Extension Factory Builder
18/10/2012 à 15:44
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Pendant son discours à l’Institut militaire de Virginie, à Lexington, le 7 octobre. Pendant son discours à l’Institut militaire de Virginie, à Lexington, le 7 octobre. © Evan Vucci/AP/Sipa

Mitt Romney a exposé, le 7 octobre, les grandes lignes de la politique étrangère qu'il entend proposer aux Américains. L'ennui est qu'il en change tous les trois mois !

La politique étrangère de Mitt Romney, c'est un peu comme le sexe des anges : difficile à définir. Est-il un néoconservateur à la Paul Wolfowitz, un réaliste ou un conservateur traditionnel ? Le grand discours qu'il a prononcé à l'Institut militaire de Virginie, le 7 octobre, un peu plus d'une semaine avant le deuxième débat qui l'opposera à Barack Obama, n'a pas permis de trancher.

Certes, sa rhétorique s'apparente clairement à celle de George W. Bush : « Il est de la responsabilité du président des États-Unis d'utiliser la superpuissance de l'Amérique afin de façonner l'Histoire... » Sur le fond, c'est une autre histoire. Certes, il ne ménage pas la politique moyen-orientale d'Obama, qui, quelques semaines après l'attaque du consulat américain à Benghazi, laisserait « l'Amérique à la merci des événements ». De même, il voit dans le retrait des forces américaines d'Afghanistan, en 2014, « un abandon du peuple de ce pays aux mêmes extrémistes qui commanditèrent les attaques du 11 septembre 2001 ». L'ennui est que, il y a peu, il qualifiait le conflit afghan de « guerre d'indépendance » dans laquelle il minimisait le rôle des États-Unis !

Pas de différences majeures avec Obama

Comme Bush, Romney n'est pas avare de simplifications outrancières, comme lorsqu'il parle de lutter contre ceux qui « sont en guerre perpétuelle contre l'Occident ». Interventionniste voire belliqueux, il promet de s'attaquer « dès le lendemain de [son] élection » à la Chine, coupable de sous-évaluer sa monnaie. Quant à la Russie, elle reste pour lui l'ennemi géopolitique principal.

Pourtant, derrière ces rodomontades dont l'objectif essentiel est de se démarquer d'Obama dans un domaine, la politique étrangère, qui ne lui est, tous les sondages le prouvent, pas favorable, il n'y a rien, ou pas grand-chose. Sur la Syrie, il appelle à armer les rebelles, mais omet de préciser si les États-Unis doivent se charger de la tâche. Sur le dossier du nucléaire iranien, il affirme que rien ne devrait séparer la position de son pays de celle d'Israël, mais il ne promet nullement de frapper la République islamique de concert avec ce dernier. Tout juste s'engage-t-il à faire « comprendre à l'Iran que les États-Unis et ses alliés ne toléreront pas son programme nucléaire ». Il brandit même la menace de nouvelles sanctions économiques. Quelle différence avec la politique d'Obama ?

Il ne veut pas être une copie de Bush. Pas question de jouer les va-t-en-guerre en Syrie ou en Iran.

À en croire la directrice d'un think-tank conservateur (dans le New York Times), « le but de Romney était de montrer qu'il ne serait pas une copie de Bush, qu'il ne jouerait pas les va-t-en-guerre en Syrie ou en Iran ». Mais a-t-il les idées très claires sur la politique qu'il entend mener ? La vérité est qu'il change d'opinion comme de chemise. En Virginie, il a déclaré son intention d'établir un État palestinien viable. Or quelques semaines auparavant, dans la fameuse vidéo enregistrée à son insu, il jugeait la chose impossible...

À sa décharge, il n'est guère aidé par son équipe de conseillers, improbable attelage composé de réalistes, tel Robert Zoellick, l'ancien président de la Banque mondiale, et de néoconservateurs purs et durs, comme John Bolton, l'ancien ambassadeur aux Nations unies. Entre les deux, il n'a pas encore tranché. Comme le dit l'un de ses proches conseillers, « nous n'avons aucun intérêt à relancer les guerres intestines qui avaient cours dans l'administration Bush. En tout cas, pas dans le mois précédant l'élection ». C'est donc après le 6 novembre que les Américains - et le monde avec eux - découvriront quel Mitt Romney ils auront élu.

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Réagir à cet article

International

'Get on up' : James Brown, frère d'âmes

"Get on up" : James Brown, frère d'âmes

Avec "Get on Up", le réalisateur Tate Taylor tente l'impossible : raconter la vie du Soul Brother Number One. En dépit d'une interprétation convaincante due à Chadwick Boseman, le film[...]

Ebola : pourquoi l'armée américaine entre en scène au Liberia

Le chef des troupes américaines en Afrique (Africom) va diriger en personne depuis Monrovia le déploiement de 3 000 soldats pour lutter contre l'épidémie d'Ebola. Les raisons d'une intervention[...]

Réchauffement climatique : à New York, Ban Ki-moon appelle les États à "changer de cap"

À l'ouverture du sommet de l'ONU sur le climat à New York, Ban Ki-moon, secrétaire général des Nations unies, a appelé mardi les dirigeants du monde à "changer de cap" et[...]

Matraques électriques, bâtons cloutés... : quand la Chine fournit l'Afrique en instruments de torture

Les relations Chine-Afrique sont de plus en plus intenses, y compris dans le secteur des instruments de torture. L'Empire du Milieu fournirait notamment, selon Amnesty international, à divers pays du continent des[...]

Michaëlle Jean : "Ma candidature à la Francophonie est le résultat d'une écoute"

À deux mois du sommet de l'OIF, prévu à Dakar les 29 et 30 novembre, cinq candidats sont en lice. Parmi eux, la Canadienne d'origine haïtienne Michaëlle Jean, qui aspire à devenir[...]

ONU : le sommet sur le climat s'ouvre à New York

Des représentants de plus de 120 pays se rencontrent mardi à New York pour un sommet de l'ONU sur le climat. Objectif : donner un nouvel élan aux négociations internationales à venir sur le[...]

Syrie : premières frappes américaines et premières victimes parmi l'État islamique

Les premières frappes menées mardi avant l'aube en Syrie par la coalition dirigée par les États-Unis ont fait plus de 20 morts parmi les combattants de l'État islamique (EI), selon le premier[...]

Le groupe terroriste Jund al-Khilafa revendique le rapt d'Hervé Gourdel en Kabylie

L'annonce est survenue quelques heures après que l'État islamique (EI) a appelé au meurtre de citoyens des pays de la coalition qui lutte contre lui, le 22 septembre. Mais Hervé Gourdel, guide de[...]

"Fessemania" : l'avant-garde de l'arrière-train africain

Les tenants de l’ordre esthétique mondial ont décidé que les grosses fesses étaient désormais à la mode. L’Afrique n’a pas attendu leur diktat…[...]

Ebola : le missionnaire rapatrié en Espagne est dans un "état grave"

Un missionnaire catholique espagnol contaminé par le virus Ebola en Sierra Leone a été rapatrié dans la nuit de dimanche à lundi à Madrid. Selon les services médicaux, il est[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers

Jeune Afrique Emploi

Toutes les annonces