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03/10/2012 à 17h:15
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Maryam Rajavi est vénérée comme une déesse par ses partisans. Maryam Rajavi est vénérée comme une déesse par ses partisans. © Revelli-Beaumont/ SIPA

Washington compte retirer le mouvement des Moudjahidine du peuple iranien de sa liste des organisations terroristes. Un énième moyen d'accentuer la pression sur Téhéran...

La subversion, dernière arme soft déployée par Washington dans sa guerre froide contre Téhéran ? En annonçant, le 21 septembre, que le département d'État comptait retirer l'Organisation des Moudjahidine du peuple iranien (OMPI) de sa liste des organisations terroristes, Hillary Clinton semble en effet tenter une nouvelle méthode de pression à l'encontre des dirigeants iraniens.

Pour Bertrand Badie, expert en relations internationales, « c'est un volet de la "guerre symbolique" que mènent les Occidentaux et, peut-être aussi, la menace d'aider, à l'avenir, la seule opposition iranienne structurée ».

Secte

Qualifié de mouvement islamo-marxiste, l'OMPI a joué un rôle crucial dans la révolution qui a renversé le chah en 1979. Un temps alliés avec les religieux, ses membres sont contraints à l'exil en 1981 après qu'un attentat non revendiqué a décapité la direction du parti des mollahs. Massoud Rajavi, le leader du parti, s'installe en France, tandis qu'en 1986 une armée de libération se forme avec la bénédiction de l'Irakien Saddam Hussein. Basée dans le camp d'Ashraf, au nord de Bagdad, elle prend part au combat contre la théocratie durant la guerre Iran-Irak (1980-1988).

Culte de la personnalité, contrôle des consciences, collectivisme et abstinence sexuelle sont érigés en dogmes.

En vase clos, son trotskisme teinté de mysticisme chiite finit par faire de l'OMPI une véritable secte. Massoud Rajavi a disparu depuis quinze ans sans que l'on sache s'il est vivant ou mort, et Maryam, son épouse, est vénérée comme une déesse. Culte de la personnalité, contrôle des consciences, collectivisme et abstinence sexuelle sont érigés en dogmes. Mais d'autres raisons avaient poussé Washington à inscrire l'OMPI sur sa liste noire en 1997, comme l'explique Bernard Hourcade, spécialiste de l'Iran : « Les Moudjahidine avaient tué des militaires américains avant 1979, puis ils ont développé une organisation paramilitaire qui pouvait être utilisée contre les intérêts des États-Unis dans l'Irak de Saddam. Dernière raison, on ne peut cautionner le terrorisme contre un État souverain, fut-il l'Iran des mollahs. » En outre, en 1997, Washington cherchait à se rapprocher du gouvernement réformiste de Mohamed Khatami, tentative avortée avec l'élection du conservateur Mahmoud Ahmadinejad en 2005.

Subversion

Depuis une dizaine d'années, l'OMPI dit avoir renoncé à l'action violente. Un lobbying forcené - et de très convaincants moyens financiers - ont amené l'Union européenne à la retirer de sa propre liste des organisations terroristes en 2009 et convaincu des responsables politiques américains comme Howard Dean, Rudolph Giuliani et Wesley Clark de s'en faire les avocats. Selon Hourcade, « le geste du département d'État est une concession faite à Israël qui veut intensifier sa collaboration avec l'OMPI pour ses actions secrètes en Iran ». Abattre le régime des mollahs : l'objectif commun de l'OMPI, du Mossad et de la CIA ? « C'est une maladresse colossale de la part de Washington, poursuit Hourcade. L'OMPI représente un danger de mort pour les Iraniens, qui, pour la première fois, se sont assis à la table des négociations sur le nucléaire. Elle les conforte dans leur conviction que le nucléaire n'est qu'un prétexte et que les Américains cherchent la chute du régime. Avec raison... »

Droit de réponse : Les Moudjahidine ne sont pas des terroristes !

Dans cet article, plusieurs accusations diffamatoires ont été véhiculées sur l’Organisation des Moudjahidine du peuple iranien (OMPI), la principale force d’opposition iranienne qui vient d’être retirée de la liste américaine des organisations terroristes.

Cette décision fait suite à un jugement de la Cour d’appel fédérale de Washington ordonnant au département d’État de se prononcer avant le 1er octobre sur cette inscription. Les juges américains – et avant eux les cours de justice d’Angleterre et de l’Union européenne – ont non seulement mis fin à l’étiquette injuste de « terrorisme » mais mettent un terme aux accusations diffamatoires diffusées par la propagande du régime des mollahs et dont cet article se fait, pourtant, le relais.

« Islamo-marxiste », « culte de la personnalité, contrôle des consciences, collectivisme, abstinence sexuelle […] érigés en dogmes », « véritable secte » : ces accusations mensongères ont été infirmées par plusieurs rapports d’experts et de parlementaires internationaux […]. L’OMPI prône un islam démocratique et tolérant, œuvre pour un Iran démocratique et laïque, des élections libres, l’égalité des sexes, les droits des minorités, l’abolition de la peine de mort et la fin des recherches sur l’arme nucléaire. Autant de valeurs et d’idéaux mis en application en son sein.

Cité dans cet article, Bernard Hourcade, qui qualifie donc l’application d’une décision de justice de « maladresse » et semble aussi mécontent que le régime des mollahs de cette décision, fait semblant d’ignorer que cela fait près de dix ans que le régime des mollahs fait de l’inscription de l’OMPI sur les listes noires une condition dans les négociations sur le nucléaire, concession que les¬ Occidentaux lui avaient offerte sans aucun scrupule.

Face à ce régime implacable, la vérité est bien souvent la première victime. Elle n’en vaut pas moins la peine d’être défendue, à tout prix.

AFCHINE ALAVI, Conseil national de la résistance iranienne, Auvers-sur-Oise, France

Réponse : Ce qui est dit de l’OMPI dans cet article résulte de recherches convergentes, de commentaires d’experts et de témoignages d’anciens membres de l’organisation. Ainsi, le communiqué du département d’État publié pour expliquer sa décision de retirer votre groupe de la liste des organisations terroristes précise avoir « également de sérieuses inquiétudes sur l’OMPI en tant qu’organisation, particulièrement concernant des allégations d’abus commis contre ses propres membres ».

Laurent de Saint Périer.

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