François Lonsény Fall, l'ex-Premier ministre de Lansana Conté, qui avait démissionné avec éclat en 2004, a été nommé ministre des Affaires étrangères par Alpha Condé.
« Je retourne à mes premières amours », se réjouissait François Lonsény Fall le 8 octobre à Paris, en route pour le sommet de la Francophonie à Kinshasa. Depuis plusieurs mois, ce familier des institutions internationales se préparait à prendre la responsabilité des Affaires étrangères, qu'il avait déjà assumée entre 2002 et 2004. « Secrétaire général de la présidence [depuis décembre 2010, NDLR], j'ai été de toutes les missions à l'étranger, je suis au fait des dossiers », confiait-il. Sa nomination, officialisée le 5 octobre, était attendue à Conakry.
Haut fonctionnaire des Affaires étrangères guinéennes - notamment en France, au Nigeria et en Égypte -, François Fall était connu pour deux faits d'armes. Ambassadeur à l'ONU de 2000 à 2002, il avait fait élire la Guinée parmi les trois États représentant l'Afrique au Conseil de sécurité. Un succès qui lui avait valu son premier mandat de ministre des Affaires étrangères. À ce poste, il avait réussi à sortir le pays de son isolement international.
Désaccords avec Conté
Autre action marquante, sa démission fracassante, en avril 2004, du poste de Premier ministre, à la suite de désaccords avec le président Lansana Conté. « Le gros problème de notre pays, c'est que partout où l'on met la tête pour assainir, on trouve Conté au bout », confiait alors le juriste. Représentant spécial du secrétaire général des Nations unies en Somalie de 2005 à 2007, il avait eu plus de mal à faire entendre ses analyses au Conseil de sécurité.
Depuis la fin du régime Conté, le diplomate originaire de Kankan s'est investi en politique. Candidat malheureux à la présidentielle de 2010, il s'est rallié à Alpha Condé au second tour. Aux Affaires étrangères, il « compte multiplier les partenariats économiques dans trois secteurs essentiels : l'énergie, l'agriculture et les mines, en particulier avec les pays émergents, notamment le Brésil, la Corée du Sud et la Chine ». Mais aussi restructurer son ministère : « Les effectifs en ambassade sont pléthoriques, il faudra les réduire. Il y aura une exigence de professionnalisme. »

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