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16/10/2012 à 14:48
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Les pages internet consacrées au phénomène se multiplient. Les pages internet consacrées au phénomène se multiplient. © Panos-Rea

Au sud du Sahara, la mode est aux formes rondes et haut perchées, mais les produits vendus peuvent être néfastes pour la santé.

« Bienvenue dans l'Institut Botcho ! Vous voulez notre crème pour faire grossir les fesses ? » C'est par cette formule qu'Aria accueille ses clientes sur sa page Facebook. Elle dit habiter Abidjan et déroule une présentation bien rodée de ses produits miracle : suppositoires d'huile de foie de morue, crème Bobaraba ou crème verte... Tous feraient grossir le postérieur de ces dames en quelques semaines et tous leur promettent un formidable « botcho » - comprendre : un fessier volumineux et haut perché, en argot abidjanais.

Canon de beauté africain, synonymes de richesse ou de bonne santé... Les formes rebondies sont depuis longtemps très prisées au sud du Sahara. Mais c'est au début des années 2000 que les femmes ont commencé à ingurgiter toutes sortes de substances pour faire gonfler rapidement leurs fesses, leurs seins ou leurs hanches, et le phénomène a désormais gagné internet. Sur les blogs, les forums de discussion et les réseaux sociaux, les pages consacrées à ces « recettes miracle » ne se comptent plus. On y discute des mérites des vitamines, des antidépresseurs, des corticoïdes, du sirop contre l'asthme et même des hormones de croissance pour animaux... Des produits que l'on se procure facilement en pharmacie ou sur les marchés, et en grande quantité.

"Bombées et bien molles"

En RD Congo, certaines vont jusqu'à s'injecter des doses de Deca-Durabolin, produit très apprécié des culturistes. Le Dr Léonce Zoungrana, gastroentérologue et nutritionniste à la clinique de l'Amitié à Ouagadougou, explique que c'est « un stéroïde anabolisant qui favorise le gain de poids. Bien sûr, cela va favoriser le développement des muscles fessiers, combiné à une rétention d'eau dans les tissus. Mais les effets secondaires sont nombreux : hypertension, maux de tête, saignements de nez, acné... ». Comme beaucoup de ses confrères, il regrette le silence des pouvoirs publics et l'absence de campagne d'information.

Les vendeurs, eux, s'improvisent pharmaciens. « Je te conseille de choisir entre crème et suppositoires. Tu ne peux pas utiliser les deux en même temps », explique Aria par téléphone. Le traitement complet est livré à domicile (même à l'étranger) pour la « modique » somme de 100 euros, dont la moitié doit être réglée à la commande. En véritable experte, elle affirme qu'« après l'application de la crème il faut frotter avec l'huile ». Les fesses deviendraient ensuite « bombées et bien molles ». Elle-même dit avoir utilisé ses produits et gagné trois tailles de pantalon. Mais pour la composition des crèmes, il faudra repasser : pas de notice ni de posologie, mais une simple étiquette qui signale la présence de beurre de karité, de salive d'escargot, de racines de fromager et de plantes du Brésil.

Bouillon cube

Et puis il y a le fameux bouillon cube Maggi, ingrédient quasi incontournable de la gastronomie africaine, sur lequel nombre de femmes croient pouvoir compter pour grossir : introduit par voie anale, il permettrait une accumulation de graisse au niveau des fesses... Une aberration pour Léonce Zoungrana, qui dénonce l'« absence de preuve scientifique » et s'inquiète des conséquences sur la santé des utilisatrices. « Du fait de sa forte teneur en sel, le bouillon cube peut être corrosif pour les muqueuses et entraîner des infections. Les complications peuvent mettre en jeu la vie de ces femmes ! » Chez Nestlé, le numéro un mondial de l'alimentaire, qui fabrique le cube Maggi, on s'étonne des pouvoirs attribués au produit et on affirme que tout cela est « trompeur » et « dénué de tout fondement ».

Angela, 33 ans, aujourd'hui installée à Paris, reconnaît avoir utilisé des pommades et des cachets pendant près de six mois quand elle vivait à Abidjan. Elle voulait « de grosses fesses », parce que là-bas « c'est un signe de beauté ». En tout, elle en a eu pour 60 000 F CFA (environ 90 euros). Et est-ce que ça a marché ? « Non, pas vraiment. »

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