Le maire de San Antonio est l'une des étoiles montantes du Parti démocrate américain. À bien des égards, son parcours ressemble à celui de l'actuel président.
La comparaison est inévitable. Lorsque, début septembre, Julian Castro est descendu de la tribune après avoir électrisé la convention démocrate de Charlotte, tout le monde s'est souvenu d'un autre discours, prononcé dans une autre ville, lors d'une autre convention... C'était en 2004 à Boston. L'orateur était alors un jeune sénateur de l'Illinois nommé Barack Obama...
Entre l'actuel président américain et Julian Castro, maire de San Antonio, la septième ville des États-Unis, les points communs ne manquent pas. Ils ont l'un et l'autre été élevés par une mère célibataire, sont diplômés de Harvard et ont connu une ascension politique météorique. Plutôt rare en Amérique lorsqu'on est issu d'une minorité. Et le temps joue en leur faveur : Castro a 37 ans, Obama en avait 43 en 2004.
Le parcours de l'étoile montante du Parti démocrate est son meilleur argument électoral (comme pour Obama, encore). Petit-fils d'une immigrante mexicaine qui fut femme de ménage au Texas, il tient sa vocation politique de sa mère, Rosie, qui, dans sa jeunesse, milita à La Raza Unida (littéralement : « la race unie »), parti qui, dans les années 1970, défendait avec intransigeance les droits des Américains d'origine mexicaine. En 1971, à 23 ans, Rosie avait échoué à se faire élire au conseil municipal de San Antonio. Quarante ans plus tard, son fils en est le maire, et son autre fils, frère jumeau de Julian, siège à la Chambre des représentants du Texas. Une success-story que Castro résume en ces termes : « Le rêve américain n'est pas un sprint ou un marathon, mais une course de relais : chaque génération transmet à la suivante les fruits de son labeur. »
Le rêve américain n'est pas un marathon, mais une course de relais.
Il a bénéficié des politiques de discrimination positive pour entrer à l'université. Du coup, il partage aussi avec Obama la conception d'un État correcteur des inégalités. Récemment, il a décidé d'augmenter les impôts locaux afin de financer la scolarisation des enfants de moins de 4 ans issus des familles les plus pauvres. Et, comme Obama, il ne veut à aucun prix se laisser enfermer dans une image de politicien communautaire. Au contraire - même si, à Charlotte, il s'est fendu de quelques mots en espagnol, langue qu'il est loin de maîtriser parfaitement -, il s'efforce de transcender les clivages ethniques et politiques. En 2011, n'a-t-il pas été élu avec 82 % des voix à la tête d'une ville située au coeur du très républicain État du Texas ?
Alors que les Latinos devraient constituer à partir de 2050 le groupe ethnique le plus important aux États-Unis, Castro sera-t-il le premier président issu de cette communauté ? En dépit de son image peut-être un peu lisse, les spéculations en ce sens vont bon train. Mais il n'est pas le seul homme politique latino prometteur. Au Parti démocrate, la cote d'Antonio Villaraigosa, le maire de Los Angeles, lui aussi d'origine mexicaine, monte en flèche - surtout depuis la convention de Charlotte. Mais le Parti républicain, malgré des positions très fermes sur l'immigration qui risquent de lui aliéner durablement l'électorat latino, n'est pas en reste. Son grand espoir se nomme Marco Rubio, sénateur de Floride, qui est pour sa part d'origine cubaine. Il a eu l'honneur de parler en prime time lors de la convention républicaine de Tampa, fin août, et a même été un moment pressenti pour figurer sur le ticket républicain au côté de Mitt Romney. Alors, un choc Rubio-Castro pour la présidentielle de 2016 ou celle de 2020 ? Qui sait ?

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