Les socialistes marocains défendent bec et ongles l'ancien ministre Khalid Alioua, accusé de corruption. Un lobbying qui connaît quelques ratés...
Le bureau politique de l'Union socialiste des forces populaires (USFP) a décidé, fin septembre, de lancer une campagne de lobbying pour la libération de Khalid Alioua, un ancien dirigeant du parti. Porte-parole du gouvernement d'alternance (1998-2000), puis ministre de l'Enseignement supérieur (2002-2004), Alioua, étoile montante de cette formation politique, passait pour le successeur potentiel d'Abderrahmane Youssoufi jusqu'à son échec à la mairie de Casablanca, en 2003. Il avait quitté l'USFP en 2009. L'année suivante, un rapport de la Cour des comptes épinglait sa gestion du Crédit immobilier et hôtelier (CIH), une banque publique marocaine qu'il dirigeait depuis cinq ans.
Le 29 juin dernier, Alioua a été placé en détention provisoire après l'ouverture d'une instruction sur des malversations financières remontant à cette époque. On lui reproche l'octroi de prêts sans contrepartie, la gestion irrégulière d'hôtels, propriétés de la banque, et de s'être accordé des avantages personnels, tels que l'achat de biens immobiliers à bas prix.
Driss Lachgar, tonitruant ténor de l'USFP, a pris la tête d'un comité de soutien qui, depuis le 3 octobre, compte parmi ses membres Hamid Chabat, le nouveau secrétaire général de l'Istiqlal. Les défenseurs d'Alioua réclament sa libération, condition sine qua non selon eux à un jugement équitable.
Diffamation
Les socialistes animent la chronique judiciaire. Abdelhadi Khairat, un député USFP qui a dirigé une commission d'enquête parlementaire sur le CIH, a maladroitement déclaré, lors d'un meeting, que d'autres personnes avaient bénéficié de prêts sans garanties, « dont le "prince rouge", Moulay Hicham, qui a [pris] 4 milliards [de dirhams] sans même déposer de caution ». Refusant les demi-excuses d'Al-Ittihad al-Ichtiraki, le journal officiel du parti, le cousin germain de Mohammed VI a porté plainte pour diffamation.
Coup de théâtre, le 17 septembre, le prince s'est déplacé en personne, sous les flashs des photographes, au tribunal de première d'instance d'Aïn Sebaa. L'audience, reportée deux fois, doit reprendre le 15 octobre. Aux dernières nouvelles, un avocat socialiste négocierait un règlement à l'amiable.

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