Extension Factory Builder
12/10/2012 à 12:52
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Pongistes en herbe à l’école des athlètes de Pékin. Pongistes en herbe à l’école des athlètes de Pékin. © NG Han Guan/AP/SIPA

Pépinière de sportifs de très haut niveau, l'académie Shichahai accueille six cents jeunes Chinois de 6 à 16 ans. Objectif : les Jeux olympiques de Rio, dans quatre ans.

Dès les premières heures de la matinée, ils sont à l'entraînement. Plusieurs dizaines de joueurs en uniforme bleu marine travaillent inlassablement leur revers. Le plus jeune n'a que 6 ans, le plus âgé 16 ans. On n'entend que les ordres de l'entraîneur et le cliquetis incessant des petites balles orange ou blanches. En Chine, le tennis de table est un sport national. Alors, à l'académie Shichahai, les entraînements sont pris très au sérieux. « Le matin j'étudie et l'après-midi je m'entraîne pendant deux heures et demie, puis encore une heure et demie le soir. Pendant les vacances, je m'entraîne en plus deux heures et demie chaque matin. Je progresse, mais je dois encore travailler », explique Zhu Zheyang, 10 ans. Ce qu'il veut être plus tard ? La réponse claque comme un smash : « Champion du monde ! »

Modèle soviétique

« Le ping-pong est un sport de stratégie, commente Gu Yunfeng, l'un des entraîneurs. Il faut savoir s'adapter à son adversaire. C'est bénéfique à la fois pour le corps et pour l'esprit. » Lors des derniers Jeux olympiques de Londres, la Chine a tout raflé dans cette discipline. Bien sûr, tous ne décrocheront pas une médaille. Les moins valeureux resteront sur le carreau. À Shichahai, seul un élève sur trois passe professionnel. Dans cette usine à champions conçue sur le modèle des camps d'entraînement soviétiques des années 1960, on mange, on dort et on pense sport. À longueur de journée. Les coachs y sont tous d'anciens sportifs de haut niveau.

C'est à ce prix que l'école est devenue une véritable institution. Depuis cinquante-quatre ans, elle forme les plus grands sportifs du pays - et pas seulement des pongistes ! À son palmarès, déjà 7 titres olympiques et 40 titres mondiaux. Tous les sports olympiques sont enseignés, mais l'école propose aussi des entraînements dans des disciplines comme le kung-fu, un proche parent du karaté. « La Chine a fait beaucoup d'efforts pour développer cet art martial et en faire un sport de pointe dans lequel nous serons les meilleurs, lance Sun Wenhong, l'entraîneur. Le kung-fu représente cinq mille ans d'histoire de la Chine. »

Ce qu’il veut être plus tard ? La réponse claque comme un smash : "Champion du monde !"

L'école est gratuite et les enseignements pris en charge par l'État. Mais il faut accepter de travailler dur. Lever à 6 heures et internat obligatoires pour tout le monde. Pyramidal et centralisé, le système sportif chinois impose une impitoyable sélection dès l'école primaire. Au terme d'un vrai parcours du combattant, les meilleurs finissent par intégrer soit l'une des 3 000 écoles de sport que compte le pays, soit l'un des 300 internats d'élite, comme Shichahai. Pour espérer devenir l'un des 23 000 athlètes « agréés par l'État », ou l'un des 60 000 professionnels eux aussi intégralement pris en charge, les apprentis champions doivent se soumettre à une discipline de fer, accepter d'être séparés de leur famille et encaisser de colossales charges de travail.

Jeu égal

« Nous savons que si quelqu'un veut devenir un bon athlète il doit bien sûr avoir un bon niveau technique, mais il doit aussi être capable de bien réfléchir, commente Shi Fenghua, le directeur adjoint de Shichahai. Nous attachons donc beaucoup d'importance à l'enseignement scolaire. Pendant les neuf premières années, nos pensionnaires suivent les mêmes cours que les étudiants normaux. » « Les nouvelles directives officielles nous demandent de nous concentrer davantage sur la formation académique, renchérit Zhang Yang, la directrice. Nous essayons de former des athlètes complets, capables de réussir leur vie même s'ils échouent à mener une carrière sportive de haut niveau. »

Aux Jeux de Séoul, en 1988, la Chine n'avait remporté que 5 médailles d'or. Loin derrière les États-Unis (36). Cette année, à Londres, l'écart s'est beaucoup resserré : 38 contre 46. À Rio, dans quatre ans, elle espère faire au moins jeu égal.

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

0 réaction(s)

Réagir à cet article

International

Diaspora : Consuelo Cruz Arboleda, Africaine-Sud-Américaine

Diaspora : Consuelo Cruz Arboleda, Africaine-Sud-Américaine

Depuis presque dix ans, cette Colombienne installée à Madrid coordonne le groupe afro-socialiste au sein du Parti socialiste ouvrier espagnol.[...]

États-Unis : torture sans limites pendant la présidence de George W. Bush

Durant la présidence de George W. Bush, sous couvert de guerre contre le terrorisme, la CIA a eu recours à la torture. Avec une cruauté sans bornes, selon un rapport accablant du Sénat[...]

Benjamin Stora : "La France peine à se voir comme une nation construite par ses migrants"

Entretien avec le patron de la Cité nationale de l’histoire de l’immigration, l'historien français Benjamin Stora.[...]

Oubliez le McDo, à Paris, les fast-foods africains passent à l'offensive !

En quelques années, le marché de la restauration rapide en France a vu venir de nouveaux acteurs, les fast-foods africains. Malgré la frilosité des banques à les aider, certains ont réussi[...]

Démocratie et torture

Très mauvaise fin d'année pour le dogme selon lequel "la démocratie est le stade suprême du développement politique". On nous a tant de fois assuré que c'est le[...]

États-Unis : Hillary Clinton, future présidente ?

L'épouse de Bill Clinton n'est pas encore candidate à la présidentielle de 2016, mais nul doute qu'elle le sera bientôt. Sera-t-elle la première femme à accéder à la[...]

Algérie : au Val-de-Grâce, un Bouteflika peut-il en cacher un autre ?

La santé d'Abdelaziz Bouteflika a une nouvelle fois fait parler d'elle mardi. Selon des médias algériens, le président algérien aurait été hospitalisé une nouvelle fois au[...]

France : pour éviter "la guerre civile", Éric Zemmour favorable à la déportation des musulmans ?

Le polémiste français controversé Éric Zemmour a une nouvelle fois provoqué l'indignation. Dans une interview accordée à un journaliste italien, fin octobre, il a attaqué les[...]

Pakistan : un groupe taliban tue 132 enfants dans une école

Des talibans pakistanais ont perpétré mardi la plus sanglante attaque terroriste de l'histoire du pays dans une école d'enfants de soldats, tuant 141 personnes, dont 132 écoliers, pour se venger des[...]

Mali - France : Lazarevic et Sofara

Un Français vaut-il plus qu'un Malien ? Certains jugeront la question déplacée. Elle mérite pourtant qu'on s'y arrête au vu des circonstances qui ont mené à la[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers