuite, Mohammed VI s'est entretenu avec son homologue, Abdallah II. Ils ont longuement évoqué la crise syrienne lors d'un entretien bilatéral, le 18 octobre, au palais Al-Hummar. Le chef de l'État marocain s'est aussi rendu dans le camp de Zaâtari (nord-est de la Jordanie), où sont hébergés près de 30 000 réfugiés syriens. Mohammed VI a visité un hôpital de campagne mis en place par l'armée marocaine, écoutant les explications des gradés, se penchant au chevet de jeunes accouchées, s'enquérant de l'état de santé d'enfants soignés sur place. Le souverain s'est même offert un bain de foule parmi les réfugiés, dans une belle cohue. L'occasion de marquer sa solidarité avec le peuple syrien et de projeter, au-delà des frontières, l'image d'un roi humble et proche des gens.

Quelques heures après la diffusion de ces images sur les sites web et les réseaux sociaux, les réactions à ce début de tournée diplomatique étaient globalement enthousiastes.

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Réagir à cet article

Maroc

Maroc : trois Français condamnés pour terrorisme et expulsés du territoire

Maroc : trois Français condamnés pour terrorisme et expulsés du territoire

Le tribunal de Salé, près de Rabat, a condamné jeudi trois ressortissants français à quatre mois de prison ferme pour des affaires de terrorisme. Leurs peines ayant été purgé[...]

BMCE Bank annonce des résultats records et change de nom

Grâce à la bonne tenue de ces activités au Maroc et à l'explosion des bénéfices de son bras armé africain BOA, le groupe marocain affiche des résultats inédits en 2014.[...]

Maroc : misogyne, Benkirane ?

Animé par une vision extrêmement conservatrice de la place des femmes, le chef du gouvernement multiplie les saillies douteuses contre ses opposantes. Qui le lui rendent bien.[...]

France : 800 cheminots marocains accusent la SNCF de "discrimination"

En France, 832 cheminots marocains réclament des dommages et intérêts à la SNCF devant le conseil de prud'hommes de Paris. Ils accusent l’entreprise ferroviaire de ne pas leur avoir octroyé[...]

Maroc : démantèlement d'une cellule terroriste liée à l'État islamique

Les autorités marocaines ont annoncé dimanche avoir démantelé une cellule terroriste qui planifiait des attaques contre des personnalités politiques, civiles et militaires.[...]

Le Maroc sur le qui-vive suite à l'attentat du Bardo à Tunis

Dans la foulée des évènements du 18 mars à Tunis, le Maroc, déjà menacé à plusieurs reprises par l’Etat Islamique (EI), a pris la décision de renforcer sa[...]

Ahmed Aboutaleb, un Marocain en plat pays

En 1976, il ne parlait pas un mot de néerlandais. Quarante ans plus tard, il est maire de Rotterdam et si populaire qu'on lui prédit un avenir de Premier ministre. Pas mal comme intégration, non ?[...]

Comment distinguer un Marocain d'un Allemand ?

Voici une histoire à la fois cocasse et instructive. Il s'agit de la question du regroupement familial, qui est une des sources de l'immigration en Europe. Pour les partis politiques qui veulent limiter [...]

Maroc : Bassima Hakkaoui, l'antiféministe devenue ministre

Seule femme du gouvernement, elle se bat bec et ongles contre les tenants d'une émancipation totale.[...]

Maroc : Mustapha El Khalfi, au nom du père

Ministre de la Communication depuis 2012, Mustapha El Khalfi, cet islamiste "moderne" au tropisme anglo-saxon, doit presque tout à son mentor Abdelilah Benkirane. Et le lui rend bien[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers
Purging www.jeuneafrique.com/Article/JA2702p016.xml0 from 172.16.0.100 Purging jeuneafrique.com/Article/JA2702p016.xml0 from 172.16.0.100