Extension Factory Builder
30/09/2012 à 10:08
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Mitt Romney, le superhéros, célébré par son fidèle staff diplomatique. Mitt Romney, le superhéros, célébré par son fidèle staff diplomatique. © JA

Des vétérans des administrations Bush, des néoconservateurs proches de l'extrême droite israélienne et même quelques modérés. Il y a de tout dans le staff diplomatique de Mitt Romney.

Quand il a pris connaissance de la liste des conseillers de Mitt Romney pour la politique étrangère, l'ancien secrétaire d'État Colin Powell a eu des sueurs froides. « Je ne les connais pas tous, mais certains sont vraiment beaucoup trop à droite », s'est-il exclamé, en mai, sur la chaîne MSNBC.

Le candidat républicain, qui n'a qu'une expérience diplomatique limitée, s'est entouré d'une quarantaine d'experts, dont vingt-cinq special advisers qui, pour la plupart, furent membres des administrations Bush, père et fils. Parmi eux, d'anciens responsables du renseignement, comme Joseph Cofer Black, qui dirigea le centre antiterroriste de la CIA avant d'être recruté en 2005 par Blackwater (aujourd'hui rebaptisée Xe), la très controversée entreprise de sécurité privée, mais aussi, bien sûr, des néoconservateurs bon teint comme l'historien, politologue et éditorialiste Robert Kagan ou l'ancien conseiller de Condoleezza Rice au département d'État, Eliot Cohen. Ces derniers furent, dans les années 1990, membres du Projet pour le nouveau siècle américain (le premier en fut même l'un des cofondateurs), un think-tank dont l'intitulé est à lui seul tout un programme. Ils furent d'ardents partisans de l'invasion en Irak et plaident aujourd'hui pour le renversement du régime iranien. Curieusement, l'équipe est coordonnée par un modéré, Richard S. Williamson, un vétéran du département d'État qui fut l'envoyé spécial des États-Unis au Soudan.

Sur MSNBC, Colin Powell s'étrangle : "Certains sont vraiment beaucoup trop à droite !"

Et puis il y a John Bolton. L'ancien ambassadeur auprès des Nations unies est aujourd'hui le porte-parole de Romney. La revue Foreign Policy voit en lui, à juste titre, « l'incarnation de l'idéologie néoconservatrice insouciante », qui est « dans une large mesure à l'origine de la guerre d'Irak, sur la base de preuves fabriquées de toutes pièces ».

Certains experts s'inquiètent de l'influence grandissante des « durs » dans l'entourage de Romney. Il est vrai que celui-ci a critiqué le futur retrait des troupes d'Afghanistan (en 2014), affirmé que la Russie était l'ennemi numéro un des États-Unis et annoncé qu'il soutiendrait une attaque militaire israélienne contre l'Iran si toutes les autres options étaient épuisées. « S'il était élu, sa politique étrangère pourrait ressembler à celle de Bush fils », estime Christopher Preble, du Cato Institute, un think-tank libertarien financé par le milliardaire ultraconservateur Charles Koch.

Pragmatisme

À l'inverse, d'autres fondent beaucoup d'espoirs dans la présence dans le staff de Romney de quelques modérés. Ils veulent croire que le courant pragmatique finira par s'imposer. Ancien conseiller du candidat républicain et bon connaisseur de la Russie, Dimitri Simes est l'un d'eux. « Il faut le juger moins sur ce qu'il dit pendant la campagne que sur le leader qu'il est », a-t-il confié au Wall Street Journal, en juillet.

Il est certain que les positions des conservateurs, qu'ils soient « néo » ou « ultra », sont loin d'avoir les faveurs des Américains. Selon un sondage réalisé en juillet, 60 % des personnes interrogées estiment que les États-Unis devraient mettre un terme à leur intervention en Afghanistan. Et Barack Obama le sait. Dans son discours d'investiture devant la convention démocrate (Charlotte, 6 septembre), il ne s'est pas privé d'attaquer bille en tête son adversaire républicain : « Pour voir dans la Russie l'ennemi numéro un - et non Al-Qaïda -, il faut être resté bloqué dans une mentalité datant de la guerre froide. » Conclusion : « Mon adversaire et son colistier [Paul Ryan, NDLR] sont des novices en politique étrangère. » C'est un euphémisme.

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Réagir à cet article

International

Edwy Plenel : 'Nos jihadistes ne sont pas le produit de l'islam, mais celui de l'Histoire de France'

Edwy Plenel : "Nos jihadistes ne sont pas le produit de l'islam, mais celui de l'Histoire de France"

Le journaliste et fondateur de Médiapart, Edwy Plenel, vient de publier un manifeste intitulé "Pour les musulmans". Nous l'avons rencontré.[...]

Inde : quand la foule passe à tabac des étudiants africains dans le métro

Trois étudiants africains ont été violemment pris à partie, dimanche 28 septembre, par une foule d’Indiens dans le metro de New Delhi. La scène, filmée par des passants, a fait le[...]

Maroc : pour "l'enfant sans visage", l'espoir renaît grâce à des médecins australiens

Né défiguré suite à une complication prénatale empêchant ses os de se former normalement, le petit Marocain de trois ans surnommé "l'enfant sans visage" va enfin pouvoir[...]

Ebola : un premier cas d'infection diagnostiqué aux États-Unis

Un homme, dont l'identité n'a pas été précisée mais ayant effectué un voyage au Liberia, a été hospitalisé au Texas (sud des États-Unis). Plusieurs[...]

Jean-Luc Parodi : "Sarkozy vainqueur ? Sans doute, mais dans quel état !"

Conseiller pour les affaires politiques à l'Ifop, le politologue Jean-Luc Parodi est convaincu que l'ancien président ne sortira pas indemne de la course d'obstacles qui l'attend jusqu'en 2017.[...]

Francophonie : Jean - De l'Estrac, chaude ambiance...

Dans la course pour le secrétariat génaral de l'OIF, les relations ne sont pas vraiment à la franche cordialité entre la Canadienne Michaëlle Jean et le Mauricien Jean Claude de l'Estrac.[...]

France : Sarkozy peut-il réussir son retour ?

Rien ni personne n'empêchera l'ancien chef de l'État français, Nicolas Sarkozy, de reprendre la présidence de l'UMP, en novembre. Simple hors-d'oeuvre. Primaire de la droite en 2016, puis[...]

État islamique : plus de 200 jihadistes tués au cours des raids aériens de la coalition

Une semaine après le début des frappes aériennes de la coalition de Washington et ses alliés arabes contre l'État islamique en Syrie, un premier bilan fait état de plus de 200 morts[...]

"Gotha noir de France" : Le gotha, noir sur blanc

Quel est le point commun entre le communicant Youssouf Ammin, l'architecte Mahmoud Keldi et l'ingénieure en génie atomique Sandra Métho ? Ils font tous trois leur entrée dans l'édition[...]

Plus de 3 000 migrants ont péri en Méditerranée depuis début 2014

La traversée de la Méditerranée reste le voyage le plus meurtrier pour les migrants clandestins. Depuis début 2014, plus de 3 000 d'entre eux ont ainsi péri en chemin, selon l'Organisation [...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers