Extension Factory Builder
20/09/2012 à 14:10
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Julian Castro, devant la convention démocrate, le 4 septembre. Julian Castro, devant la convention démocrate, le 4 septembre. © Lynne Sladky/AP/SIPA

Le maire de San Antonio est l'une des étoiles montantes du Parti démocrate américain. À bien des égards, son parcours ressemble à celui de l'actuel président.

La comparaison est inévitable. Lorsque, début septembre, Julian Castro est descendu de la tribune après avoir électrisé la convention démocrate de Charlotte, tout le monde s'est souvenu d'un autre discours, prononcé dans une autre ville, lors d'une autre convention... C'était en 2004 à Boston. L'orateur était alors un jeune sénateur de l'Illinois nommé Barack Obama...

Entre l'actuel président américain et Julian Castro, maire de San Antonio, la septième ville des États-Unis, les points communs ne manquent pas. Ils ont l'un et l'autre été élevés par une mère célibataire, sont diplômés de Harvard et ont connu une ascension politique météorique. Plutôt rare en Amérique lorsqu'on est issu d'une minorité. Et le temps joue en leur faveur : Castro a 37 ans, Obama en avait 43 en 2004.

Le parcours de l'étoile montante du Parti démocrate est son meilleur argument électoral (comme pour Obama, encore). Petit-fils d'une immigrante mexicaine qui fut femme de ménage au Texas, il tient sa vocation politique de sa mère, Rosie, qui, dans sa jeunesse, milita à La Raza Unida (littéralement : « la race unie »), parti qui, dans les années 1970, défendait avec intransigeance les droits des Américains d'origine mexicaine. En 1971, à 23 ans, Rosie avait échoué à se faire élire au conseil municipal de San Antonio. Quarante ans plus tard, son fils en est le maire, et son autre fils, frère jumeau de Julian, siège à la Chambre des représentants du Texas. Une success-story que Castro résume en ces termes : « Le rêve américain n'est pas un sprint ou un marathon, mais une course de relais : chaque génération transmet à la suivante les fruits de son labeur. »

Le rêve américain n'est pas un marathon, mais une course de relais.

Il a bénéficié des politiques de discrimination positive pour entrer à l'université. Du coup, il partage aussi avec Obama la conception d'un État correcteur des inégalités. Récemment, il a décidé d'augmenter les impôts locaux afin de financer la scolarisation des enfants de moins de 4 ans issus des familles les plus pauvres. Et, comme Obama, il ne veut à aucun prix se laisser enfermer dans une image de politicien communautaire. Au contraire - même si, à Charlotte, il s'est fendu de quelques mots en espagnol, langue qu'il est loin de maîtriser parfaitement -, il s'efforce de transcender les clivages ethniques et politiques. En 2011, n'a-t-il pas été élu avec 82 % des voix à la tête d'une ville située au coeur du très républicain État du Texas ?

Alors que les Latinos devraient constituer à partir de 2050 le groupe ethnique le plus important aux États-Unis, Castro sera-t-il le premier président issu de cette communauté ? En dépit de son image peut-être un peu lisse, les spéculations en ce sens vont bon train. Mais il n'est pas le seul homme politique latino prometteur. Au Parti démocrate, la cote d'Antonio Villaraigosa, le maire de Los Angeles, lui aussi d'origine mexicaine, monte en flèche - surtout depuis la convention de Charlotte. Mais le Parti républicain, malgré des positions très fermes sur l'immigration qui risquent de lui aliéner durablement l'électorat latino, n'est pas en reste. Son grand espoir se nomme Marco Rubio, sénateur de Floride, qui est pour sa part d'origine cubaine. Il a eu l'honneur de parler en prime time lors de la convention républicaine de Tampa, fin août, et a même été un moment pressenti pour figurer sur le ticket républicain au côté de Mitt Romney. Alors, un choc Rubio-Castro pour la présidentielle de 2016 ou celle de 2020 ? Qui sait ?

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

0 réaction(s)

Réagir à cet article

AUTRES

CGI se retire de la Bourse de Casablanca

CGI se retire de la Bourse de Casablanca

 Après avoir été suspendu pendant une semaine, les titres du promoteur immobilier marocain CGI vont être radiés de la cote à la Bourse de Casablanca. C'est la décision prise par[...]

Côte d'Ivoire : le procès de Simone Gbagbo reporté sine die

Le gouvernement ivoirien a annoncé mercredi le report sine die du procès de Simone Gbagbo. Il était censé s'ouvrir ce mercredi 22 octobre.[...]

Guinée équatoriale : le président Obiang accorde l'amnistie générale aux opposants en exil

Teodoro Obiang Nguema a accordé une amnistie générale aux opposants en exil dans la perspective d'un dialogue national en novembre, selon un décret présidentiel lu à la tél&eacut[...]

Sénégal : Abdoulaye Wade accuse Macky Sall de corruption

Lors d'une réunion du comité directeur du Parti démocratique sénégalais (PDS), mardi à Dakar, l'ancien président Abdoulaye Wade a accusé le chef de l'État, Macky Sall[...]

Burkina - Zephirin Diabre : "Le référendum est inopportun et dangereux pour la paix sociale"

Après l'annonce du gouvernement, mardi, d’un référendum à venir pour ouvrir la voie à une nouvelle candidature de Blaise Compaoré, l'opposition annonce d'ores et déjà q[...]

Égypte : au moins neuf blessés dans l'explosion d'une bombe devant l'université du Caire

Au moins neuf personnes ont été blessés mercredi au Caire dans l'explosion d'une bombe devant l'université de la capitale.[...]

RDC : deux jeunes tués dans une manifestation contre la Monusco dans l'Est

Les protestations contre la Monusco ont fait deux morts et un blessé par balle mardi, dans l'est de la RDC, a annoncé mercredi une fédération d'association.[...]

Un tandem remplace Christophe de Margerie à la tête de Total

 Pour prendre la succesion de Christophe de Margerie, décédé le 20 octobre dans un accident d'avion, le groupe français Total a confié le poste de président du Conseil d'administratio[...]

Ebola : "Je suis un Libérien, pas un virus", la campagne qui veut vaincre la stigmatisation

#IamALiberianNotAVirus (comprenez : "Je suis un Libérien, pas un virus"). C'est la nouvelle campagne qui anime les réseaux sociaux américains pour lutter contre la stigmatisation des personnes origi[...]

Élections au Mozambique : des observateurs militaires déployés après des résultats contestés

La prudence est de mise au Mozambique. Le gouvernement a annoncé mercredi que des observateurs militaires étrangers allaient être déployés afin de s'assurer que la période post-éle[...]

Trois ans après Kadhafi, les Libyens entre déception et peur

Le 20 octobre 2011 chutait Mouammar Kadhafi. Trois ans plus tard, nombre de Libyens sont déçus, tant le pays est plongé dans le chaos et livré aux milices.[...]

Sierra Leone : deux morts dans des affrontements liés à Ebola

Deux personnes ont été tuées dans la ville minière de Koidu, dans l'est de la Sierra Leone, au cours de violences liées au refus par un groupe de jeunes d'un test de virus Ebola sur un cas cons[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers