Extension Factory Builder
21/09/2012 à 14:56
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
El Baz : 'Le fait d'appartenir à la diaspora donne une grande liberté de ton sur le Maroc'. El Baz : "Le fait d'appartenir à la diaspora donne une grande liberté de ton sur le Maroc". © (DR)

Entre la France et le Maroc, Mohamed El Baz élabore une oeuvre totale en perpétuelle évolution depuis vingt ans.

« Je construis quelque chose dont je ne connais pas le terme. C'est vertigineux. » Depuis 1993, Mohamed El Baz crée sans fin Bricoler l'incurable, une oeuvre qui a pour ambition de traduire le mal-être contemporain, une fatalité sans solution. Par son art, il cherche à inquiéter le spectateur et, surtout, à l'interpeller sur les grands soubresauts de l'Histoire. « Les détails de mon travail arrivent au fur et à mesure », explique l'artiste franco-marocain, qui, à chaque nouvelle exposition, conçoit une installation appelée à devenir un nouveau fragment de ce projet titanesque, devenu son moteur de vie.

Début juillet, à Asilah, cité balnéaire au sud de Tanger, il s'est interrogé sur les conséquences du Printemps arabe dans le cadre de l'exposition « Horizons croisés », chapeautée par Brahim Alaoui, au Moussem culturel international de la ville. Sur des têtes de mort dessinées au mur, il avait juxtaposé les drapeaux des pays d'Afrique du Nord vidés de leurs couleurs. Au milieu, des microphones tournés vers l'extérieur et un tapis oriental à moitié tondu... Son engagement, dit-il, reste avant tout artistique et il nie vouloir faire passer un message politique. « L'art, plus on l'explique, plus il s'amoindrit », insiste-t-il.

Quête

Des yatagans en néons, des impressions sur plexiglas ou encore un squelette entouré de postes de radio, chacun réglé sur une fréquence pour évoquer les différents bruits du monde... Dans sa quête, El Baz s'appuie sur différents dispositifs scénographiques, des vidéos et des photos. Il reconnaît d'ailleurs être passionné par ce dernier support. C'est après avoir vu une exposition du photographe George Rodger (Magnum) qu'il a décidé de postuler à l'école des beaux-arts de Dunkerque (France), où il vivait avec ses parents. « C'est là que j'ai commencé à utiliser la photo comme un moyen et non plus comme une finalité », raconte le plasticien de 45 ans. Diplômé en 1989, il a poursuivi son cursus pendant trois ans à l'école nationale supérieure d'arts de Paris-Cergy, puis enchaîné avec une année à l'Institut des hautes études en arts plastiques. Créée par le premier directeur du Centre Pompidou, le Suédois Pontus Hultén, en 1985, la formation s'adresse à des artistes émergents.

Depuis, El Baz a exposé ses créations aux quatre coins du monde, après s'être perfectionné dans des résidences en Tchécoslovaquie et aux États-Unis. Grâce à « Africa Remix », en 2005, son travail est passé par Paris, Düsseldorf, Tokyo, Londres et Johannesburg. Il avait conçu pour l'occasion l'installation Niquer la mort/Love suprême avec des images empruntées aux médias, des portraits d'inconnus et un atlas où les capitales mondiales étaient représentées par des cibles. Une sorte de charade renvoyant à l'actualité mondiale.

Une installation de Mohamed El Baz présentée à Asilah.

Une installation de Mohamed El Baz présentée à Asilah/Marie Villacèque, pour J.A.
 

Diaspora

Pour ce natif du Moyen Atlas qui a émigré dans l'Hexagone quand il avait 6 ans, « le fait d'appartenir à la diaspora donne une grande liberté de ton sur le Maroc ». Depuis qu'il y a présenté sa première exposition personnelle, en 2007, il est de plus en plus sollicité par ses compatriotes - il exposera ses oeuvres à Casablanca en mars 2013 - et a renforcé ses liens avec son pays d'origine en épousant une Marocaine dont il a deux enfants.

Aujourd'hui partagé entre Lille et Casablanca, Mohamed El Baz prépare une monographie aux éditions Skira pour le début de l'année prochaine et une exposition en octobre au centre d'art contemporain B.P.S.22, à Charleroi, en Belgique. Sa quête de « l'incurable » se poursuit... 

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

0 réaction(s)

Réagir à cet article

Maroc

Maroc : El Othmani, numéro deux du PJD, relance le débat sur l'avortement

Maroc : El Othmani, numéro deux du PJD, relance le débat sur l'avortement

Saadeddine El Othmani, le numéro deux du Parti de la justice et du développement (PJD, islamiste), a assuré lundi dans une tribune être "pour la légalisation de l’avortement dans certai[...]

Classement Forbes : 29 Africains dans le palmarès 2015

Le magazine "Forbes" a livré lundi sa cuvée 2015 de milliardaires en dollars dans le monde. Cette année, le chiffre record de 1 826 personnalités a été atteint (181 de plus qu'en[...]

Maroc : les galères de Rokhaya, jeune nounou sénégalaise sans papiers à Tanger

Rokhaya, jeune nounou sénégalaise sans papiers, vivote depuis des mois à Tanger et tente d'oublier une expérience récente dans une famille aisée de la ville, faite d'exploitation et de[...]

Reprise jeudi au Maroc du dialogue pour une sortie de crise en Libye

Après l'annulation d'une réunion la semaine dernière, un nouveau round de dialogue entre les deux parlements rivaux en Libye, celui reconnu par la communauté internationale et le Congrès[...]

Côte d'Ivoire - Maroc : sur le Sahara, on a frôlé la crise diplomatique

Youssoufou Bamba, l'ambassadeur ivoirien auprès de l'ONU, a eu des propos sur le Sahara occidental qui ont été désavoués par le président Ouattara en personne.[...]

Kabila, Ouattara, Bouteflika, Biya... Quels sont les diplômes de vos présidents ?

Votre président a-t-il le baccalauréat ? Un master ? À-t-il étudié l’économie ou le droit ? En France ou en Chine ? Toutes les réponses avec notre jeu interactif.  [...]

Cameroun : le marocain Cosumar choisi pour développer un nouveau complexe sucrier

Cosumar plantera de la canne à sucre et construira une raffinerie entre Batouri et Bertoua, à l’est du pays. Le leader marocain du sucre bat lors de l'appel d'offres le groupe français Somdiaa qui[...]

Sexe, mensonge, pouvoir : la trilogie infernale

Du Français Dominique Strauss-Kahn au Malaisien Anwar Ibrahim, on ne compte plus les responsables politiques dont les moeurs débridées, ou supposées telles, ont brisé la carrière.[...]

Maroc : Abdellatif Hammouchi, de l'ombre à la lumière

Il y a un an, le patron du renseignement intérieur marocain était convoqué par une juge française, ce qui provoquait une crise diplomatique entre Paris et Rabat. Aujourd'hui, la France le[...]

Libye : suspension du dialogue pour une sortie de crise

Le Parlement libyen siégeant à Tobrouk (Est), reconnu par la communauté internationale, a décidé lundi de suspendre sa participation au dialogue sur une sortie de crise parrainé par[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers

Jeune Afrique Emploi

Toutes les annonces
Purging www.jeuneafrique.com/Article/JA2697p132.xml0 from 172.16.0.100 Purging jeuneafrique.com/Article/JA2697p132.xml0 from 172.16.0.100